1 Thessaloniciens 5 – Prêts pour le Jour du Seigneur
A. Enseignement sur la préparation pour le retour de Jésus.
1. (1-3) La venue soudaine de Jésus.
En ce qui concerne les temps et les moments, vous n’avez pas besoin, frères et sœurs, qu’on vous écrive à ce sujet. En effet, vous savez bien vous-mêmes que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit. Quand les hommes diront : « Paix et sécurité ! » alors une ruine soudaine fondra sur eux, comme les douleurs sur la femme enceinte ; ils n’y échapperont pas.
a. En ce qui concerne les temps et les moments, vous n’avez pas besoin, frères et sœurs, qu’on vous écrive à ce sujet. Les Thessaloniciens sont bien informés sur le retour de Jésus et sur d’autres sujets prophétiques. Paul les a enseignés sur les temps et les moments concernant le retour de Jésus. Ils ont une idée du temps prophétique dans lequel ils vivent et peuvent discerner le moment dans lequel la culture ambiante évolue.
i. Encore une fois, c’est impressionnant de constater que Paul n’a passé que quelques semaines avec les Thessaloniciens (Actes 17:2). C’est pendant cette courte période qu’il les a enseignés sur les temps et les moments prophétiques concernant le retour de Jésus. Si Paul pouvait être parmi nous aujourd’hui, il serait surpris que certains considèrent le retour de Jésus comme un enseignement sans importance.
ii. Jésus a reproché aux chefs religieux de son époque leur incapacité à discerner les signes des temps (Matthieu 16:1-3). Il nous revient d’étudier les Écritures et d’observer le monde qui nous entoure afin d’être à même de discerner les temps et les moments.
iii. À propos des termes temps et moments, D. E. Hiebert dit : « Le premier désigne le temps dans sa durée, qu’il s’agisse d’une période plus ou moins longue ; le second attire l’attention sur les caractéristiques de la période. Le premier terme traite de la mesure du temps, le second de la nature appropriée ou critique du temps. »
b. Le jour du Seigneur viendra. Paul cite ici une idée familière de l’Ancien Testament. L’idée qui sous-tend cette expression « le jour du Seigneur , est qu’il s’agit du temps de Dieu. L’humain a son « jour », et le Seigneur a aussi son jour. Dans le sens ultime, « le jour du Seigneur » est le jour où s’accomplira le jugement de Jésus sur la terre et son retour dans la gloire.
i. Il ne s’agira pas d’un jour unique, mais plutôt d’une période au cours de laquelle Dieu fera avancer rapidement son plan jusqu’à la fin des temps. Le jour du Seigneur « est une expression familière de l’Ancien Testament. Elle désigne le jour où Dieu interviendra dans l’histoire pour juger ses ennemis, délivrer son peuple et établir son royaume. » (D. E. Hiebert)
c. En effet, vous savez bien vous-mêmes que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit. Les Thessaloniciens, ayant été enseignés, savent qu’ils ne peuvent pas connaître le jour du retour de Jésus. Ce jour reste inconnu et surviendra par surprise, comme un voleur dans la nuit. Un voleur n’annonce pas l’heure exacte de son arrivée.
i. Certains pensent que l’expression « le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit »signifie que rien du plan prophétique de Dieu pour l’avenir ne peut ou ne devrait être connu. Mais Paul affirme que ce qu’ils savent pertinemment est que ce temps ne peut être connu avec certitude.
ii. Paul n’est certainement pas homme à fixer des dates en matière de prophétie, et Jésus a interdit de deviner des dates quand il a dit : « quant au jour et à l’heure, personne ne les connaît. » (Matthieu 24:36) Dieu a prévu que ce jour soit inattendu, mais aussi que son peuple soit préparé à l’inattendu.
d. Quand les hommes diront : « Paix et sécurité ! » alors une ruine soudaine fondra sur eux. La nature inattendue de ce jour sera une tragédie pour les non-croyants. Assoupis par la situation politique et économique, ils seront brutalement réveillés. Ils entendront le verdict effrayant : « ils n’y échapperont pas. »
i. Quand « tout va bien » et « rien à craindre » seront sur les lèvres des hommes. (J. D. D. Moffatt)
ii. Cette venue soudaine, à une époque où beaucoup diront « Paix et sécurité ! », est sans doute distincte de la venue de Jésus décrite dans Matthieu 24:15-35: En effet, la venue de Jésus décrite dans Matthieu 24:15-35 surviendra, elle, à une époque de grandes catastrophes mondiales, où personne ne pourra dire « Paix et sécurité ! » La comparaison de ces passages ne peut que nous amener à conclure que la seconde venue de Jésus prendra, d’une manière ou d’une autre, deux aspects :
·Un aspect de sa venue est qu’elle se produira à une heure inattendue, l’autre est qu’elle est positivement prédite ;
·Une venue se produira dans un monde « normal », l’autre dans un monde en proie à des cataclysmes ;
·Une venue se produira en allant à sa rencontre dans les airs (1 Thessaloniciens 4:16-17), l’autre se produira en le voyant venir avec les saints (Zacharie 14:5).
e. Comme les douleurs sur la femme enceinte. L’expression « douleurs sur la femme enceinte » suggère à la fois l’inévitabilité et la soudaineté. Jésus a utilisé la même idée dans Matthieu 24:8, lorsqu’il a qualifié les calamités précédant la fin des temps de commencement des douleurs, ce qui se traduirait littéralement le début des douleurs de l’enfantement. L’idée est à la fois de donner naissance à une nouvelle ère et de sous-entendre une augmentation de l’intensité et de la fréquence de ces calamités.
i. Parlant de « comme les douleurs sur la femme enceinte », John Trapp dit qu’elles sont : « 1: Certaines ; 2: Soudaines ; 3: Irrésistibles, inévitables. »
2. (4-5) Fondement des exhortations de Paul.
Mais vous, frères et sœurs, vous n’êtes pas dans les ténèbres pour que ce jour vous surprenne comme un voleur. Vous êtes tous des enfants de la lumière et des enfants du jour. Nous ne sommes pas de la nuit ni des ténèbres.
a. Mais vous, frères et sœurs, vous n’êtes pas dans les ténèbres. Paul commence par dire aux chrétiens de Thessalonique que, pour ce qui est de leur comportement, ils doivent être ce qu’ils sont. Dieu a fait de nous des enfants de la lumière et des enfants du jour. Le temps où nous étions de la nuit ou des ténèbres est révolu. Il nous faut donc vivre à la hauteur de ce que Dieu a fait de nous .
i. « Dans les langues sémitiques, être “enfant” de quelque chose signifie avoir les caractères de ladite chose. » (L. Morris)
b. Pour que ce jour vous surprenne comme un voleur. Paul révèle ici que pour les croyants qui mènent une vie conforme à leur nature d’enfants de lumière et du jour, le Jour du Seigneur ne les surprendra pas comme un voleur. Ils seront bien prêts pour le retour de Jésus-Christ.
i. « Paul est ainsi passé de la considération du jour du Seigneur à la pensée que les Thessaloniciens n’ont rien à craindre de la venue de ce jour. Et cela a évolué vers la pensée que leur vie doit être en harmonie avec tout ce que ce jour représente. » (L. Morris)
ii. D’une certaine manière, la venue de Jésus sera une surprise pour tous, car personne ne connaît le jour ni l’heure (Matthieu 24:36). Mais pour les chrétiens qui connaissent les temps et les moments, ce ne sera pas une surprise totale. De manière générale, personne ne connaît l’heure exacte à laquelle un voleur peut venir, mais certains individus vivent en étant préparés contre des voleurs éventuels. Ceux qui ne sont pas dans les ténèbres, qui vivent comme des enfants de la lumière et des enfants du jour, ceux-là sont prêts pour le retour de Jésus.
iii. Mais si on est dans les ténèbres – peut-être pris dans certains des péchés contre lesquels Paul a mis en garde précédemment dans cette lettre – alors on ne peut être prêt et on doit faire de son mieux pour se préparer pour le retour de Jésus.
3. (6-8) Exhortations de Paul : soyez éveillés, sobres et vigilants.
Ne dormons donc pas comme les autres, mais veillons et soyons sobres. En effet, ceux qui dorment dorment la nuit, et ceux qui s’enivrent s’enivrent la nuit. Mais nous qui sommes du jour, soyons sobres, enfilons la cuirasse de la foi et de l’amour et ayons pour casque l’espérance du salut.
a. Ne dormons donc pas. Puisque nous n’appartenons ni à la nuit ni aux ténèbres (1 Thessaloniciens 5:5), notre condition spirituelle ne doit jamais être marquée par le sommeil. Spirituellement parlant, nous devons être actifs et avisés, autrement dit veiller et être sobres.
i. Ne dormons pas. Paul utilise ici un terme différent de celui utilisé dans 1 Thessaloniciens 4:13 qui peut aussi être traduit par dormir, mais en référence à la mort. « Le terme dormir est utilisé ici métaphoriquement pour désigner l’indifférence des croyants aux réalités spirituelles. C’est un terme différent de celui utilisé au chapitre 4:13-15 qui, lui, fait référence au sommeil de la mort. Le terme utilisé ici couvre toutes sortes de négligences ou d’insensibilité morale et spirituelle. » (D. E. Hiebert)
ii. Dormir s’applique à différentes choses qui appartiennent au monde (les autres), mais qui ne devraient pas caractériser les chrétiens :
·Dormir évoque l’ignorance ;
·Dormir évoque l’insensibilité ;
·Dormir évoque l’absence de défense;
·Dormir évoque l’inactivité.
iii. C. Spurgeon, dans une prédication basée sur ce texte et intitulée « Réveillez-vous ! Réveillez-vous ! », prend trois images puissantes pour démontrer la folie et la tragédie des chrétiens qui dorment :
·Une ville frappée par la peste, dans laquelle un fonctionnaire arpente les rues en criant : « Faites sortir les morts ! Faites sortir les morts ! » Et, pendant ce temps, un médecin, qui a le remède en poche, dort ;
·Un navire plein de passagers, qui tangue sous la tempête et qui est sur le point de s’écraser sur des rochers, entraînant la mort quasi certaine de centaines de passagers. Et, pendant ce temps, le capitaine dort ;
·Un prisonnier dans sa cellule, sur le point d’être conduit pour être exécuté ; terrifié à l’idée d’être pendu, terrifié par la mort et par ce qui l’attend après la mort. Et, pendant ce temps, un homme, porteur d’une lettre qui amnistie ledit condamné, reste dans une autre pièce et dort.
iv. Sobre ne signifie pas dépourvu d’humour. Sobre s’applique à une personne qui connaît la juste valeur des choses et qui, par conséquent, ne s’enthousiasme pas trop pour les choses de ce monde. Celui ou celle qui vit sa vie pour le plaisir et le divertissement n’est pas sobre.
v. En prônant la sobriété, Paul ne pense pas à ceux qui étouffent tout enthousiasme et ferveur pour Jésus, en promouvant ce qu’ils croient être un mode de vie plus équilibré. Paul lui-même est un fervent disciple de Jésus et cela lui a valu d’être accusé de fanatisme religieux. Le gouverneur romain Festus qualifie Paul de fou (Actes 26:24), et les Corinthiens pensent qu’il fait preuve de folie(2 Corinthiens 5:13).
b. En effet, ceux qui dorment dorment la nuit, et ceux qui s’enivrent s’enivrent la nuit. Le contraire de la vigilance spirituelle est de dormir spirituellement. Le contraire de la sobriété spirituelle est de s’enivrer spirituellement. Si nous sommes chrétiens, nous sommes du jour et devons donc veiller et être sobres.
c. Enfilons la cuirasse de la foi et de l’amour et ayons pour casque l’espérance du salut. Pour illustrer l’idée de vigilance, Paul emprunte celle de l’armure du soldat. Un soldat est un bon exemple d’une personne qui doit veiller et être sobre, et qui pour ce faire est équipé de son armure.
i. Si on compare la description de l’armure spirituelle faite ici avec celle d’Éphésiens 6, on ne trouve pas de corrélation exacte entre les deux. Cela indique que Paul conçoit l’idée d’armure spirituelle comme une image utile, et non comme quelque chose de figé dans ses détails.
ii. La foi et l’amour sont représentés par la cuirasse puisque la cuirasse protège les organes vitaux. Aucun soldat ne va au combat sans sa cuirasse, et aucun chrétien n’est équipé pour mener sa vie chrétienne sans la foi et l’amour.
iii. L’espérance du salut est représentée par le casque, puisque le casque protège la tête, ce qui est tout aussi essentiel que la cuirasse. L’espérance n’est pas utilisée ici dans le sens d’un vœu pieux, mais plutôt dans le sens d’une attente confiante de la main de Dieu dans l’avenir.
4. (9-10) Sécurité de notre avenir.
En effet, Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à la possession du salut par notre Seigneur Jésus-Christ, qui est mort pour nous afin que, soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions ensemble avec lui.
a. En effet, Dieu ne nous a pas destinés à la colère. Avant d’avoir l’espérance du salut (1 Thessaloniciens 5:8), nous étions destinés à la colère. Nous ne sommes plus destinés à la colère, mais plutôt à la possession du salut par notre Seigneur Jésus-Christ.
i. La colère. Il est important de comprendre que Paul parle de la colèrede Dieu. Nous sommes sauvés du monde, de la chair et du diable. Mais avant tout cela, nous sommes d’abord sauvés de la colère de Dieu, la colère que nous méritons. Le contexte de Paul ici est celui du sauvetage du croyant de la colère de Dieu
ii. Nous étions destinés à la colère de deux manières. D’abord à cause de ce qu’Adam nous a fait, à nous comme à toute l’humanité (Romains 5:14-19). Ensuite, à cause de nos propres péchés. Lorsque Jésus est mort sur la croix, il a pris sur lui notre sort de destinés à la colère et l’a échangé contre l’offre de nous destiner à la possession du salut. Lorsque nous qui sommes croyants, nous pensons être destinés à la colère, nous nous présentons à un rendez-vous déjà annulé par Jésus.
iii. Qui est mort pour nous. Jésus est mort à notre place. Jésus n’est pas seulement mort pour nous, dans le sens de nous faire une faveur ; mais il est mort pour se substituer à nous.
b. En effet, Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à la possession du salut. Paul met ici côte à côte deux idées intéressantes. Le terme « destinés » met l’accent sur la souveraineté de Dieu, tandis que le terme « possession » met l’accent sur l’effort humain. Ensemble, ces termes montrent que la pleine portée du salut implique à la fois l’initiative divine et l’effort humain.
c. Soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions ensemble avec lui. Une fois en possession du salut par notre Seigneur Jésus-Christ, nous vivrons pour toujours avec lui. La promesse de l’unité avec Jésus est irrévocable ; que nous vivions ou mourions (soit que nous veillions, soit que nous dormions), nous serons toujours avec lui.
i. Qui est mort pour nous… soit que nous veillions, soit que nous dormions. La mort de Jésus n’est pas adoucie par le fait de l’appeler un sommeil, mais notre mort à nous peut être appelée dormir. Sa mort est la mort, afin que la nôtre ne soit que dormir.
5. (11) Notre privilège : nous encourager les uns les autres.
C’est pourquoi encouragez-vous les uns les autres et édifiez-vous mutuellement, comme vous le faites déjà.
a. C’est pourquoi encouragez-vous les uns les autres. Paul dit à nouveau de ne pas chercher à être encouragé, mais à encourager. Si tous les chrétiens avaient à cœur de s’encourager les uns les autres, alors tous seraient encouragés.
b. Et édifiez-vous mutuellement.Édifier signifie bâtir. Celui, qui cherche avant tout à édifier les autres chrétiens, sera, à son tour, édifié par Dieu. L’idée est que l’Église soit composée de participants actifs, et non de spectateurs passifs.
i. « Il est clair que dans les Églises primitives, le soin des âmes n’était pas délégué à un seul individu, ni même aux frères les plus doués ; c’était une œuvre à laquelle chaque croyant pouvait prendre part. » (D. E. Hiebert)
c. Comme vous le faites déjà. Les Thessaloniciens s’encourageaient déjà entre eux, et il y avait bien sûr des personnes édifiées. Mais ils devaient continuer à encourager les autres, et le faire de plus en plus.
B. Recommandation et exhortation.
1. (12-13) Paul recommande et exhorte les Thessaloniciens à faire trois choses pour leurs dirigeants.
Nous vous demandons, frères et sœurs, de reconnaître ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur et qui vous avertissent. Ayez beaucoup d’estime et d’amour pour eux à cause de leur travail. Soyez en paix entre vous.
a. Reconnaître ceux qui travaillent parmi vous. Les chrétiens doivent reconnaître leurs responsables, et ces derniers sont décrits de trois manières.
i. Ceux qui travaillent parmi vous. Les responsables se reconnaissent non pas par leur titre, mais par le service qu’ils rendent à la communauté. Un titre c’est bien, mais seulement s’il est vrai et s’il décrit ce que la personne représente réellement devant Dieu et devant les hommes.
ii. Qui vous dirigent dans le Seigneur. Les responsables se reconnaissent parce qu’ils dirigent l’assemblée, dans le sens où ils gouvernent et assurent la direction, comme un berger sur ses brebis. Ceci décrit un ordre d’autorité clair et légitime.
iii. Et qui vous avertissent. Les responsables se reconnaissent par le fait qu’ils avertissent l’assemblée. Avertir signifie « mettre en garde ou réprimander doucement ; prévenir ». Leon Morris dit de ce terme : « Il a un ton fraternel, mais comme émanant d’un grand-frère. »
iv. « La formulation grecque est constituée de trois participes réunis sous un seul article, indiquant ainsi qu’il ne s’agit pas de trois groupes distincts, mais d’une seule classe d’hommes remplissant une triple fonction. » (D. E. Hiebert)
b. Ayez beaucoup d’estime et d’amour pour eux. Les chrétiens doivent avoir de l’estime pour leurs responsables, et vraiment beaucoup d’estime et d’amour pour eux. Ils leur doivent cela à cause de leur travail. Les responsables ne méritent pas d’être estimés en raison de leur titre ou de leur personnalité, mais en raison de leur travail au service du peuple de Dieu.
i. « Les ministres chrétiens, qui prêchent la vérité pure et œuvrent à la prédication et à la doctrine, méritent plus que du respect ; l’apôtre ordonne qu’ils soient abondamment et surabondamment estimés ; et cela doit être fait avec amour. » (A. Clarke)
ii. Paul mentionne à deux reprises le travail du ministre et le relie au respect que ces serviteurs doivent recevoir de la part de ceux qu’ils servent. Cela suggère au moins deux choses :
·Si les fidèles connaissent et comprennent le travail accompli par ceux qui les supervisent spirituellement, ils apprécieront et respecteront davantage les responsables ;
·Le travail est un aspect essentiel du ministère, et il n’y a pas de place pour un pasteur paresseux. « Il dit premièrement qu’ils travaillent : il s’ensuit donc que tous les oisifs… sont exclus du nombre des pasteurs. » (J. Calvin)
iii. « Les termes grecs ont une emphase difficile à exprimer en français, incorporant l’estime et l’amour dans le sens d’une hyperbole ; leur amour doit être uni à l’estime et l’estime à l’amour, et les deux devaient abonder et surabonder envers eux. » (M. Poole)
iv. Si un chrétien ne parvient pas à témoigner de l’estime et de l’amour à son pasteur, il doit soit s’agenouiller et demander au Saint-Esprit de changer son cœur, ou bien s’en aller ailleurs dans une autre Église et se placer sous la direction d’un autre pasteur pour qui il a de l’estime et qu’il aime.
c. Soyez en paix entre vous. Par ce simple commandement, Paul dit aux chrétiens de mettre de côté toutes leurs querelles et disputes. C’est une excellente façon d’avoir de l’estime et de l’amour pour les responsables de votre Église.
2. (14-15) Les Thessaloniciens sont exhortés par Paul à savoir gérer les personnes difficiles.
Nous vous y invitons, frères et sœurs : avertissez ceux qui vivent dans le désordre, réconfortez ceux qui sont abattus, soutenez les faibles, faites preuve de patience envers tous. Veillez à ce que personne ne rende à autrui le mal pour le mal, mais recherchez toujours le bien, soit entre vous, soit envers tous les hommes.
a. Nous vous y invitons.Inviter c’est dire à quelqu’un ce qu’il doit faire, mais sans agressivité ni esprit critique. Ce n’est pas une réprimande ou une condamnation, et ce n’est pas non plus une simple suggestion ou un conseil. C’est faire montre d’urgence et de sérieux, mais associé avec l’encouragement.
b. Avertissez ceux qui vivent dans le désordre, réconfortez ceux qui sont abattus, soutenez les faibles, faites preuve de patience envers tous. Paul dit aux Thessaloniciens – à tout le peuple, et pas seulement aux pasteurs et autres responsables – d’exercer leur ministère de diverses manières, en tenant compte de l’état de la personne auprès de qui ils l’exercent. Si la personne vit dans le désordre, le devoir du chrétien est de l’avertir. Un autre aura, quant à lui, besoin d’encouragement, un autre encore aura plutôt besoin d’être soutenu.
i. Ceux qui vivent dans le désordre sont ceux qui ne se conforment pas à l’ordre donné ; c’est ici un terme d’emprunt militaire qui désigne le soldat qui rompt les rangs ou la marche au pas. Il s’agit de personnes obstinées qui ne s’en tiennent qu’à leurs propres opinions ou préférences. Elles doivent être averties.
ii. Ceux qui sont abattus sont ceux qui sont littéralement faibles d’esprit. Ils ont, naturellement ou par expérience, tendance à être timides et à manquer de courage. Ils ont besoin d’être encouragés – dans le sens d’être assistés, fortifiés.
iii. Les faibles doivent être soutenus et aidés, de manière à développer leurs propres forces plutôt qu’à perpétuer leurs faiblesses.
iv. Certains commentateurs pensent que Paul s’est déjà adressé à ces trois groupes de personnes dans des passages antérieurs de 1 Thessaloniciens. Si tel est le cas, lesdits passages fournissent de bons exemples de la manière de s’adresser aux personnes de chaque catégorie :
·Ceux qui vivent dans le désordre. Les paresseux de 1 Thessaloniciens 4:11-12 ;
·Ceux qui sont abattus. Ceux qui s’inquiètent pour leurs proches disparus dans 1 Thessaloniciens 4:14-17 ;
·Les faibles. Ceux qui souffrent sous la tentation de tomber dans l’immoralité dans 1 Thessaloniciens 4:2-8:
c. Faites preuve de patience envers tous. Bien que différentes approches soient nécessaires selon les personnes, les chrétiens doivent faire preuve de patience envers tous. En effet, le véritable christianisme se manifeste par sa capacité à aimer et à aider les personnes difficiles. On n’a pas à rechercher uniquement des personnes parfaites auprès de qui ou avec qui exercer notre ministère.
d. Veillez à ce que personne ne rende à autrui le mal pour le mal . Le chrétien ne doit jamais chercher à se venger, mais laisser Dieu prendre son parti. Au contraire, nous devonsrechercher toujours le bien, soit entre nous, soit envers tous les hommes. Un cœur qui pardonne aux autres est bénéfique non seulement aux personnes pardonnées, mais aussi à la personne qui pardonne.
i. Dans le passage suivant, Paul va aborder des sujets plus spirituels tels que la prière, l’action de grâce et l’adoration. Mais avant ces questions spirituelles ou religieuses, il enseigne sur les bonnes relations ; comme Jésus l’a clairement indiqué, nous devons préalablement nous mettre en règle avec les hommes avant d’adorer Dieu (Matthieu 5:23-24).
3. (16-18) À propos d’adoration personnelle.
À propos de ces versets, James Moffatt a écrit ce qui suit : « Commenter adéquatement ces éclats de diamant reviendrait à esquisser l’histoire de l’expérience chrétienne dans ses dimensions les plus élevées. »
Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse, exprimez votre reconnaissance en toute circonstance, car c’est la volonté de Dieu pour vous en Jésus-Christ.
a. Soyez toujours joyeux. Être joyeux non seulement dans des circonstances heureuses, mais aussi dans des circonstances pénibles. Le chrétien peut effectivement être toujours joyeux, car sa joie ne repose pas sur les circonstances, mais sur Dieu. Les circonstances changent, mais Dieu, lui, ne change pas.
i. « Je me dois de mentionner, parmi les curiosités des Églises, que j’ai rencontré de nombreux chrétiens profondément spirituels qui avaient peur de se réjouir… Certains avaient une vision de la religion telle que c’était pour eux un devoir sacré d’être mornes. » (C. H. Spurgeon)
ii. « Tournez les pages de ce livre et voyez s’il s’y trouve un précepte que le Seigneur vous a donné disant : “Gémissez toujours dans le Seigneur, et je le redis, gémissez.” Vous pouvez gémir si vous le souhaitez. Vous avez la liberté chrétienne de le faire ; mais, en même temps, croyez que vous avez une plus grande liberté, celle de vous réjouir, car c’est ce qui vous est prescrit. » (C. H. Spurgeon)
b. Priez sans cesse. Les chrétiens doivent prier continuellement. Il ne s’agit pas d’incliner la tête, fermer les yeux et joindre les mains sans cesse, car ce ne sont que des coutumes de prière, et non la prière elle-même. La prière est une communication avec Dieu, et nous pouvons vivre chaque minute de la journée dans une conversation constante et fluide avec Dieu.
i. Prendre un temps pour s’isoler de toute distraction et se focaliser sur Dieu dans un espace de prière est d’une valeur importe (Matthieu 6:6). Mais la communion avec Dieu tout au long de la journée a aussi sa place – et elle est d’une grande valeur.
ii. Ce commandement a de nombreuses implications précieuses :
·L’usage de la voix n’est pas un élément essentiel de la prière ;
·La posture de prière n’a pas une importance primordiale ;
·Le lieu de prière n’est pas d’une grande importance ;
·Un moment précis de prière n’est pas important ;
·Un chrétien ne devrait jamais se retrouver dans des milieux où il ne peut pas prier.
c. Exprimez votre reconnaissance en toute circonstance. Nous n’exprimons pas notre reconnaissancepour toute chose, mais en toute circonstance. Nous reconnaissons que c’est la main souveraine de Dieu qui est aux commandes, et non le destin aveugle ou le hasard.
i. « Lorsque la joie et la prière se marient, leur premier enfant est la gratitude. » (C. H. Spurgeon)
d. Car c’est la volonté de Dieu pour vous en Jésus-Christ. Après chacune de ces exhortations – Soyez toujours joyeux ; Priez sans cesse ; Exprimez votre reconnaissance en toute circonstance – il nous est dit de le faire car c’est la volonté de Dieu. La pensée n’est pas : « C’est la volonté de Dieu, vous devez le faire. » La pensée est plutôt : « C’est la volonté de Dieu, vous pouvez le faire. » Ce n’est pas facile d’être toujours joyeux ; de prier sans cesse ; d’exprimer notre reconnaissance en toute circonstance, mais c’est faisable car c’est la volonté de Dieu.
4. (19-22) Le culte public encouragé par Paul.
N’éteignez pas l’Esprit, ne méprisez pas les prophéties, mais examinez tout et retenez ce qui est bon. Abstenez-vous de toute forme de mal.
a. N’éteignez pas l’Esprit. Nous pouvons éteindre le feu de l’Esprit par nos doutes, notre indifférence, notre rejet de sa personne ou par la distraction des autres. Lorsque les gens commencent à attirer l’attention sur eux-mêmes, c’est un moyen sûr d’éteindre l’Esprit.
i. « “Éteindre” s’applique à proprement parler au fait d’éteindre une flamme, comme celle d’un feu (Marc 9:48) ou d’une lampe (Matthieu 25:8). Ce verset est le seul passage du Nouveau Testament où ce verbe est utilisé au sens figuré. » (L. Morris). Pour Robert L. Thomas, cette expression peut être traduite plus littéralement par : « Cessez d’éteindre le feu de l’Esprit. »
ii. Par conséquent, ce commandement repose sur l’image familière du Saint-Esprit comme un feu ou une flamme. Bien qu’il existe un sens dans lequel le feu ne peut être créé, nous pouvons créer un environnement dans lequel il peut brûler intensément. Mais une flamme peut s’éteindre lorsqu’elle est ignorée et n’est plus alimentée, ou lorsqu’elle est étouffée par quelque chose d’autre.
iii. « Et l’Esprit s’éteint chez les autres comme en nous-mêmes ; les fidèles peuvent l’éteindre chez leurs ministres en les décourageant, ou les uns chez les autres par de mauvais exemples, ou en faisant des reproches au zèle et à. la hardiesse qu’on voit chez les autres. » (M. Poole)
b. Ne méprisez pas les prophéties. Nous reconnaissons que le Seigneur continue à parler à son peuple et par son intermédiaire, et nous apprenons à être ouverts à sa voix. Bien entendu, nous examinons toujours les prophéties (conformément au commandement « examinez tout »), mais nous ne les méprisons pas.
i. Il est fort possible que la prophétie soit méprisée parce que certains abusent de ce don. Il y a des paresseux chez les Thessaloniciens (1 Thessaloniciens 4:11-12), qui spiritualisent peut-être leur oisiveté par la prophétie. Il y a également parmi eux des personnes qui fixent des dates et spéculent sur la fin des temps (2 Thessaloniciens 2:1-5), étayant peut-être leurs spéculations par une prétendue autorité prophétique.
c. Mais examinez tout et retenez ce qui est bon. Le mal et la tromperie peuvent se manifester même dans un contexte spirituel ; il est donc important pour les chrétiens d’examiner tout. Après avoir examiné (selon la Parole de Dieu et le discernement spirituel des responsables), on doit ensuite retenir fermement ce qui est bon.
i. Entre son dernier séjour auprès des Thessaloniciens et la rédaction de cette lettre, Paul s’est rendu à Bérée (Actes 17:10-12). Là, les chrétiens étaient d’un caractère noble, car ils entendaient la prédication de Paul puis examinaient attentivement les Écritures pour vérifier la véracité de ses paroles. Paul souhaite alors que les Thessaloniciens aient le même genre de cœur et d’esprit que les chrétiens de Bérée.
d. Abstenez-vous de toute forme de mal. Après examen, tout aspect du mal doit être rejeté, notamment le mal teinté d’une image spirituelle.
i. « Le terme forme (eidous) signifie littéralement “ce qui est vu”, c’est-à-dire l’apparence, l’extérieure. Il désigne la forme extérieure sous laquelle le mal se présente… On doit fuir le mal sous quelque forme ou apparence dans laquelle il se présente. » (D. E. Hiebert)
ii. « Le sens est “le mal qui est visible” et non “qui paraît être mal.” » (L. Morris)
C. Conclusion.
1. (23-24) Une sanctification totale, comme l’œuvre de Dieu en nous.
Que le Dieu de la paix vous conduise lui-même à une sainteté totale et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irréprochable lors du retour de notre Seigneur Jésus-Christ ! Celui qui vous appelle est fidèle, c’est aussi lui qui le fera.
a. Que le Dieu de la paix vous conduise lui-même à une sainteté totale. Le terme sainteté transmet l’idée de « mettre à part » – créer quelque chose de différent et de distinct, rompre avec d’anciennes associations et en former une nouvelle. Par exemple, une robe est une robe ; mais une robe de mariée est sanctifiée – mise à part pour un but particulier et glorieux. Dieu veut que nous soyons mis à part pour lui.
i. L’accent est mis ici sur « totale » : « L’adjectif (holoeleis), qui n’apparaît qu’ici dans le Nouveau Testament, est un mot-composé de holos, “entier”, et telos, “fin”. Sa connotation fondamentale est « atteindre pleinement la fin, atteindre le but visé », ce qui signifie qu’aucune partie n’est laissée de côté. » (D. E. Hiebert)
b. Vous conduise lui-même à une sainteté. Paul indique clairement que la sainteté est l’œuvre de Dieu en nous. Il met l’accent sur les expressions « lui-même », « soit conservé », « celui qui vous appelle est fidèle » et « c’est aussi lui qui le fera. » Ces éléments complètent les exhortations précédentes de Paul. De tout ce qu’il recommande aux chrétiens de faire, mentionné dans 1 Thessaloniciens 4:1 jusqu’à 5:22, il n’a jamais voulu dire qu’ils doivent le faire par leur propre force. Beaucoup de chrétiens sont vaincus pour avoir voulu s’en sortir par eux-mêmes plutôt qu’en raison des attaques sataniques.
i. « La manière dont il opère la transition… indique que c’est seulement par la puissance du Dieu qu’il invoque que les exhortations qu’il donne peuvent être mises en pratique. “Je vous ai exhortés à faire certaines choses, mais ce n’est que par la force de Dieu que vous pourrez les accomplir.” » (L. Morris)
c. Que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irréprochable. L’usage par Paul des termes « esprit, âme et corps » dans ce passage a conduit de nombreuses personnes à adopter ce que l’on appelle une vision trichotomique de l’homme, laquelle proclame que l’homme est composé de trois parties distinctes : l’esprit, l’âme et le corps.
i. Cette vision a sa part de mérite, mais elle est aussi problématique. On peut, en effet, lui opposer que Marc 12:30 divise la nature humaine en quatre parties (le cœur, l’âme, la pensée et la force), et que 1 Corinthiens 7:34 la divise en deux parties (le corps et l’esprit). Dans certains passages, les termes « âme » et « esprit » semblent être synonymes, tandis que dans d’autres, ils semblent distincts et difficiles à définir précisément. Il semble que la personne humaine présente effectivement ces trois aspects différents, mais la signification spécifique de l’esprit ou l’âme doit être déterminée par le contexte.
ii. Dean Alford, un grand érudit du grec, a décrit l’esprit et l’âme comme suit :
· « L’ESPRIT (pneuma) est la partie la plus élevée et la plus distinctive de l’homme, ce qui est immortel. »
·« L’ÂME est l’âme inférieure ou animale, qui contient les passions et les désirs que nous partageons avec les brutes, mais qui, en nous, est anoblie et nourrie par l’esprit. »
iii. Étant la partie intérieure et immatérielle de l’homme, qui peut exister indépendamment de la vie spirituelle, l’âme se connecte au monde par les sens du corps physique. Elle se connecte à Dieu par la foi, que l’on peut qualifier de « sens » de l’esprit. Nous avons tendance à considérer l’esprit comme l’âme, mais nous pouvons aussi le considérer comme étant plutôt similaire au corps, à savoir un réceptacle pour notre interaction avec le monde spirituel.
iv. Puisque l’âme et l’esprit renvoient tous deux à la partie immatérielle de l’homme, ces notions sont facilement confondues. Il arrive souvent qu’une expérience destinée à édifier l’esprit en vienne plutôt à ne bénir que l’âme. Il n’y a rien de mal à être enflammé et béni au niveau de l’âme, mais rien en cela ne nous édifie spirituellement. C’est pourquoi de nombreux chrétiens passent d’une expérience enflammée à une autre sans jamais véritablement grandir spirituellement – le ministère qu’ils reçoivent est au niveau de l’âme.
d. Que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irréprochable. On peut considérer cet ordre comme étant inspiré. Dieu veut qu’il y ait une hiérarchie dans la personne humaine, ordonnée d’abord au niveau de l’esprit, puis de l’âme, et enfin du corps.
i. Cela ne veut pas dire que le corps est intrinsèquement mauvais, car cela contredirait l’idée principale de Paul ici, à savoir que la personne tout entière – l’esprit, l’âme et le corps – est mise à part et conservée dans la sainteté totale par Dieu. Dieu sauve notre corps autant que notre esprit ou notre âme, et le corps joue un rôle précis et important dans tout le plan du salut : il ressuscitera en un corps nouveau.
ii. Dieu a conçu l’être humain pour vivre selon cet ordre de l’esprit, l’âme et le corps, et non l’inverse le corps, l’âme, l’esprit. Nous devons sublimer les besoins du corps en ceux de l’âme, et les besoins du corps et de l’âme en ceux de l’esprit.
iii. C’est ainsi que Dieu agit en nous. « Remarquez l’ordre : l’esprit, l’âme, le corps. La shekhinah (gloire) de sa présence resplendit dans le Saint des Saints, puis se répand dans le lieu saint, puis dans le parvis extérieur, jusqu’à ce que les voilages mêmes du corps soient illuminés de sa lumière. » (F. B. Meyer)
2. (25-26) Requête de prière et salutation.
Frères et sœurs, priez pour nous.
Saluez tous les frères et sœurs par un saint baiser.
a. Frères et sœurs, priez pour nous. Paul est apôtre, et l’Église de Thessalonique est composée de jeunes chrétiens. Paul continue à croire qu’il a besoin de leurs prières, aussi demande-t-il simplement : « priez pour nous ».
i. « Dieu exige de son peuple qu’il prie pour ses ministres ; et il n’est pas étonnant que ceux qui ne prient pas pour leurs prédicateurs ne tirent aucun profit de leur enseignement. » (A. Clarke)
b. Saluez tous les frères et sœurs par un saint baiser. L’intention de Paul est de demander à ceux qui vont lire la lettre de saluer tous les chrétiens de Thessalonique de sa part. S’il y avait été présent en personne, il aurait lui-même salué tous les frères et sœurs par un saint baiser, mais n’étant pas présent sur place, il se contente de leur transmettre sa salutation par cette lettre.
i. « Apparemment, à cette époque, les sexes étaient séparés dans l’assemblée, de sorte que les hommes embrassaient les hommes et les femmes embrassaient les femmes… Il arriva ensuite que le baiser était échangé entre hommes et femmes, et cela devint l’occasion pour les détracteurs d’accuser les chrétiens d’impureté. Les embarras qui en résultèrent ont donné lieu, lors des premiers conciles de l’Église, à de nombreuses réglementations concernant cette pratique. » (D. E. Hiebert)
3. (27-28) Conclusion de la lettre.
Je vous en supplie par le Seigneur : que cette lettre soit lue à tous les frères et sœurs !
Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous !
a. Je vous en supplie par le Seigneur. Paul utilise ici une expression forte. Il est important que cette lettre soit lue par les chrétiens. C’est une déclaration inhabituelle, unique dans les lettres de Paul. De nombreuses raisons ont été avancées pour expliquer pourquoi Paul estime devoir ajouter cette phrase à la fin de sa lettre :
·Comme c’est sa première lettre et qu’il n’existe pas encore de coutume de lecture publique de ses lettres, il veut s’assurer que cette pratique soit désormais établie ;
·Puisque la lettre remplace sa présence en personne, Paul ne veut pas que la déception de son absence puisse en freiner la diffusion ;
·C’est pour Paul une manière de s’assurer que l’Église va entendre la lecture de sa lettre de première main et non par des intermédiaires qui auraient pu en déformer le message ;
·Paul craint peut-être que les gens recherchent les passages de la lettre qui abordent les sujets qui les intéressent le plus et qu’ils ignorent les autres parties.
i. « Et nous pouvons donc aussi prouver contre les papistes qu’il faut que cette épître soit portée à la connaissance du peuple saint, tous les frères et sœurs, et pas seulement du clergé ; et qu’elle soit lue dans leur propre langue, car c’est sans doute de cette manière que cette épître a été lue dans une langue que le peuple comprenait. » (M. Poole)
b. Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous. Presque toutes les lettres de Paul commencent et se terminent avec la notion de la grâce. La même chose est également vraie pour presque tout ce que Dieu veut dire à son peuple.
i. La grâce est la faveur imméritée de Dieu, le don de son amour et de son acceptation qu’il nous accorde en raison de qui il est et de ce que Jésus a fait. La grâce signifie qu’il nous aime, et toutes les raisons sont en lui. La grâce signifie que nous pouvons cesser de nous efforcer à gagner son amour et commencer simplement à le recevoir.
ii. Il est juste que cette lettre – la première qui nous soit parvenue de la correspondance de Paul avec les Églises – pleine d’amour, d’encouragement et d’instruction, se termine sur une note de grâce.
iii. « Tout ce que Dieu veut nous dire – et dans toutes les lettres du Nouveau Testament, il y a des choses qui interrogent le cœur et le font trembler – commence et finit avec la grâce… Tout ce que Dieu a été pour l’homme en Jésus-Christ s’y résume : toute sa douceur et sa beauté, toute sa tendresse et sa patience, toute la sainte passion de son amour, sont rassemblées dans la grâce. Que pourrait souhaiter une âme de plus pour une autre, si ce n’est que la grâce du Seigneur Jésus-Christ l’accompagne ? » (W. R. Denney, cité par L. Morris)
©1996–present The Enduring Word Bible Commentary by David Guzik
