Hébreux 1 – Un Sauveur Supérieur
A. Jésus, le Sauveur supérieur.
1. (1-2a) Jésus apporte une révélation supérieure à celle des prophètes d’autrefois.
Après avoir autrefois, à de nombreuses reprises et de bien des manières, parlé à nos ancêtres par les prophètes, Dieu, dans ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils.
a. Dieu: L’Épître aux Hébreux commence sans mentionner son auteur, mais seulement Dieu. Bien que son auteur humain demeure inconnu, son inspiration par le Saint-Esprit est quant à elle évidente.
i. La première déclaration sur la paternité de l’épître aux Hébreux est celle de Clément d’Alexandrie, qui déclare que Paul l’a écrite en hébreu et que Luc l’a traduite en grec (Eusèbe, Histoire 6.14.2). La majorité des enseignants et commentateurs de la Bible semblent croire que l’apôtre Paul a écrit l’épître aux Hébreux sans y attacher son nom, considérant que ses premiers lecteurs le connaissent (comme l’indiquent des passages tels qu’Hébreux 13:18-19 et 13:23-24).
ii. Cependant, de nombreux autres commentateurs pensent qu’il est peu probable que Paul ait écrit ce livre. C’est le cas de F. W. Farrar cité par Dods : « L’auteur diffère de saint Paul par sa manière de faire des citations ; sa manière d’écrire ; sa manière d’argumenter ; sa manière de proclamer ; il construit et relie ses phrases différemment ; il construit ses paragraphes sur un modèle totalement différent… Son style est celui d’un homme qui pense et écrit en grec, alors que saint Paul écrit en grec mais pense en syriaque. »
iii. F.F. Bruce cite Calvin sur ce point : «La manière d’enseigner, et le style aussi, rendent suffisant témoignage que c’est un autre que Saint Paul : et celui qui l’a écrite confesse au second chapitre (Hébreux 2:3) qu’il était un des disciples des apôtres : ce qui est bien loin de la façon de parler de Saint Paul. »
iv. Tertullien, commentateur de la première heure (qui a écrit au début des années 200 de notre ère), affirme que la lettre aux Hébreux a été écrite par Barnabas, mais ne fournit aucun argument pour étayer cette affirmation si ce n’est que Barnabas est un Lévite et un homme d’encouragement (Actes 4:36).
v. Puisqu’il est dit dans le livre des Actes qu’Apollos est éloquent et qu’il maîtrise parfaitement l’Ancien Testament (Actes 18:24), Martin Luther croit qu’Apollos est l’auteur de l’épître aux Hébreux.
vi. Adolf Harnack pense que l’épître aux Hébreux a été écrite par Prisca (et son mari Aquilas), mais est restée anonyme pour cacher sa paternité féminine controversée. Cependant, le passage d’Hébreux 11:32 dans lequel l’auteur de l’épître parle de lui-même en utilisant la grammaire masculine contredit l’idée qu’une femme ait écrit la lettre.
vii. Qui que soit l’auteur humain, l’épître aux Hébreux contient des indications qui montrent qu’elle a été écrite assez tôt dans la période du Nouveau Testament, probablement vers 67-69 de notre ère. La référence à Timothée (Hébreux 13:23) l’indique. L’absence de la persécution physique (Hébreux 12:4) l’indique aussi. Enfin, l’absence de toute référence à la destruction du temple et de Jérusalem place probablement la rédaction de l’épître avant l’an 70 de notre ère. En effet, étant donné que la fin de l’ancienne alliance préoccupe tellement l’auteur de l’épître aux Hébreux, il paraît peu probable qu’il oublie de mentionner la destruction du temple si elle avait déjà eu lieu avant qu’il n’écrive.
b. Dieu: C’est ainsi que le livre commence. Il n’essaie en rien de prouver l’existence de Dieu ; la Bible souligne que nous apprenons l’existence de Dieu et certains de ses attributs à partir de la nature (Psaumes 19:2-5 et Romains 1:20). L’auteur de l’épître aux Hébreux sait que Dieu existe et qu’il parle aux humains.
i. « La divinité n’a pas à être expliquée, mais plutôt à être adorée ; et la filiation du Christ doit être acceptée comme une vérité révélée, assimilable par la foi, même si elle ne peut être comprise par l’intelligence. » (C. H. Spurgeon)
c. Après avoir autrefois, à de nombreuses reprises et de bien des manières, parlé: La révélation donnée par l’intermédiaire des prophètes l’a été de bien des manières – sous forme de paraboles, de récit historique, de confrontation prophétique, de présentation dramatique, des psaumes, des proverbes, etc.
i. C’est un fait que dans l’Ancien Testament Dieu a parlé de diverses manières :
·Il a parlé à Moïse à travers un buisson ardent (Exode 3) ;
·Il a parlé à Élie par un murmure doux et léger (1 Rois 19) ;
·Il a parlé à Ésaïe par une vision céleste (Ésaïe 6) ;
·Il a parlé à Osée à travers ses crises familiales (Osée 1:2) ;
·Il a parlé à Amos à travers la vision d’une corbeille de fruits (Amos 8:1).
ii. Notez que l’idée ici est que ce sont les prophètes qui ont parlé à nos pères de bien des manières, et non que Dieu a parlé aux prophètes de bien des manières (bien que cela soit également vrai).
iii. En utilisant les propriétés de la lumière comme illustration, on peut dire que dans l’Ancien Testament Dieu parlait dans un prisme de couleur. Jésus a collecté toutes ces bandes de lumière et les a focalisées en un seul faisceau pur.
iv. Cette référence à l’Ancien Testament est répétée plusieurs fois dans l’épître aux Hébreux. L’épître aux Hébreux est un livre profondément enraciné dans l’Ancien Testament. Elle contient 29 citations et 53 allusions à l’Ancien Testament, soit un total de 82 références. Et, fait significatif, on n’y trouve aucune référence aux livres apocryphes.
d. Dans ces jours qui sont les derniers: Cette expression désigne l’ère du Messie. Il peut s’agir d’une longue période, mais c’est la dernière période.
e. Nous a parlé: C’est ici la première mention générale des lecteurs, mais ils ne sont pas spécifiquement identifiés. Pourtant, le contexte identifie clairement l’ouvrage comme une lettre – ou peut-être une prédication ou une œuvre – écrite aux chrétiens juifs du premier siècle.
i. La structure de l’épître aux Hébreux est différente de celle des autres livres du Nouveau Testament. Elle commence comme un essai, continue comme une prédication et se termine comme une lettre.
ii. L’épître aux Hébreux a manifestement été écrite pour des chrétiens d’origine juive, mais elle a également été écrite dans un esprit grec, avec son analyse de Jésus comme réalité ultime, une approche et une explication de la nature de Jésus comme Sauveur qui est conforme à la façon de penser des philosophes grecs.
iii. L’épître aux Hébreux est fondamentalement un livre qui exhorte les chrétiens découragés à persévérer à faire confiance à Jésus, à la lumière de la supériorité totale de qui il est et de ce qu’il a fait pour nous.
f. Nous a parlé par le Fils: Jésus a apporté un message du Père ; Il estlui-même un message du Père. Jésus est bien plus que le dernier ou le meilleur prophète. Il a révélé quelque chose qu’aucun autre prophète n’a pu révéler.
i. La révélation faite directement par Jésus est unique, car c’est le message de Dieu dans toute sa pureté (comme c’était le cas de tout autre écrivain inspiré). Cependant Jésus révèle aussi la personnalité de Dieu par l’intermédiaire de laquelle le message est venu. La personnalité de Paul, de Pierre, de Jean et d’autres auteurs bibliques apparaît clairement dans leurs écrits. De même, dans la révélation faite par Jésus, nous voyons la personnalité de Dieu.
ii. L’épître aux Hébreux ( pour la plupart) ne présente pas Jésus parlant de lui-même. Au fond, on peut dire que dans l’épitre aux Hébreux ce n’est pas le Fils qui parle, c’est le Père qui parle du Fils. L’épître aux Hébreux, c’est Dieu le Père qui nous dit qui est Dieu le Fils. « Si les hommes ne peuvent pas apprendre quelque chose sur Dieu par le Fils, aucune voix ni action prophétique ne les convaincra. » (D. Guthrie)
2. (2b-3) Une description septuple du Fils glorieux.
Il l’a établi héritier de toute chose et c’est par lui aussi qu’il a créé l’univers. Le Fils est le reflet de sa gloire et l’expression de sa personne, il soutient tout par sa parole puissante. Après avoir accompli [au travers de lui-même] la purification de nos péchés, il s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts.
a. Héritier de toute chose: Cette expression ouvre une section glorieuse qui décrit Jésus, premièrement comme héritier de toute chose. C’est l’idée que Jésus est prééminent, qu’il est le premier-né de toute la création (Colossiens 1:15).
b. Il a créé l’univers: Le terme grec traduit ici univers est « aion », d’où nous tirons le terme Français «éons ».Ceci signifie que Jésus a créé plus que le monde matériel, il a également créé le temps qui passe – l’histoire elle-même est une création du Fils de Dieu.
c. Le reflet de sa gloire: Jésus est le reflet de la gloire du Père. Le terme grec pour reflet est « apaugasma », qui renvoie à l’éclat qui brille à partir d’une source de lumière.
i. Dans ce sens, Jésus est le « faisceau » de la gloire de Dieu. Nous ne voyons pas le soleil, mais seulement les rayons de sa lumière lorsqu’ils nous parviennent. De même, nous ne voyons pas Dieu le Père, mais nous le voyons à travers les « rayons» du Fils de Dieu. Jésus est comme un révélateur de qui est Dieu.
ii. Le philosophe grec antique Philon a utilisé le terme apaugasma pour décrire le Logos, l’être ou esprit intelligent qui a ordonné l’univers. L’auteur de l’épître aux Hébreux explique Jésus en des termes qui ont du sens pour les Juifs du 1er siècle et pour ceux qui sont familiarisés avec la philosophie grecque.
d. L’expression de sa personne: L’idée est celle d’une ressemblance exacte comme celle faite par un tampon. Jésus est l’exacte représentation de Dieu pour nous.
e. Il soutient tout par sa parole puissante: Le terme grec traduit ici soutient se comprend mieux comme signifiant « maintenir. » Ce terme n’a pas l’idée de soutenir passivement quelque chose (comme le mythique Atlas soutenant la terre), mais plutôt celle de soutenir activement.
i. Durant son ministère terrestre, Jésus a constamment démontré la puissance de sa parole. Il avait le pouvoir de guérir, pardonner, chasser les démons, calmer la fureur de la nature, tout cela par l’expression d’une seule parole. Nous voyons ainsi que sa parole est si puissante qu’elle soutient tout.
ii. « Le temps de conjugaison du verbe “soutient” est significatif de l’œuvre constante du Christ en relation avec le monde (Colossiens 1:17).» (Griffith Thomas)
f. Après avoir accompli [au travers de lui-même] la purification de nos péchés: La description précédente amenait à la conclusion que le Fils de Dieu est un être d’une grande puissance et d’une grande sagesse. Ici, l’expression amène à la conclusion qu’il possède un grand amour, qui purifie la culpabilité et la honte de nos péchés. Il l’a fait lui-même, montrant ainsi que personne d’autre ne pouvait le faire et que nous ne pouvions pas le faire pour nous-mêmes.
g. Il s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts: C’est une position de majesté, d’honneur, de gloire et d’œuvre accomplie. Cette position de Jésus le place bien au-dessus de toute la création.
3. (4) Jésus est donc supérieur aux anges.
Il est ainsi devenu d’autant supérieur aux anges qu’il a hérité d’un nom bien plus remarquable encore que le leur.
a. Il est ainsi devenu d’autant supérieur aux anges: Dans les versets précédents, la description de Jésus nous montre qu’il est de loin supérieur à tout être angélique. Pourtant ici ce verset affirme que Jésus est devenu supérieur aux anges. On peut affirmer qu’il est éternellement supérieur aux anges, mais qu’il est aussi devenu plus remarquable.
i. Jésus est devenu supérieur dans le sensoù il a été élevé à la perfection (devenu complet en tant que notre sauveur) par ses souffrances (Hébreux 2:10) – ce qu’aucun ange n’a jamais fait.
ii. Griffith Thomas relie les descriptions de Jésus données dans ces premiers versets culminant dans Hébreux 1:4 :
·Héritier ;
·Créateur ;
·Révélateur ;
·Soutien ;
·Rédempteur ;
·Souverain ;
·Suprême.
b. Un nom bien plus remarquable encore que le leur: Le nom plus remarquable de Jésus, qui n’est pas seulement un titre mais l’expression de sa nature et de son caractère, est la preuve de son statut supérieur. Il est important de comprendre la supériorité Jésus qui le place bien au-dessus de tout être angélique, et ce pour plusieurs raisons :
·Nous comprenons souvent mieux les choses lorsqu’elles sont mises en contraste avec d’autres choses;
·Alors que l’ancienne alliance a été transmise à Moïse par les mains des anges, une alliance meilleure est venue par un être supérieur, Jésus. Les Juifs du premier siècle pouvaient penser que l’Évangile était venu par les mains de simples hommes – les apôtres. Mais en vérité, l’Évangile est venu par Jésus, qui est supérieur aux anges ;
·Une dangereuse tendance à adorer les anges s’était développée dans l’Église primitive (Colossiens 2:18 ; Galates 1:8), et cette lettre aux Hébreux vient montrer que Jésus est bien au-dessus de tout ange ;
·L’idée hérétique courait que Jésus lui-même était un ange, concept qui dégrade sa gloire et sa majesté ;
·Comprendre que Jésus est supérieur aux anges nous aide à comprendre qu’il est supérieur à toute personne ou toute chose dans notre vie.
i. En ce sens, le but de l’épître aux Hébreux ressemble à celui de la transfiguration de Jésus rapportée dans les Évangiles. Dans les deux cas, il est dit à haute voix : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le ! » (Marc 9:7)
B. Les Écritures prouvent que Jésus est supérieur aux anges.
1. (5) Jésus est supérieur aux anges parce qu’il est le Fils de Dieu, comme le montrent Psaumes 2:7 et 2 Samuel 7:14.
En effet, auquel des anges Dieu a-t-il déjà dit : « Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui ? »
Et encore : « Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils ? »
a. En effet, auquel des anges Dieu a-t-il déjà dit: L’auteur de l’épître aux Hébreux prouve que Jésus est supérieur à tous les anges en raison des paroles que Dieu le Père dit à Dieu le Fils et qu’il n’a jamais dites aux anges.
i. « Les Juifs vénéraient les anges en raison de leur rôle dans la promulgation de la Loi (Actes 7:53 ; Galates 3:19), et il était essentiel que les chrétiens juifs apprennent par cette comparaison quelque chose de la supériorité infinie de notre Seigneur sur ces êtres célestes qui occupaient une place si importante dans la vie juive. » (R. L. Thomas)
ii. Si on leur accorde plus d’attention, les choses de moindre importance prennent une plus grande place que les choses plus grandes et plus importantes.
iii. Dieu a-t-il déjà dit: Il est clair que l’auteur de l’épître aux Hébreux pense que Dieu a parlé par l’intermédiaire des auteurs humains de l’Ancien Testament.
b. Tu es mon Fils: Psaumes 2:7 montre que Dieu le Père appelle Jésus « Fils », ce nom bien plus remarquable dont il est question dans Hébreux 1:4. Jésus est donc plus grand que les anges, car aucun ange n’a jamais reçu ce nom excellent.
i. Bien que les anges soient appelés collectivement «fils de Dieu» (comme dans Job 1:6), aucun ange n’a jamais reçu ce titre individuellement.
c. Je t’ai engendré aujourd’hui: Dieu le Père s’est également adressé à Dieu le Fils en le décrivant comme engendré. Le terme engendré réfère à l’égalité de substance et de nature essentielle entre le Père et le Fils. Cela signifie que le Père et le Fils partagent le même être.
d. Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils: Cette citation de 2 Samuel 7:14 est un autre exemple de paroles que Dieu le Père dit à Dieu le Fils et qu’il n’a jamais dit à aucun ange.
i. Cette déclaration est un bon exemple d’une prophétie de l’Ancien Testament qui comporte deux accomplissements. Dans un sens proche et imparfait, la promesse de 2 Samuel 7:14 s’est accomplie dans le fils de David, Salomon. Dans un sens plus lointain et parfait, elle s’est accomplie dans le Fils de David, Jésus-Christ.
2. (6-7) Jésus est supérieur aux anges parce que les anges adorent et servent Jésus, qui est leur Dieu, comme le montrent Deutéronome 32:43 (dans la Septante et les Manuscrits de la Mer Morte) et Psaumes 104:4.
Par contre, lorsqu’il introduit le premier-né dans le monde, il dit :
« Que tous les anges de Dieu se prosternent devant lui ! »
De plus, au sujet des anges, il dit :
« Il fait de ses anges des esprits, et de ses serviteurs une flamme de feu. »
a. Lorsqu’il introduit le premier-né: Ce terme est utilisé à la fois comme une idée et comme une désignation de celui qui né le premier. Étant donné que le fils premier-né était « le premier de la lignée»et recevait la position de faveur et d’honneur, le titre ‘‘premier-né’’ indiquait que celui qui le portait avait la position et l’honneur les plus élevés.
i. La Bible mentionne plusieurs individus qui ne sont pas nés les premiers mais qui ont reçu le titre de « premier-né ». On peut citer comme exemples David (Psaumes 89:28) et Éphraïm (Jérémie 31:9).
ii. Selon le rabbin Bechai (cité par Lightfoot), les rabbins antiques appelaient Yahweh lui-même « Premier-né du monde ». C’était un titre, et non une description d’origine.
iii. Les rabbins utilisaient le terme premier-né comme un titre spécifiquement messianique. Un rabbin antique a écrit : «Dieu a dit :“Comme j’ai fait de Jacob un premier-né (Exode 4:22), ainsi je ferai du roi Messie un premier-né (Psaumes 89:28)” » (R. Nathan dans Shemoth Rabba, cité par Lightfoot)
b. Que tous les anges de Dieu se prosternent devant lui: Deutéronome 32:43 montre que Jésus est supérieur parce qu’il est l’objet d’un culte angélique et non un adorateur des anges. Les anges l’adorent ; il n’est pas un co-adorateur parmi eux. Apocalypse 5 donne un aperçu de la manière dont les anges adorent Jésus.
c. Il fait de ses anges des esprits, et de ses serviteurs une flamme de feu: Psaumes 104:4 prouve que Jésus le Messie est le Seigneur des anges. Ils sont ses anges et ses serviteurs. Les anges appartiennent à Jésus ; il n’est pas l’un d’eux.
3. (8-12) Jésus est supérieur aux anges parce que le Père lui-même (et non un ange quelconque) l’appelle Dieu et SEIGNEUR (Yahweh), comme le montrent Psaumes 45:7-8 et 102:25-27 dans la version Septante.
Mais il dit au Fils :
« Ton trône, ô Dieu, est éternel. Le sceptre de ton règne est un sceptre de justice. Tu as aimé la justice et tu as détesté la méchanceté ; c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a désigné par onction comme roi, de préférence à tes compagnons, avec une huile de joie »
Et :
« C’est toi, Seigneur, qui au commencement as fondé la terre, et le ciel est l’œuvre de tes mains. Eux, ils disparaîtront, tandis que toi, tu restes là. Ils vieilliront tous comme un vêtement. Tu les enrouleras comme un manteau, ils seront remplacés [comme un vêtement]. Mais toi, tu es toujours le même, et ton existence n’aura pas de fin. »
a. Mais il dit au Fils: Encore une fois, l’accent est mis sur le fait que Dieu le Père dit à Dieu le Fils ce qu’il n’a jamais dit aux êtres angéliques.
b. Ton trône, ô Dieu: Psaumes 45:6-7 montre clairement que Dieu le Père appelle le Fils : Dieu. La première personne de la Trinité parlant à la deuxième personne de la Trinité l’appelle Dieu. C’est une preuve unique et puissante de la divinité de Jésus.
i. Certains tirent argument de la Bible qu’il y a de nombreux autres êtres appelés « dieux », notamment Satan (2 Corinthiens 4:4) et les juges terrestres (Psaumes 82:1, 6). Mais ces autres ne sont que des supposés dieux, des prétendants à leur trône. Si Jésus n’est pas le vrai Dieu, il est alors un faux dieu, comme Satan et les juges iniques du Psaume 82.
ii. Mais Jésus est le véritable Dieu vivant, comme Dieu le Père l’appelle ici, de même que le font Jean dans Jean 1:1, Thomas dans Jean 20:28, et Paul dans Tite 2:13 et Tite 3:4.
c. C’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a désigné: Ce passage montre une remarquable interaction entre les personnes de la Trinité. L’expression ô Dieu, ton Dieu renvoie au Père et à sa position d’autorité sur la deuxième personne de la Trinité. T’a désigné renvoie au Fils. Par onction renvoie au ministère et à la présence du Saint-Esprit, la troisième personne de la Trinité.
d. C’est toi, Seigneur, qui au commencement: Psaumes 102:25-27 montre que le Fils n’est pas seulement appelé Dieu, mais aussi Seigneur (Yahweh). Ensuite, le Fils est décrit avec des attributs et des termes qui n’appartiennent qu’à Dieu.
i. C’est toi, Seigneur, qui au commencement as fondé la terre: Jésus-Christ, deuxième personne de la Trinité, est donc le Créateur. Il est spécifiquement dit que Yahweh est le Créateur (Ésaïe 45:12, 18).
ii. Eux, ils disparaîtront, tandis que toi, tu restes là: Jésus-Christ, la deuxième personne de la Trinité, existe donc par lui-même, de la même manière que Psaumes 102.25-27 le dit de Yahweh.
iii. Tu les enrouleras comme un manteau, ils seront remplacés: Jésus-Christ, deuxième personne de la Trinité, est donc souverain, il a autorité sur toute la création et l’histoire, comme Psaumes 102:25-27 le dit de Yahweh.
iv. Mais toi, tu es toujours le même: Jésus-Christ, deuxième personne de la Trinité, est donc immuable, invariable et éternel (Et ton existence n’aura pas de fin). Alors que Psaumes 102:25-27 le dit de Yahweh, l’auteur de l’épître aux Hébreux dit clairement que cela s’applique également à Jésus.
4. (13-14) Jésus est supérieur aux anges parce qu’il s’est assis, ayant achevé son travail, tandis que les anges travaillent continuellement, comme le montre Psaumes 110:1.
Enfin, auquel des anges a-t-il déjà dit :« Assieds-toi à ma droite jusqu’à ce que j’aie fait de tes ennemis ton marchepied ? »
Les anges ne sont-ils pas tous des esprits au service de Dieu, envoyés pour apporter de l’aide à ceux qui vont hériter du salut ?
a. Auquel des anges a-t-il déjà dit: Pour la septième fois dans ce chapitre, l’auteur de l’épître aux Hébreux cite les Écritures hébraïques pour démontrer que Jésus le Messie est de loin supérieur à tout être angélique. Il cite le Psaume 110:1 pour montrer à nouveau que Dieu le Père dit à Jésus le Messie ce qu’il n’a jamais dit aux êtres angéliques.
b. Assieds-toi à ma droite: Psaumes 110:1 dit que le Messie a cette place et cette posture exaltées dans le ciel. Quiconque s’assoit en présence divine montre qu’il a parfaitement le droit d’être là. Il n’y a pas de siège pour les anges autour du trône de Dieu, car ils sont constamment occupés à louer Dieu et à le servir. Mais Jésus, lui, peut – à l’invitation de Dieu le Père – s’asseoir à la droite de Dieu le Père.
i. Il n’est pas bon d’être trop à l’aise en présence de la majesté. On raconte l’histoire d’un nommé Edward Lear, engagé pour donner des cours d’art à la reine Victoria. Les choses se passèrent bien et E. Lear commença à se sentir tout à fait à l’aise dans le palais. Il aimait se tenir devant le feu, s’appuyer sur le foyer et se réchauffer de manière détendue, mais chaque fois qu’il le faisait, un des serviteurs de la reine l’invitait à regarder quelque chose de l’autre côté de la pièce, le faisant bouger. Personne ne le lui expliqua, mais après un certain temps, il comprit l’idée :les bonnes manières disaient qu’il était mal pour un sujet d’avoir une attitude aussi détendue en présence de la reine. Jésus n’est pas un simple sujet – il est le Souverain, il s’assoit donc en présence de la majesté.
c. Auquel des anges a-t-il déjà dit : « Assieds-toi à ma droite »: Les anges ne sont pas autorisés à se détendre devant Dieu. Ils se tiennent devant le Père, mais le Fils s’assoit – parce qu’il n’est pas un sujet, il est Souverain.
d. Ne sont-ils pas tous des esprits au service: Les anges sont des esprits au service de Dieu, ils ne sont pas des esprits de gouvernement ; leur vocation est de servir, et non de dominer. À cet égard, les anges sont comme un jouet qui ne s’arrête pas. Ils continuent à travailler pendant que le Fils prend une posture de repos puisqu’il est le Fils.
i. Jésus est aussi appelé serviteur et ministre, mais cela fait partie de son humiliation volontaire, et non de sa nature essentielle – comme c’est dans la nature essentielle des anges d’être des serviteurs.
e. Envoyés pour apporter de l’aide à ceux qui vont hériter du salut: Les anges existent pour servir Dieu, mais Dieu fait bénéficier les hommes et les femmes rachetés de leurs services. Cela montre le grand amour de Dieu pour nous, et comment il aime partager toutes choses avec nous.
i. En comparant Hébreux 1:2 et 1:14, « Il est particulièrement remarquable, en rapport au thème principal de l’épître, que Christ et les chrétiens soient tous décrits comme des héritiers. » (R. L. Thomas)
©1996–present The Enduring Word Bible Commentary by David Guzik