Hébreux 12




Hébreux 12 – Raisons de persévérer dans les moments de découragement

A. Regarder à Jésus.

1. (1) Appliquer les démonstrations de foi persévérante d’Hébreux 11.

Nous donc aussi, puisque nous sommes entourés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance l’épreuve qui nous est proposée.

a. Puisque nous sommes entourés d’une si grande nuée de témoins: L’auteur se représente ces champions de la foi des temps passés comme des spectateurs d’une compétition sportive qui, du ciel, nous encouragent alors que nous nous efforçons pour surmonter le découragement qui nous assaille.

i. L’auteur pense à bien plus de personnes que les seules 18 spécifiquement mentionnés dans Hébreux 11. Le terme grec traduit nuée est une figure de style désignant un grand groupe, et cette foule est une si grande nuée de témoins. Cette nuée comprend probablement de grands hommes et femmes de Dieu, connus et inconnus de l’histoire, qui ont vécu depuis les temps des saints énumérés dans Hébreux 11. Nous aussi, nous sommes observés, tant par les anges (Éphésiens 3:10-11) que par le monde autour de nous qui observe notre foi et notre conduite. Nous sommes entourés, comme par des spectateurs dans un stade qui entourent et observent les joueurs.

ii. L’idée que les héros de la foi des temps passés sont des spectateurs de notre vie de foi a fait penser à certains commentateurs qu’au ciel les gens peuvent observer ce qui se passe sur la terre. Ce seul passage peut le suggérer, mais c’est peu concluant pour le prouver.

iii. Nous pensons à juste titre que le ciel est un endroit où les gens sont toujours heureux et tranquilles. Or il est difficile de penser que ceux qui sont au ciel puissent être heureux et tranquilles lorsqu’ils voient ce qui se passe sur la terre, II est donc difficile de dire que les gens au ciel nous observent réellement.

iv. D’autres commentateurs pensent que ces témoins ne sont pas témoins de notre vie, mais au contraire, sont pour nous des témoins de la foi et de la persévérance, dans tout ce qu’ils ont vécu et expérimenté. Ils ont l’esprit des martyrs, mot qui est la racine du terme grec que l’on traduit habituellement par témoins.

v. « Les Grecs et les Latins utilisaient fréquemment le terme nuée pour désigner un grand nombre de personnes ou de choses. » (A. Clarke)

b. Rejetons tout fardeau et le péché: Le péché peut nous empêcher d’avancer. Mais d’autres choses, qui ne sont peut-être pas des péchés (tout fardeau), mais simplement des obstacles, peuvent nous empêcher de courir efficacement la course que Dieu a fixée pour nous.

i. Nos choix ne sont pas toujours entre le bien et le mal, ils peuvent aussi être entre ce qui pour nous peut être un obstacle et ce qui ne l’est pas. Y a-t-il un fardeau dans votre vie que vous devez rejeter ?

c. Le péché qui nous enveloppe si facilement: L’expression « enveloppe si facilement » est la traduction d’un terme grec difficile (euperistaton), qui peut être traduit de quatre façons : facile à éviter ; admiré ; insidieux ; dangereux.

i. Rejetons tout :

·Certains péchés peuvent être facilement évités, mais ne le sont pas ;

·Certains péchés sont admirés, mais doivent être rejetés ;

·Certains péchés sont insidieux et donc particulièrement nocifs ;

·Certains péchés sont plus dangereux que d’autres.

ii. Si les péchés qui nous enveloppent étaient vraiment l’œuvre d’une possession ou d’une influence démoniaque comme le prétendent certains, le Saint Esprit aurait saisi cette occasion idéale pour aborder ce sujet. Mais ici, aucune raison de blâmer les démons pour nos péchés ne nous est offerte ; c’est plutôt à nous que l’appel est lancé pour que, par la puissance du Saint-Esprit, nous prenions la décision de rejeter tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement.

d. Courons avec persévérance: Nous avons besoin de persévérance pour achever ce que nous avons commencé en Jésus-Christ – l’épreuve qui nous est proposée.

i. « Il se tient avec nous au point de départ et nous dit avec insistance, non pas : “Courez”, mais plutôt : “Courons”. L’apôtre lui-même fait la course à nos côtés. » (C H. Spurgeon)

ii. Dieu place devant chacun de nous une épreuve, une course. Cette course implique des efforts et un engagement. Quiconque est passif ne court ni ne gagne la course. Dieu veut que nous courions la course et que nous la terminions correctement.

iii. Il faut de la persévérance pour courir la course. La persévérance est dont il est question ici est la traduction du terme grec hupomone ; ce terme « ne signifie pas la patience qui s’assoit et accepte les choses, mais la patience qui les maîtrise… C’est une détermination, sans hâte ni retard, qui va de l’avant de manière constante et refuse de se laisser détourner. » (W. Barclay)

iv. Dans Actes 20:24, Paul se décrit comme un coureur ayant une course à terminer, et rien ne peut l’empêcher de la terminer avec joie. Dans ce passage, Paul parle de ma course – il a une course personnelle à courir, nous avons chacun la nôtre – mais Dieu nous appelle à la terminer avec joie, et ce n’est possible qu’avec la persévérance.

e. L’épreuve qui nous est proposée: L’épreuve iciest la traduction du grec agona, terme qui désigne les conflits ou luttes de toutes sortes, et c’est un terme qui revient souvent chez Paul (Philippiens 1:30 ; Colossiens 2:1 ; 1 Thessaloniciens 2:2 ; 1 Timothée 6:12 ; 2 Timothée 4:7).

2. (2) L’exemple ultime : Jésus-Christ.

Faisons-le en gardant les regards sur Jésus, qui fait naître la foi et la mène à la perfection. En échange de la joie qui lui était réservée, il a souffert la croix en méprisant la honte qui s’y attachait et il s’est assis à la droite du trône de Dieu.

a. En gardant les regards sur Jésus: La version française Darby a magnifiquement traduit cette expression : Fixant les yeux sur Jésus.Nous ne pouvons courir la course qu’en regardant Jésus, en ayant les yeux fixés sur lui. Il est notre objectif, notre inspiration et notre exemple.

i. En grec, l’expression garder les regards sur Jésus utilise un verbe qui sous-entend se détourner nettement d’autres choses et regarder effectivement Jésus.

ii.« Le terme grec pour “regarder” est un terme beaucoup plus complet que celui que nous pouvons trouver dans la langue française. Il est accompagné d’une préposition qui signifie détourner le regard de tout le reste. On doit, de tous côtés, regarder à Jésus. Ne fixez pas votre regard sur la nuée de témoins ; ils vous gêneront s’ils détournent votre regard de Jésus. Ne regardez pas aux fardeaux et au péché qui vous entourent – vous les avez rejetés, détournez-vous d’eux. Ne regardez même pas le champ de course ou les concurrents, mais regardez à Jésus et lancez-vous ainsi dans la course. » (C. H. Spurgeon)

iii. Nous devons nous garder de voir Jésus comme un simple exemple ; il était et il est bien plus que cela. Mais il reste aussi l’exemple ultime de la persévérance chrétienne. « Garder le regard sur Jésus signifie la vie, la lumière, la direction, l’encouragement, la joie : ne cessez jamais de regarder vers celui qui vous regarde sans cesse. » (C. H. Spurgeon)

b. Qui fait naître la foi et la mène à la perfection: Jésus n’est pas seulement celui qui fait naître notre foi ; il est aussi celui qui la mène à la perfection. L’idée que Celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la poursuivra jusqu’à son terme, jusqu’au jour de Jésus-Christ (Philippiens 1:6) était très réconfortante pour ces chrétiens découragés.

i. On peut dire que Jésus est avec nous sur la ligne de départ et sur la ligne d’arrivée et tout au long du trajet de la course qu’il nous propose.

c. En échange de la joie qui lui était réservée: Jésus n’a pas considéré la croix en elle-même comme une joie. Mais il a regardé au-delà de l’horreur de la croix pour voir la joie qui serait sienne. La même mentalité pourrait permettre à ces chrétiens juifs (comme à nous) de persévérer.

d. Il a souffert la croix: Jésus a persévéré face à l’épreuve de la croix parce qu’il connaissait le bien qui allait en résulter : le bien d’un peuple racheté et sauvé qui honore Dieu pour toute l’éternité.

i. Connaissant tout le bien qui allait découler de cette expérience des plus angoissantes, Jésus a pu persévérer triomphalement. À travers le supplice de la croix :

·Jésus a tenu sa langue ;

·Jésus a tenu son cap ;

·Jésus a tenu sa progression ;

·Jésus a tenu sa joie ;

·Jésus a tenu son amour.

e. En méprisant la honte: L’un des éléments les plus marquants de la torture de la croix est sa honte extrême. Jésus n’a pas endossé cette honte – il l’a méprisée – mais il l’a subie avec persévérance jusqu’à la victoire.

i. La honte est une épreuve importante. Daniel 12:2 dit que la honte sera un aspect des terreurs de l’enfer : Beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte, pour l’horreur éternelle. Jésus a supporté cette honte infernale afin d’accomplir notre rédemption.

·Jésus a supporté une accusation honteuse : le blasphème.

·Jésus a supporté des moqueries honteuses.

·Jésus a supporté des coups honteux.

·Jésus a supporté une couronne honteuse.

·Jésus a supporté une robe honteuse.

·Jésus a supporté des moqueries honteuses alors même qu’il priait sur la croix.

ii. C’est une pierre d’achoppement pour beaucoup. Beaucoup feraient à peu près n’importe quoi pour Jésus, si ce n’est endurer la honte ou l’embarras. Charles Spurgeon, prédicateur de langue anglaise, s’adressait avec fermeté aux chrétiens qui ne parvenaient pas à supporter la honte infligée par le monde parce qu’ils suivaient Jésus : « Mais, vous êtes lâches. Oui, écrivez-le en anglais : vous êtes lâches. Si quelqu’un vous qualifie ainsi, vous rougissez jusqu’à la racine des cheveux ; et peut-être n’êtes-vous pas des lâches pour ce qui est d’autres sujets. Mais, quelle honte, alors que vous êtes hardis sur tout le reste, que vous soyez lâches quand il s’agit de Jésus-Christ ! Courageux pour le monde et lâches pour le Christ ! »

iii. « J’ai entendu parler l’autre jour d’une prière que je n’ai pas vraiment appréciée au début, mais qui vaut tout de même quelque chose après tout. Le brave homme a dit : “Seigneur, si nos cœurs sont durs, adoucis-les ; mais si nos cœurs sont trop doux, endurcis-les”. Je sais ce qu’il voulait dire, et je pense que je peux prier la dernière partie de cette prière pour certains de mes amis qui sont si délicats qu’un ricanement les tuerait. Puisse le Seigneur les endurcir jusqu’à ce qu’ils puissent mépriser la honte ! »(C. H. Spurgeon)

f. Et il s’est assis à la droite du trône de Dieu: Il est parlé ici de la glorification de Jésus. La même promesse d’être glorifié (bien que dans un sens différent), après la honte, est vraie pour le chrétien.

3. (3-4) Pensezà Jésus.

Pensez en effet à celui qui a supporté une telle opposition contre lui de la part des pécheurs, afin de ne pas vous laisser abattre par le découragement. Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre combat contre le péché.

a. Pensez en effet à celui qui a supporté une telle opposition contre lui:Même dans leurs difficultés, il suffirait à ces chrétiens de penser à Jésus, pour être encouragés, et non découragés, sachant qu’ils suivent les traces de Jésus. Comme l’écrit Paul : si toutefois nous souffrons avec lui afin de prendre aussi part à sa gloire. (Romains 8:17)

i. Pensons à toute l’hostilité endurée par Jésus de la part des pécheurs :

·Dans la synagogue de son propre village de Nazareth, on a voulu le tuer ;

·Les chefs religieux ont constamment essayé de le piéger et de l’embarrasser ;

·Ils ont menti au sujet de Jésus, disant qu’il était un ivrogne et un glouton ;

·Il a été trahi par l’un de ses propres disciples ;

·On s’est moqué de lui et beaucoup l’ont frappé ;

·Son propre peuple a crié contre lui : « Crucifie-le ! »

ii. « Si à l’école du dimanche une classe semble ingérable ; s’il est impossible d’enseigner aux garçons ; si les filles semblent si étourdies ; si dans la petite salle du village les auditeurs semblent si ternes, si inattentifs, si négligents et si oublieux ; si dans toute autre sphère de travail vous ne semblez pas être appréciés, mais que vous rencontrez de très graves rebuffades, ne vous en faites pas. Tout cela n’est rien comparé aux contradictions que le Sauveur a endurées, et pourtant il n’a jamais dévié, et donc, vous ne devez pas dévier. » (C. H. Spurgeon)

b. Afin de ne pas vous laisser abattre par le découragement: Savoir que Jésus ne nous demande pas plus que ce qu’il a lui-même vécu, et qu’il sait exactement ce que nous traversons, nous évite de nous laisser abattre par le découragement.

c. Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre combat contre le péché: Ces chrétiens juifs sont très découragés parce qu’ils ont commencé à subir une importante persécution sociale et économique (mais pas encore au point d’effusion de sang).

B. Pourquoi Dieu permet des temps difficiles : la correction de Dieu.

1. (5-6) Souvenez-vous de l’exhortation concernant la discipline du Seigneur.

Et vous avez oublié l’encouragement qui vous est adressé comme à des fils :

Mon fils, ne méprise pas la correction du SEIGNEUR et ne perds pas courage lorsqu’il te reprend.En effet, le Seigneur corrige celui qu’il aime et il punit tous ceux qu’il reconnaît comme ses fils. 

a. Vous avez oublié: Une grande raison du découragement de ces chrétiens juifs est qu’ils ne voient aucune raison pour laquelle Dieu permet que surviennent des temps difficiles. Ils oublient les principes concernant de la correction du SEIGNEUR.

i. Dans la vie chrétienne, beaucoup de difficultés naissent de ces trois mots : Vous avez oublié. C’est peut-être un principe que nous gardons dans un coin de notre tête, mais que nous avons oublié dans le cœur, et nous devons nous en souvenir à nouveau.

ii. En temps d’épreuve ou de stress, de nombreux chrétiens oublient certains principes de base. Ils se demandent sérieusement si Dieu a toujours le contrôle ou s’il les aime toujours. Nous devons admettre que Dieu permet tout ce qui arrive ;qu’il doit au moins l’approuver passivement, car il a tout pouvoir d’arrêter les mauvaises choses qui arrivent.

iii. Bien entendu, Dieu ne peut jamais être l’auteur du mal. Mais il permet aux gens de choisir le mal, et il peut utiliser le mauvais choix d’un individu pour réaliser au bout du compte son dessein bienveillant, ne serait-ce que pour prouver sa justice et sa droiture en contraste avec le mal.

b. Qui vous est adressé comme à des fils: La citation de Proverbes 3:11-12 nous rappelle que la correction que Dieu nous inflige ne doit jamais être considérée comme un signe de son rejet. C’est plutôt un signe qu’il nous traite comme ses enfants.

i. Seul le chrétien le plus fier prétendrait ne jamais avoir besoin d’être corrigé par Dieu. Personne n’est au-dessus de cette formation.

c. Ne méprise pas la correction du SEIGNEUR: Lorsque la correction a lieu, c’est offenser Dieu que de la mépriser. La correction est l’outil que son affection utilise pour nous redresser et nous devrions la recevoir avec gratitude. C’est l’entraînement dont nous avons besoin pour courir notre course avec persévérance (Hébreux 12:1-2).

i. «Il m’est souvent arrivé d’entendre un père dire : “Mon garçon, si tu pleures pour ça, tu n’as pas fini de pleurer.”Ainsi, si nous murmurons pour un petit rien, Dieu fera en sorte que nous ayons quelque chose qui nous fera pleurer. Si nous gémissons pour un rien, il nous infligera quelque chose qui nous fera vraiment gémir. »(C. H. Spurgeon)

ii. La correction ne doit pas être considérée comme la seule raison pour laquelle Dieu permet des moments difficiles, mais c’est une raison importante. Par exemple, nous savons que Dieu permet des moments difficiles pour que plus tard nous puissions, à notre tour, réconforter d’autres personnes avec le même réconfort que Dieu nous accorde dans notre crise (2 Corinthiens 1:3-7).

iii. C’est pourquoi Jacques recommande de prier pour la sagesse dans le contexte des épreuves persistantes (Jacques 1:2-5). Nous devons savoir comment réagir différemment lorsque Dieu fait des choses différentes.

2. (7-8) La correction, un signe de notre filiation divine.

Supportez la correction : c’est comme des fils que Dieu vous traite. Quel est le fils qu’un père ne corrige pas ? Mais si vous êtes dispensés de la correction à laquelle tous ont part, c’est donc que vous êtes des enfants illégitimes et non des fils.

a. C’est comme des fils que Dieu vous traite: Une caractéristique fondamentale de la relation entre Dieu et le croyant est qu’elle est semblable à celle qui existe entre un père affectueux et bon et un fils ou une fille. Certains ont du mal à l’accepter parce qu’ils n’ont jamais connu eux-mêmes de père humain affectueux et bon. Pourtant, même ceux-là peuvent eux aussi recevoir l’amour de Dieu le Père.

i. Nous ne savons pas tous par expérience ce qu’est un père modèle, mais nous avons tous par intuition l’idée de ce qu’est un bon père. Dieu est ce Père parfait, et c’est lui qui nous transmet cette intuition. Celui qui a un mauvais père se sent toujours trompé ou déçu parce qu’il le compare intuitivement à notre bon Père céleste.

b. C’est comme des fils que Dieu vous traite: Dieu ne nous corrige jamais pour nous punir ou nous faire payer pour nos péchés. Le prix de nos péchés a été payé une fois pour toutes à la croix. Quand Dieu corrige, il le fait uniquement par amour, et non pour satisfaire à sa justice ; il nous corrige sans colère.

i. « Même n’il ne sera jamais traduit devant Dieu comme criminel et puni pour sa culpabilité, il se trouve maintenant dans une nouvelle relation – celle d’un enfant avec son parent : et en tant qu’enfant, il peut être corrigé à cause du péché. » (C. H. Spurgeon)

c. Si vous êtes dispensés de la correction… vous êtes des enfants illégitimes et non des fils: Ceux qui considèrent que Dieu ne devrait pas les corriger, n’apprécient ou ne comprennent pas que cela soit la marque de l’authenticité d’une relation père-fils. Ils se rangent donc, sans le savoir, parmi les enfants illégitimes de Dieu.

i. « Lorsque l’on prend conscience de cette attitude, on comprend alors le lien direct et béni entre “vie de disciple” et “discipline”. »(R. L. Thomas)

d. Des enfants illégitimes et non des fils : Lorsqu’il ignore notre péché et le laisse passer sans correction, c’est que Dieu montre sa colère. Car son inactivité n’est jamais due à l’ignorance ou à un manque d’initiative, comme cela peut être le cas d’un père humain.

3. (9-10) La correction de Dieu est supérieure à celle des pères humains.

D’ailleurs, puisque nos pères terrestres nous ont corrigés et que nous les avons respectés, ne devons-nous pas d’autant plus nous soumettre à notre Père céleste pour avoir la vie ? Nos pères nous corrigeaient pour un peu de temps, comme ils le trouvaient bon, tandis que Dieu le fait pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté.

a. Puisque nos pères terrestres nous ont corrigés et que nous les avons respectés: Nous devrions être plus soumis et respectueux à la correction de notre Père céleste qu’à celle d’un père terrestre.

b. Ne devons-nous pas d’autant plus nous soumettre à notre Père céleste pour avoir la vie ? Par conséquent, nous ne devons jamais mépriser Dieu quand il nous corrige, même si cela est désagréable sur le moment. Si cela nous irrite, c’est que nous nous considérons virtuellement comme l’égal de Dieu quand nous ne sommes que ses enfants.

i. Quand nous sommes corrigés par un égal nous pouvons peut-être ressentir de l’amertume et nous sentir humiliés, mais ce n’est pas la même chose d’être corrigé par quelqu’un qui est légitimement notre supérieur. Le ressentiment contre la correction révèle quelle est notre perception de Dieu et de nous-mêmes.

c. Tandis que Dieu le fait pour notre bien: Les pères humains, même avec la meilleure intention, ne peuvent corriger qu’imparfaitement parce qu’il leur manque une connaissance parfaite. Le Dieu omniscient peut quant à lui nous corriger parfaitement, avec des résultats meilleurs et plus durables que ceux du meilleur des pères terrestres.

i. « La foi voit que dans sa plus grande tristesse, il n’y a rien de pénal, il n’y a pas une once de colère de Dieu en elle, tout est envoyé par amour. » (C. H. Spurgeon)

4. (11) Considérez davantage le résultat que le processus de la correction.

Certes, au premier abord, toute correction semble un sujet de tristesse, et non de joie, mais elle produit plus tard chez ceux qu’elle a ainsi exercés un fruit porteur de paix : la justice.

a. Au premier abord, toute correction semble un sujet de tristesse, et non de joie: Les épreuves sont des épreuves et la correction est la correction. Si elle ne nous fait pas mal ou ne nous secoue pas, alors elle ne sert pas son but. Nous voulons parfois des épreuves qui ne le sont pas et des corrections qui ne le sont pas.

i. Charles Spurgeon a observé que dans le monde naturel, les apparences (ce qui semble) peuvent nous égarer. La terre semble ne pas bouger et ne pas être ronde ; le soleil semble être plus grand à son coucher, et ainsi de suite. « Si même dans les choses naturelles ce qui semble n’est pas la vérité, si l’apparence est très souvent fausse, nous pouvons être tout à fait sûrs que bien que l’affliction semble être une chose, en réalité elle n’est pas ce qu’elle semble être. » (C. H. Spurgeon)

ii. « Si l’affliction semblait joyeuse, serait-elle une correction ? Je vous le demande, ne serait-ce pas une chose des plus ridicules si un père châtiait un enfant au point que celui-ci descende l’escalier en riant, en souriant et en se réjouissant de la flagellation. Joyeuse ? Au lieu d’être utile, ne serait-elle pas totalement inutile ? À quoi servirait une punition si elle ne pouvait être ressentie ? Aucune douleur ? Alors sûrement aucun bénéfice ! » (C. H. Spurgeon)

b. Un fruit porteur de paix : la justice: Ce fruit doit être manifeste dans la vie du chrétien. La raison pour laquelle beaucoup expérimentent crise après crise dans leur vie est soit qu’ils sont aveugles à la correction de Dieu, soit qu’ils y résistent. Ils ne sont pas exercés par elle et par conséquent le fruit porteur de paix : la justice n’est pas manifeste dans leur vie.

i. Exercés est la traduction d’un terme grec se rapportant au monde de l’athlétisme. L’exercice d’un athlète est marqué par un certain supplice (ne parle-t-on pas de « souffrir le martyre » ?), et il en est de même de notre entraînement comme “athlètes spirituels’’ de Dieu.

ii. L’exercice que Dieu nous propose vise un certain objectif. Pensez au jeune garçon David qui a été attaqué par un lion alors qu’il gardait les moutons. Il aurait facilement pu se laisser aller au désespoir et se demander : « Pourquoi Dieu permet-il qu’une chose aussi terrible m’arrive ? J’ai failli ne pas y échapper ! » Si David avait pu voir au-delà, il aurait vu que Dieu l’avait destiné à affronter un géant nommé Goliath, et que la lutte avec le lion l’y avait préparé à l’avance. Dieu a toujours un objectif. Nous pouvons lui faire confiance.

c. Elle produit plus tard chez ceux qu’elle a ainsi exercés un fruit porteur de paix : la justice: La correction de Dieu – une fessée venue du ciel – fait mal, mais nous devons regarder au-delà du processus pour voir le résultat final. Le résultat ne se manifeste pas immédiatement, mais plus tard.

i. « De nombreux croyants sont profondément attristés de ce qu’ils ne sentent pas immédiatement le profit qu’ils tirent de leurs afflictions. C’est un fait qu’on ne s’attend pas à voir des pommes ou des prunes sur un arbre qu’on a planté il y a seulement une semaine. Seuls les petits enfants sèment des graines dans leur jardin de fleurs, et s’attendent ensuite à les voir devenir des plantes en une heure. » (C. H. Spurgeon)

ii. Remarquons que dans cette section sur la correction, l’auteur ne cite jamais Jésus comme exemple. C’est parce que Jésus n’a jamais eu besoin d’être corrigé par son Père. Jésus a souffert, mais pas pour être corrigé.

C. Application: fortifiez-vous, redressez-vous, soyez audacieux et veillez.

1. (12-13) Prenez courage, soyez fort.

Fortifiez donc vos mains défaillantes et vos genoux flageolants et faites des voies droites pour vos pieds, afin que ce qui est boiteux ne se démette pas mais plutôt soit guéri.

a. Fortifiez donc vos mains défaillantes: Comme le ferait un entraîneur sportif ou un officier militaire, l’auteur exhorte ses compagnons disciples de Jésus à prendre courage et être actifs. Il a donné des raisons exhaustives de se fortifier dans le Seigneur et de rejeter le découragement, voilà maintenant le temps venu de passer à l’application.

b. Mais plutôt soit guéri: Les images ici (mains et genoux fortifiés, pieds « droit devant ») parlent de la volonté de travailler et d’avancer pour Jésus et son royaume. C’est cette volonté qui disparaît la première lorsque l’on cède au découragement.

2. (14-17) Utilisez la force de Dieu pour mettre les choses en ordre dans votre manière de vivre.

Recherchez la paix avec tous et la progression dans la sainteté : sans elle, personne ne verra le Seigneur. Veillez à ce que personne ne se prive de la grâce de Dieu, à ce qu’aucune racine d’amertume, produisant des rejetons, ne cause du trouble et que beaucoup n’en soient infectés. Veillez à ce qu’aucun de vous ne fasse preuve d’immoralité sexuelle ou ne se montre profanateur comme Ésaü, qui pour un seul repas a vendu son droit d’aînesse. Vous savez que plus tard il a voulu obtenir la bénédiction mais a été rejeté ; en effet, il n’a pas pu amener son père à changer d’attitude, bien qu’il l’ait cherché avec larmes.

a. Recherchez la paix avec tous et la progression dans la sainteté: Il s’agit d’être en harmonie avec les autres (recherchez la paix avec tous) et de marcher fidèlement avec Dieu (et la progression dans la sainteté). Le découragement nous rend négligents et indifférents à la sainteté et aux relations interhumaines.

i. S’agissant de la sainteté, il est précisé que sans elle, personne ne verra le Seigneur. Le manque de sainteté est un obstacle primordial à une relation étroite avec Dieu.

ii. « Les chrétiens impies sont le fléau de l’Église. Ils sont des taches dans nos fêtes de charité. Comme des rochers cachés, ils sont la terreur des navigateurs. Il est difficile de les éviter et nul ne sait quels naufrages ils peuvent causer. » (C. H. Spurgeon)

iii. Cependant, « cette sainteté est une question de croissance. Elle peut être dans l’âme comme un grain de moutarde, pas encore développé ; elle peut être dans le cœur comme un souhait et un désir, plutôt que comme une chose pleinement réalisée un gémissement, un halètement, un désir, un effort. » (C. H. Spurgeon)

iv. Charles Spurgeon décrit 4 types de personnes qui essaient de se passer de sainteté :

·Le pharisien confiant dans les cérémonies extérieures au lieu de la vraie sainteté ;

·Le moraliste qui ne ressent aucun besoin de sainteté puisque sa vie est si bonne ;

·L’expérimentaliste dont toute la vie chrétienne est vécue intérieurement, sans jamais se soucier de sa conduite extérieure mais seulement de ses sentiments ;

·L’opinioniste dont la vie chrétienne consiste à croire aux bonnes doctrines sans se soucier de la façon dont on vit.

b. Veillez à ce que personne ne se prive de la grâce de Dieu: Nous devons vivre conformément à la grâce de Dieu. Cela signifie que nous devons, nous-mêmes et ceux qui nous entourent, nous garder avec soin de retourner au légalisme, que ce soit sous une forme extérieure ou sous forme d’attitude intérieure non conforme à la grâce de Dieu, veillant à ce quaucune racine d’amertume, produisant des rejetons, ne cause du trouble.

i. « Une racine d’amertume est une racine qui porte des fruits amers… Il est ainsi possible que la graine d’amertume soit semée dans une communauté et, bien que rien ne soit immédiatement apparent, le moment venu, les fruits apparaissent inévitablement. » (L. Morris)

ii. L’amertume corrompt beaucoup de gens, puisant dans un sentiment de blessure personnelle, et beaucoup s’accrochent à l’amertume avec une obstination étonnante. Ce qu’ils doivent faire, c’est se souvenir de la grâce de Dieu qui leur a été accordée et commencer à l’étendre à d’autres, en aimant ceux qui ne le méritent pas.

iii. William Barclay écrit que l’expression se prive de la grâce de Dieu pourrait également être traduite ne pas suivre le rythme de la grâce de Dieu. L’idée est que la grâce de Dieu va de l’avant, au-delà de la douleur et de la souffrance du passé. Nous devrions nous aussi aller de l’avant.

c. Veillez à ce qu’aucun de vous ne fasse preuve d’immoralité sexuelle ou ne se montre profanateur:Nous devons vivre fidèlement quant à notre conduite morale. Rappelons-nous qu’il existe des bénédictions réservées uniquement aux cœurs purs : ils verront Dieu (Matthieu 5:8).

i. A propos du mot profanateur, Robert L. Thomas dit : « Ce terme provient du latin pro-fanum littéralement devant le temple. À l’extérieur de chaque temple, il y avait un espace ouvert à tous, où les gens se rassemblaient, un lieu ouvert sans clôture. Par contre, il y avait une enceinte sacrée, le temple ou fanum. Ésaü n’avait pas une telle enceinte sacrée dans sa vie et, dans ce sens, c’était un homme purement séculier. »

d. Comme Ésaü, qui pour un seul repas a vendu son droit d’aînesse: De nombreux chrétiens vendent aujourd’hui leur droit d’aînesse, celui de l’intimité avec Dieu, à un prix aussi bas que celui par lequel Ésaü a vendu son droit d’aînesse. (Genèse 25:29-34 et 27:30-40)

i. Il n’a pas pu amener son père à changer d’attitude: « Ce n’est pas une question de pardon. En effet, le pardon de Dieu est toujours ouvert à celui qui se repent. Ésaü aurait pu revenir à Dieu, mais il ne pouvait plus revenir sur son acte. » (L. Morris)

ii. Bien qu’il l’ait cherché avec larmes: Quand, plus tard, Ésaü a cherché la bénédiction, il a été rejeté par son père Isaac et il n’a pas pu amener son père à changer d’attitude. Le droit d’aînesse d’Ésaü ne pouvait pas être rétabli simplement parce qu’il le souhaitait. Il ne pouvait plus le récupérer parce qu’il l’avait méprisé.

3. (18-21) Soyez audacieux, car vous ne vous êtes pas approchés du mont Sinaï.

Vous ne vous êtes pas approchés d’une montagne qu’on pouvait toucher et qui était embrasée par le feu, ni de l’obscurité, ni des ténèbres, ni de la tempête, ni du retentissement de la trompette, ni du bruit des paroles. Ce bruit était tel que ceux qui l’ont entendu ont refusé qu’il leur soit adressé un mot de plus. Ils ne supportaient pas, en effet, cette consigne : Si même une bête touche la montagne, elle sera lapidée. Le spectacle était si terrifiant que Moïse a dit : Je suis épouvanté et tremblant de peur !

a. Vous ne vous êtes pas approchés d’une montagne qu’on pouvait toucher et qui était embrasée par le feu: Exode 19:10-25 explique le scenario de ce qui s’est passé quand Israël est arrivé au mont Sinaï :

·La montagne a été entourée d’un tracé limitatif ; personne ne pouvait le franchir sous peine de mort ;

·Tous ont reçu l’ordre de laver leurs vêtements et de s’abstenir de relations sexuelles;

·Il y a eu des tonnerres, des éclairs et une épaisse fumée ;

·Le son d’une trompette a retenti, appelant la nation à une rencontre avec Dieu ;

·Il y a eu une fumée épaisse, comme celle d’une fournaise, et des tremblements de terre ;

·Ensuite la trompette a retenti plus longuement, plus fortement – jusqu’à ce que Moïse parle, et Dieu lui-même lui réponde ;

·Dieu a parlé à Israël depuis le Sinaï, mais l’a averti de toutes les manières possibles que tous les Israélites devaient rester à l’écart.

b. Ce bruit était tel que ceux qui l’ont entendu ont refusé qu’il leur soit adressé un mot de plus: La réaction d’Israël est compréhensible ; ils sont terrifiés (Exode 20:18-21). Ils souhaitent voir l’expérience s’arrêter et ne pas continuer.

i. Même Moïse avait peur : Moisea dit : Je suis épouvanté et tremblant de peur ! (Deutéronome 9:19)

ii. Toute cette crainte n’a néanmoins pas servi à promouvoir la sainteté au sein du peuple d’Israël. Elle n’a pas servi à changer le cœur d’Israël. En effet, 40 jours plus tard, les Israélites ont adoré un veau d’or et dit qu’il était le dieu qui les avait fait sortir d’Égypte.

4. (22-24) Soyez audacieux, car vous vous êtes approchés du mont Sion.

Au contraire, vous vous êtes approchés du mont Sion, de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, et ses dizaines de milliers d’anges en fête, de l’assemblée des premiers-nés inscrits dans le ciel. Vous vous êtes approchés de Dieu qui est le juge de tous, des esprits des justes parvenus à la perfection, de Jésus, qui est le médiateur d’une alliance nouvelle, et du sang purificateur porteur d’un meilleur message que celui d’Abel.

a. Au contraire, vous vous êtes approchés du mont Sion: Il s’agit ici d’un autre lieu. Notre relation avec Dieu n’est pas calquée sur l’expérience d’Israël au mont Sinaï. Ici c’est une autre montagne de Dieu : Sion, le nom de la colline sur laquelle la ville de Jérusalem est bâtie. Sinaï représente la loi ; Sion représente la croix.

b. La cité du Dieu vivant: Il n’y avait point de ville au mont Sinaï ; cette montagne s’élevait dans un désert.

c. La Jérusalem céleste: La montagne du Sinaï est associée à l’Égypte ; celle de Sion est associée au ciel.

d. Et ses dizaines de milliers d’anges: La loi a été transmise à Moïse sur le mont Sinaï par quelques anges ; mais il y avait des dizaines de milliers d’anges sur le mont Sion.

e. De l’assemblée des premiers-nés inscrits dans le ciel: Ce que Dieu a donné au mont Sinaï concernait principalement Israël ; ce que Dieu a donné au mont Sion concerne tout le monde et s’étend à tous les rachetés, à la fois à l’Église et à l’assemblée des rachetés, tous réunis.

f. De Dieu qui est le juge de tous, des esprits des justes parvenus à la perfection: Le mont Sion n’écarte pas Dieu comme juge de tous – pas du tout. Au contraire, l’œuvre de Jésus sur le mont Sion satisfait la justice de Dieu, en faisant éclore les esprits des justes parvenus à la perfection.

g. De Jésus, qui est le médiateur d’une alliance nouvelle: Le mont Sinaï est essentiellement lié à l’ancienne alliance basée sur le mérite et la récompense. Le mont Sion est lié à une alliance nouvelle avec Jésus le médiateur, et repose sur croire et recevoir.

h. Du sang purificateur porteur d’un meilleur message que celui d’Abel: Il n’est pas question ici du sang d’Abel, celui qui a coulé lors de son martyre. Il est plutôt question du sang du sacrifice qu’Abel a offert – le tout premier sacrifice, consigné dans la Bible, qu’un homme ait offert à Dieu. Le sang de Jésus est porteur d’un meilleur message que celui du sang du sacrifice d’un animal, le sang d’Abel.

i. Il est bien vrai que le sang de Jésus le Messie est porteur d’un meilleur message que celui du sang d’Abel le martyr. Le sang d’Abel a crié : Que justice soit faite, venge-moi. Le sang de Jésus crie : Justice et miséricorde sont accomplies.

i. Vous vous êtes approchés du mont Sion: La leçon est claire. On ne doit pas s’approcher du mont Sion comme si on s’approchait du mont Sinaï. Mettez donc de côté vos hésitations, soyez courageux et assurés en vous approchant de Dieu.

i. Considérez les contrastes entre le mont Sinaï et le mont Sion :

·Le mont Sinaï est caractérisé par la peur et la terreur – le mont Sion est un lieu d’amour et de pardon ;

·Le mont Sinaï est dans un désert – le mont Sion est la cité du Dieu vivant ;

·Le mont Sinaï parlait des choses terrestres – le mont Sion parle des choses célestes ;

·Au mont Sinaï, seul Moïse a été autorisé à s’approcher de Dieu – au mont Sion, des dizaines de milliers d’anges et une assemblée des premiers-nés sont invités à s’approcher ;

·Le mont Sinaï parle d’hommes coupables plongés dans la peur – le mont Sion présente des hommes justes parvenus à la perfection ;

·Au mont Sinaï, Moïse était le médiateur – au mont Sion, Jésus est le médiateur ;

·Au mont Sinaï est donnée l’ancienne alliance, ratifiée avec le sang des animaux – au mont Sion est donné la nouvelle alliance, ratifiée avec le sang du précieux Fils de Dieu ;

·Le mont Sinaï est synonyme d’exclusion, exigeant du peuple qu’il s’éloigne de la montagne – le mont Sion est synonyme d’invitation ;

·Le mont Sinaï ne parle que de loi – le mont Sion ne parle que de grâce.

ii. Bien entendu, l’idée de la supériorité de la nouvelle alliance est également répétée, montrant ainsi à ces chrétiens juifs qu’ils ne doivent pas envisager de revenir en arrière en préférant la religion du mont Sinaï à la relation du mont Sion.

5. (25-26) Attention ! À grand privilège, grand avertissement et grand danger.

Faites attention ! Ne refusez pas d’écouter celui qui parle. En effet, les hommes qui ont rejeté celui qui les avertissait sur la terre n’en ont pas réchappé. Combien moins échapperons-nous si nous nous détournons de celui qui parle du haut du ciel ! Lui dont la voix avait alors ébranlé la terre, il a maintenant fait cette promesse : Une fois encore je fais trembler non seulement la terre, mais aussi le ciel.

a. Ne refusez pas d’écouter celui qui parle: Comme décrit dans les versets précédents, Dieu nous offre la bonté et la gloire du mont Sion : l’œuvre parfaite et complète de Jésus et la nouvelle alliance qui en découle. Si nous choisissons de refuser cette offre de Dieu, nous ne devons pas en ignorer les conséquences.

b. Les hommes qui ont rejeté… n’en ont pas réchappé: La rébellion au mont Sinaï a entrainé des conséquences. De même, il y a et devrait y avoir des conséquences encore plus grandes pour ceux qui résistent à la plus grande œuvre de Dieu au mont Sion.

c. Lui dont la voix avait alors ébranlé la terre… Une fois encore je fais trembler non seulement la terre, mais aussi le ciel: Au mont Sinaï, la voix de Dieu a ébranlé la terre. La nouvelle alliance ébranle encore plus (Une fois encore je fais trembler non seulement la terre, mais aussi le ciel).

i. C’est facile – et dangereux – de penser que dans l’Ancien Testament Dieu est sévère et mesquin et que, dans le Nouveau Testament, il est devenu gentil d’une manière ou d’une autre. C’est simpliste et trompeur de réfléchir de la sorte. En fait, il y a plus de miséricorde dans l’Ancien Testament que beaucoup ne l’imaginent, et plus de jugement dans le Nouveau Testament que beaucoup ne l’imaginent.

ii. Lorsque tout est ébranlé, une seule question se pose : Où vous tenez-vous ? Y êtes-vous sain et sauf ?

6. (27) Pourquoi Dieu ébranle l’ordre existant.

Les mots une fois encore indiquent bien que les choses qui, appartenant au monde créé, peuvent être ébranlées et disparaîtront, afin que celles qui sont inébranlables subsistent.

a. Indiquent bien que les choses qui, appartenant au monde créé, peuvent être ébranlées: Dieu promet ici d’ébranler à nouveau les choses afin de supprimer (disparaîtront) la dépendance à la matière – autrement dit : la dépendance aux choses matérielles, au matérialisme.

b. Afin que celles qui sont inébranlables subsistent: Dieu ébranle les choses pour les éprouver, puis écarter celles qui ne résistent pas face à l’épreuve.

7. (28-29) Le royaume inébranlable.

C’est pourquoi, puisque nous recevons un royaume inébranlable, attachons-nous à la grâce qui nous permet de rendre à Dieu un culte qui lui soit agréable, avec respect et avec piété. Notre Dieu est en effet un feu dévorant.

a. Puisque nous recevons un royaume inébranlable: Contrairement à l’instabilité du monde qui nous entoure, le royaume de Jésus est inébranlable, et c’est ce royaume que nous recevons.

i. C’est notre stabilité dans un monde instable. Nous n’avons pas encore pleinement reçu ce royaume ; il est encore à venir. Néanmoins, nous le recevons. Griffith Thomas fait remarquer qu’en considérant la grammaire et la formulation grecques de ce texte, on pourrait traduire cette phrase comme suit : « Nous recevons constamment et perpétuellement un royaume qui ne peut être ébranlé. »

ii. Comment avons-nous déjà reçu le royaume ? :

·Nous l’avons déjà reçu comme une promesse ; une promesse faite par un homme digne de confiance est tout aussi certaine que d’avoir la chose promise ;

·Nous l’avons en principe, nous voyons en effet les principes du royaume de Dieu à l’œuvre dans le monde ;

·Nous l’avons reçu en puissance et nous voyons bel et bien la puissance miraculeuse et transformatrice de Dieu à l’œuvre dans le monde d’aujourd’hui ;

·Nous avons reçu une partie de la provision et de la protection du royaume, parce que notre Roi pourvoit à nos besoins et nous protège ;

·Nous l’avons reçu en communauté, car nos rassemblements ecclésiaux constituent des communautés du royaume.

b. Attachons-nous à la grâce: Le royaume lui-même ne sera jamais ébranlé. Nous devons donc saisir l’approbation imméritée de Dieu en Jésus, laquelle nous permet de rendre à Dieu un culte qui lui soit agréable.

i. « Gloire à Dieu, notre royaume ne peut être ébranlé ! Même la dynamite ne peut toucher notre règne : aucune puissance au monde, aucune puissance en enfer, ne peut ébranler le royaume que le Seigneur a donné à ses saints. Avec Jésus comme monarque, nous ne craignons aucune révolution ni aucune anarchie : car le Seigneur a établi ce royaume sur un rocher, et il ne peut être ébranlé ni déplacé. »(C. H. Spurgeon)

ii. Nous permet de rendre à Dieu un culte qui lui soit agréable: Ces mots expliquent exactement comment rendre ce culte :

·Notre culte agréable commence par le fait de recevoir (puisque nous recevons un royaume) ;

·Notre culte agréable est offert par l’œuvre de la grâce de Dieu en nous (attachons-nous à la grâce) ;

·Notre culte agréable est caractérisé par le respect (avec respect) ;

·Notre culte agréable est caractérisé par la piété et le contentement (avec piété) ;

·Notre culte agréable est caractérisé par un profond sens de la sainteté divine (notre Dieu est en effet un feu dévorant).

iii. Certains prétendent à tort que « trop de grâce » engendre le laisser-aller et un manque de respect envers Dieu. À la vérité, la grâce produit en nous le respect et la piété. Peut-être que ceux qui pensent que la grâce leur donne la permission de pécher ne marchent pas du tout dans la grâce.

c. Notre Dieu est en effet un feu dévorant: Puisque Dieu est en un feu dévorant, le mieux à faire pour nous approcher de lui, c’est de nous conformer à ses conditions. Ce sont les conditions de l’approbation imméritée en Jésus. Sinon, il consume tout ce qui est en dehors de cette sphère.

i. Élie savait que Dieu est un feu dévorant ; Dieu a consumé le sacrifice offert sur l’autel au mont Carmel. Salomon savait que Dieu est un feu dévorant : Dieu a consumé le sacrifice offert sur l’autel lors de la dédicace du temple.

ii. La vérité que Dieu est en effet un feu dévorant est un réconfort pour le croyant. Nous constatons que le Père a déversé son feu dévorant de jugement sur le Fils à notre place. Lorsqu’il l’a fait, ce feu a dévoré ou consumé complètement la culpabilité du péché dans tous ceux qui croient. La peine du péché est consumée en Jésus sur la croix.

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