Hébreux 10 – Tenir Ferme avec un Sacrifice Parfait
A. Le sacrifice une fois pour toutes de Jésus.
1. (1-4) Les sacrifices de l’ancienne alliance ne pouvaient vraiment pas ôter le péché.
La loi, en effet, possède une ombre des biens à venir, et non l’exacte représentation de la réalité ; elle ne peut jamais, par l’offrande annuelle et toujours répétée des mêmes sacrifices, conduire à la perfection ceux qui y participent. Sinon, n’aurait-on pas cessé de les offrir ? Ceux qui rendent ce culte, purifiés une fois pour toutes, n’auraient en effet plus du tout conscience de leurs péchés. Mais en réalité, le souvenir des péchés est rappelé chaque année par ces sacrifices, car il est impossible que le sang de taureaux et de boucs enlève les péchés.
a. Possède une ombre des biens à venir: L’ancienne alliance (la loi) n’était qu’une ombre de la substance qu’est la nouvelle alliance (voir également Colossiens 2:17 et Hébreux 8:5). L’ombre signifie que la loi était un aperçu et une représentation de l’accomplissement à venir en Jésus, mais n’était pas l’exacte représentation de la réalité.
i. L’ombre n’est pas une mauvaise chose. Une ombre peut parfois être très parlante. Mais l’ombre n’est pas la substance. L’ancienne alliance et sa loi ne sont pas en elles-mêmes mauvaises, elles sont simplement incomplètes et insuffisantes pour apporter la purification totale du péché et pour sauver. L’ombre… ne peut jamais… conduire à la perfection ceux qui y participent.
ii. William Newell note qu’ici la loi est appelée une ombre et non l’exacte représentation de la réalité – elle n’est pas une eikon. « Une représentation, ou eikon, telle qu’une bonne statue ou photographie, révèle des caractéristiques et des faits avec précision. Une ombre ne peut le faire… Or, la loi n’avait que des ombres. » (W. R. Newell)
iii. « Par exemple, imaginez que vous avez besoin d’une quantité de bois. Vous allez voir le bûcheron, et il vous emmène vers un grand chêne dans le coin le plus éloigné du terrain. Pointant son doigt sur la longue ombre que projette le chêne, il vous propose de vous vendre ladite ombre. L’accepteriez-vous ? Or, si Dieu dit que dans la loi il y avait une ombre, et non l’exacte représentation de la réalité – et bien sûr, pas les biens eux-mêmes – pourquoi tiendriez-vous à l’ombre ? » (W. R. Newell)
iv. « Quand le soleil est derrière, l’ombre est devant ; quand le soleil est devant, l’ombre est derrière. Il en était de même pour ces anciens croyants en Christ. Le soleil était derrière, et donc la loi ou l’ombre était devant ; pour nous, sous la grâce, le soleil est devant, et donc actuellement les cérémonies de la loi, ces ombres, sont derrière nous, disparues. » (J. Trapp)
v. « En effet, il est en train de dire que “Sans Christ, on ne peut aller au-delà des ombres de Dieu.” » (W. Barclay). Le terme grec eikon (l’exacte représentation) « suggère ce qui est en soi substantiel et donne également une représentation vraie de ce qu’il représente ». (M. Dods)
b. Sinon, n’aurait-on pas cessé de les offrir ? L’auteur de l’épître aux Hébreux répète un argument familier : la répétition des sacrifices montre leur faiblesse inhérente. Si les sacrifices d’animaux avaient résolu le problème du péché, n’aurait-on pas cessé de les offrir ?
c. Ceux qui rendent ce culte, purifiés une fois pour toutes, n’auraient en effet plus du tout conscience de leurs péchés. Mais en réalité, le souvenir des péchés est rappelé chaque année par ces sacrifices: Chaque sacrifice répété vient en fait rappeler le souvenir des péchés. Ainsi les gens ont sans cesse conscience de leurs péchés. A contrario, l’œuvre de Jésus sur la croix ôte le péché !
i. « Ils ne sont qu’un rappel des péchés. Loin de purifier l’homme, ils lui rappellent qu’il n’est pas purifié et que ses péchés se dressent toujours entre lui et Dieu. » (W. Barclay)
ii. « Une expiation qui nécessite des répétitions constantes n’expie pas vraiment ;une conscience qui doit être purifiée une fois par an n’a jamais été vraiment purifiée. » (T. H. Robinson)
d. Car il est impossible que le sang de taureaux et de boucs enlève les péchés: Le sacrifice d’animaux sous l’ancienne alliance couvrait les péchés. Le terme hébreu pour expiation est kophar, qui signifie littéralement « couvrir ». Mais le sacrifice d’animaux ne pouvait jamais enlever les péchés. Seul Jésus, le sacrifice parfait de la nouvelle alliance, enlève les péchés.
i. « Il y avait pour les prêtres une sorte de tapis roulant de sacrifice… Ce processus était interminable et laissait les hommes toujours conscients de leurs péchés et éloignés de Dieu. » (W. Barclay)
ii. « Le terme traduit “enlever” (aphaireo) a soit le sens d’un enlèvement littéral, comme lorsque Pierre coupa l’oreille du serviteur du grand-prêtre (Luc 22:50), soit comme en Luc 1:25 le sens métaphorique d’ôter l’opprobre. Il signifie l’effacement complet du péché de sorte que ce dernier ne constitue plus un facteur de la situation. Or c’est cela qui est nécessaire et c’est ce que les sacrifices ne pouvaient pas fournir. » (L. Morris)
iii.« Hering, par exemple, souligne que ceci distingue le christianisme des religions à mystères, où les sacrifices des dieux étaient répétés chaque année. En fait, il n’existe aucune autre religion dans laquelle un grand événement apporte le salut à travers les siècles et dans le monde entier. C’est une doctrine distinctive du christianisme. » (L. Morris).
2. (5-10) Psaume 40:6-8 offre un fondement prophétique au sacrifice parfait de Jésus sous la nouvelle alliance.
C’est pourquoi, en entrant dans le monde, Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifices ni offrandes, mais tu m’as formé un corps ; tu n’as accepté ni holocaustes ni sacrifices pour le péché, alors j’ai dit : ‘Me voici, je viens – dans le rouleau du livre il est écrit à mon sujet – pour faire, ô Dieu, ta volonté.’ Il a d’abord dit : Tu n’as voulu et tu n’as accepté ni sacrifices ni offrandes, ni holocaustes ni sacrifices pour le péché – qui sont pourtant offerts conformément à la loi – et ensuite il a déclaré : Me voici, je viens, [ô Dieu,] pour faire ta volonté. Il abolit ainsi le premier culte pour établir le second. Et c’est en raison de cette volonté que nous avons été rendus saints par l’offrande du corps de Jésus-Christ une fois pour toutes.
a. Christ dit: Cette citation est tirée du Psaume 40:6-8 de la version de Septante (la Septante, ou LXX, est la traduction en grec de l’Ancien Testament, la plus couramment utilisée au 1er siècle). Elle révèle que Jésus a prophétiquement déclaré le caractère insuffisant du sacrifice de l’ancienne alliance, et qu’il a exprimé sa volonté d’offrir un sacrifice parfait sous la nouvelle alliance.
i. « C’est le texte de la LXX qui est généralement suivi ici ; il diffère du texte hébreu, principalement en ce qu’il a sōma (corps) plutôt que ōtia (oreilles). »(A. T. Robertson)
b. Tu n’as voulu et tu n’as accepté ni sacrifices ni offrandes: Le nombre de sacrifices d’animaux, faits sous la loi, ne suffisait pas pour plaire à Dieu. À plusieurs reprises dans l’Ancien Testament, Dieu exprime son désir d’obéissance plutôt que de sacrifices.
i. Ni sacrifices ni offrandes… ni holocaustes ni sacrifices pour le péché: « Il est probable que les quatre termes utilisés par le psalmiste pour désigner les sacrifices soient destinés à couvrir tous les principaux types d’offrandes prescrits dans le rituel lévitique. » (A. B. Bruce)
c. Mais tu m’as formé un corps: Au contraire, ce qui plaît à Dieu ne pouvait venir que de Jésus, le Fils de Dieu incarné. Dans l’Incarnation, le corps de Jésus est parfaitement formé et apte à vivre pleinement comme homme et pleinement comme Dieu.
i. « Il ne fait aucun doute que l’auteur est convaincu de la réalité de la préexistence du Christ. » (D. Guthrie)
ii. « Son incarnation est considérée elle-même comme un acte de soumission à la volonté de Dieu et, en tant que telle, une anticipation de sa soumission suprême à cette volonté dans la mort. » (A. B. Bruce)
d. Me voici, je viens… pour faire, ô Dieu, ta volonté: La soumission de Jésus à la volonté de Dieu le Père est parfaitement accomplie dans son obéissance ultime à la croix. Ce désir de faire la volonté de Dieu se manifeste dans le jardin de Gethsémané (Luc 22:39-44) et s’accomplit à la croix.
i. « Pour faire, ô Dieu, ta volonté est le but à atteindre pour l’homme parfait. À l’exception de Jésus, ce but n’a été atteint que partiellement, même par les hommes les plus pieux. Ce que le psalmiste considère comme le but le plus désirable, devient l’expression d’un fait dans la bouche de Jésus. »(D. Guthrie)
e. Me voici, je viens, [ô Dieu,] pour faire ta volonté: Le sacrifice de Jésus a été déterminé avant la fondation du monde (1 Pierre 1:20 ; Apocalypse 13:8). Néanmoins, c’est toujours par un acte de sa volonté que, au temps fixé, il se soumet à l’incarnation et à la croix. C’est en raison de cette volonté que nous avons été rendus saints par l’offrande du corps de Jésus-Christ.
i. Notre sanctification – notre mise à part pour Dieu – repose sur la volonté de Jésus, non sur notre propre volonté. Elle repose sur l’offrande de Jésus, non sur notre propre offrande ou nos propres sacrifices pour Dieu.
f. Une fois pour toutes. Ce sont les mots importants de ce passage, que l’auteur de l’épître aux Hébreux répète à maintes reprises : Une fois pour toutes.
i. « Le sacrifice unique a accompli l’œuvre que la multitude des autres sacrifices n’avaient pas accomplie. On se demande comment les prêtres qui prétendent que la “messe”est le sacrifice répété du corps du Christ expliquent ce verset. » (A. T. Robertson)
ii. « Le grand-prêtre céleste a bien un ministère perpétuel à accomplir en faveur de son peuple à la droite du Père ;mais c’est le ministère d’intercession sur la base du sacrifice présenté et accepté une fois pour toutes. Il ne s’agit pas d’une offrande constante ou répétée de son sacrifice. Cette mauvaise conception a sans doute été entretenue dans l’Église occidentale en conséquence d’une traduction défaillante de la Vulgate qui découle d’une inadéquation bien connue du verbe latin. »(A. B. Bruce)
3. (11-18) L’œuvre parfaite de Jésus-Christ.
Tout prêtre se tient chaque jour debout pour faire le service et offrir fréquemment les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais enlever les péchés, tandis que Christ, après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu. Il attend désormais que ses ennemis soient réduits à lui servir de marchepied. En effet, par une seule offrande il a conduit à la perfection pour toujours ceux qu’il rend saints. C’est ce que le Saint-Esprit nous atteste aussi, car après avoir dit : Voici l’alliance que je ferai avec eux après ces jours-là, dit le Seigneur : je mettrai mes lois dans leur cœur et je les écrirai dans leur esprit, il ajoute : Je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs fautes. Or là où il y a pardon des péchés, il n’y a plus à présenter d’offrande pour le péché.
a. Tout prêtre se tient chaque jour debout pour faire le service: Les prêtres devaient se tenir debout continuellement dans l’exercice de leur travail. Ils travaillaient chaque jour et les sacrifices étaient fréquemment offerts. Les prêtres ne s’asseyaient pas ! En revanche, Jésus, après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu.
i. Tandis que Christ: « À l’opposé de la pluralité des prêtres lévitiques. Un seul sacrifice, et une fois pour toutes ; pas plusieurs sacrifices et souvent, comme eux. » (J. Trapp)
ii. Les sacrifices sous l’ancienne alliance n’ont pu guérir le problème du péché, nous laissant comme un patient ayant continuellement besoin de remèdes, ou comme une mauvaise herbe dont on n’arrache que la tête, mais pas la racine.
iii. En revanche, la posture assise de Jésus est importante. Elle montre que son œuvre est terminée. Il n’a pas besoin de se tenir chaque jour debout pour faire le service et offrir fréquemment les mêmes sacrifices comme devaient le faire les prêtres sous l’ancienne alliance. Au ciel, Jésus continue à exercer son ministère d’intercession en faveur de son peuple. Mais ce ministère découle de son œuvre achevée, aussi peut-il adopter une posture de repos : il s’est assis pour toujours à la droite de Dieu.
iv. Charles Spurgeon souligne que la virgule peut être placée différemment dans la phrase : après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu. Mais il est aussi possible de la traduire comme suit : après avoir offert pour toujours un seul sacrifice pour les péchés, il s’est assis à la droite de Dieu. L’une ou l’autre formulation est autorisée et l’une ou l’autre est correcte, bien que la première traduction qui est plus courante soit probablement préférée.
v. Lorsque Jésus revendique sa place à la droite de Dieu, le grand-prêtre y voit un blasphème – comme si Jésus prétendait être Dieu lui-même (Marc 14:62-63).
b. Que ses ennemis soient réduits à lui servir de marchepied: Ceci anticipe l’achèvement de l’œuvre de Jésus, dont tous les éléments sont liés. L’Incarnation conduit à sa vie parfaite ; sa vie parfaite conduit à sa mort expiatoire ; sa mort expiatoire conduit à sa résurrection ; sa résurrection conduit à son ascension vers la gloire ; son ascension vers la gloire conduit à son retour et à son triomphe sur tout ennemi.
c. Il a conduit à la perfection pour toujours ceux qu’il rend saints: Il est donc clair que l’œuvre de Jésus n’est efficace que pour ceux qu’il rend saints. L’œuvre de Jésus est capable de sauver tout être humain, mais elle n’est efficace que pour sauver ceux qu’il rend saints (met à part pour Dieu).
i. « Quelle glorieuse parole ! Ceux pour qui Christ est mort ont été rendus parfaits par sa mort. Cela ne signifie pas qu’il les a rendus parfaits dans leur caractère de sorte qu’ils ne sont plus pécheurs, mais plutôt que ceux pour qui il est mort il les a rendus parfaitement libres de la culpabilité du péché. Lorsque Christ a pris sur lui leurs péchés, le péché n’est pas resté sur eux, car il ne peut pas être à deux endroits au même moment. » (C. H. Spurgeon)
d. C’est ce que le Saint-Esprit nous atteste aussi…dit le Seigneur: Dans ce passage, l’auteur de l’épître aux Hébreux montre clairement que le Saint-Esprit est le Seigneur, Yahweh de l’Ancien Testament. Quand le Saint-Esprit parle, le Seigneur parle.
i. « Dans ce passage, nous voyons la triple révélation de Dieu, une illustration spirituelle et pratique très précise de la Sainte Trinité, dans la volonté de Dieu (Hébreux 10:9), l’œuvre du Christ (Hébreux 10:12) et le témoignage de l’Esprit (Hébreux 10:15). » (R. L. Thomas)
e. Voici l’alliance: Dans la citation de Jérémie, l’auteur de l’épître aux Hébreux note des promesses de la nouvelle alliance, instituée par le Messie :
i. L’alliance que je ferai avec eux après ces jours-là: L’alliance est effectivement nouvelle. Elle est instituée après ces jours-là ;
ii. Je mettrai mes lois dans leur cœur: La nouvelle alliance se préoccupe de la transformation intérieure. Dieu change le cœur des êtres humains et écrit sa loi dans leur cœur ;
iii. Je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs fautes: La nouvelle alliance offre un pardon complet. Le pardon est si complet que Dieu peut dire : Je ne me souviendrai plus, quand il parle de nos péchés à la lumière de la nouvelle alliance !
iv. Le chrétien doit s’efforcer de faire avec son péché exactement ce que Dieu a fait : l’oublier. Cela nous rappelle en outre que le croyant n’est en aucune façon pris à l’essai. Devant Dieu, son péché passé n’a aucune incidence sur la manière dont Dieu le traite actuellement ;
v. « Le pardon des péchés est la principale caractéristique de la nouvelle alliance. Dans Jérémie, le pardon complet des péchés est promis. Si le pardon est complet, il n’y a plus de place pour les sacrifices lévitiques sous la nouvelle alliance. » (M. R. Vincent)
f. Or là où il y a pardon des péchés, il n’y a plus à présenter d’offrande pour le péché: Là où les péchés sont réellement pardonnés et oubliés, il n’y a plus besoin d’offrande pour le péché.
i. « Avec l’expression il n’y a plus… d’offrande pour le péché, on retrouve la conclusion de la partie doctrinale de cette grande épître aux Hébreux. » (W. R. Newell). Ce qui vient après est essentiellement une exhortation.
ii. « Le Christ qui est mort sur la croix du Calvaire n’aura plus à mourir de nouveau pour mes nouveaux péchés, ni à offrir une nouvelle expiation pour les transgressions que je pourrais encore commettre. Non, au contraire, une fois pour toutes, rassemblant toute la masse des péchés de son peuple en un fardeau colossal, il a pris cela sur ses épaules puis a tout jeté dans le sépulcre où il dormit, et c’est là que tout est enterré, pour ne plus jamais en ressortir et venir témoigner encore contre les rachetés. » (C. H. Spurgeon)
iii. L’œuvre expiatoire de Jésus est terminée. Si cela ne nous suffit pas, alors rien ne le pourra. « Pécheurs coupables, Dieu vous a donné le Christ pour que vous trouviez en lui votre refuge ; et si cela ne vous suffit pas, que voulez-vous de plus ? Christ s’est offert lui-même, il est mort et a souffert à notre place, et il est entré dans sa gloire ; et, si vous ne pouvez pas compter sur lui, que voulez-vous qu’il fasse de plus ? Reviendra-t-il mourir de nouveau ? Vous l’avez rejeté une fois ;vous le rejetteriez encore s’il devait mourir deux fois. »(C. H. Spurgeon)
B. Encouragement des croyants découragés à la lumière du sacrifice parfait de Jésus.
1. (19-21) Un résumé de ce que Jésus a fait pour son peuple.
Ainsi, frères et sœurs, nous avons par le sang de Jésus l’assurance d’un libre accès au sanctuaire. Cette route nouvelle et vivante, il l’a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire de son propre corps. De plus, nous avons un souverain prêtre établi sur la maison de Dieu.
a. Nous avons… l’assurance: Ceci est énoncé comme un fait, et non comme une exhortation. Nous avons un accès assuré auprès de Dieu. L’idée est simple : nous devons profiter de cet accès et nous en servir avec assurance. Le jour des Expiations, le grand-prêtre entrait dans le lieu très saint avec crainte et tremblement, mais nous, nous avons l’assurance d’un libre accès au sanctuaire.
i. Nous pouvons avoir de l’assurance parce que notre libre accès au sanctuaire est ouvert par le sang de Jésus. Si nous devions y entrer avec le sang d’animaux, comme le faisait le grand-prêtre de l’Ancien Testament, nous n’aurions pas l’assurance. Mais avec le sang de Jésus qui offre une route nouvelle et vivante, inaugurée pour nous, nous pouvons effectivement entrer dans la présence de Dieu avec assurance.
ii. Cette assurance est en total contraste avec la manière dont le grand-prêtre entrait dans le lieu saint sous l’ancienne alliance. « Il y allait avec crainte et tremblement, car il suffisait qu’il néglige la plus petite chose prescrite par la loi pour qu’il s’attende à la mort. Les croyants authentiques peuvent s’approcher du trône de Dieu avec confiance, puisqu’ils apportent dans la présence divine le sang infiniment méritoire de la grande expiation ; et, étant justifiés par ce sang, ils ont droit à toutes les bénédictions du royaume éternel. » (A. Clarke)
iii. Nous avons… l’assurance d’un libre accès: « Il faut prêter une attention particulière au terme ‘‘avons’’ qui, comme ailleurs, implique toujours une expérience présente et consciente. Il est impossible d’exagérer les ‘‘temps présents de la vie bénie’’, dont celui-ci fait partie. »(R. L. Thomas)
b. Cette route nouvelle et vivante: Le sacrifice de Jésus est donc toujours présent dans l’esprit de Dieu. Bien que ce sacrifice se soit produit il y a des siècles, il n’est pas ‘‘périmé.’’ C’est donc un Jésus vivant qui nous introduit dans la présence de Dieu.
i. Commentant cette route nouvelle et vivante Newell dit : « C’est continuellement comme s’il venait à peine de porter nos péchés dans son propre corps sur le bois, comme s’il venait à peine de dire : “Tout est accompli”, et que le soldat venait de lui percer le côté et qu’il en était sorti du sang et de l’eau. Il est à jamais récemment tué. »
ii. « C’est manifestement une allusion au sang de la victime à peine versé, non coagulé, et qui convient par conséquent pour l’aspersion. Le sang des victimes juives n’était apte aux fins des sacrifices que tant qu’il était chaud et fluide. » (A. Clarke)
iii. C’est une route vivante. Sous l’ancienne alliance, le grand-prêtre avait accès au lieu très saint grâce au sang d’un animal mort. Désormais, sous la nouvelle alliance, nous y avons accès grâce au sacrifice parfait du Fils de Dieu qui est sans péché, et c’est comme si le Jésus vivant et ressuscité nous introduisait lui-même dans la salle du trône de Dieu.
c. Au travers du voile: Le voile séparait le sanctuaire du lieu saint. Pour entrer dans le sanctuaire, il fallait passer au travers du voile. Mais ce voile qui sépare l’homme de la présence intime de Dieu est désormais ouvert pour toujours, ayant été déchiré en deux de haut en bas. (Matthieu 27:51)
i. C’est-à-dire de son propre corps: L’auteur de l’épître aux Hébreux fait une analogie entre le voile qui se dressait entre Dieu et l’homme et le corps de Jésus. Le corps de Jésus a été ‘‘déchiré’’ comme le voile, le corps comme le voile indiquant que nous pouvons maintenant nous approcher de Dieu avec assurance.
ii. « Pour les croyants, le voile n’est pas roulé, mais déchiré. Le voile n’a pas été décroché, ni soigneusement plié et mis de côté, pour pouvoir être remis en place à un moment ultérieur. Que non ! Mais la main divine l’a tenu et l’a déchiré de haut en bas. Il ne peut plus jamais être remis en place ; c’est impossible. Entre ceux qui sont en Jésus-Christ et le grand Dieu, il n’y aura plus jamais de séparation. » (C. H. Spurgeon)
iii. « Il semble suggérer que, ce n’est qu’au moment où le corps de Jésus a été déchiré sur la croix, que son sang qui donne la vie est devenu disponible pour son but suprême, le salut des hommes. » (T. H. Robinson)
d. Nous avons un souverain prêtre établi sur la maison de Dieu: Nous avons un souverain prêtre qui préside dans les cours célestes pour s’assurer que le croyant y a un accès total.
i.«La combinaison de route et de prêtre nous donne confiance, nous libère de la peur et de toutes les autres inhibitions, et nous permet de venir, nous-mêmes, dans la présence de Dieu. » (T. H. Robinson)
ii. « La “maison de Dieu” sur laquelle il exerce son sacerdoce suprême est, bien entendu, la communauté du peuple de Dieu. » (A. B. Bruce)
2. (22) À la lumière de ce que Jésus a fait, approchons-nous de Dieu.
Approchons-nous donc avec un cœur sincère, une foi inébranlable, le cœur purifié d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’une eau pure.
a. Approchons-nous: Grâce à la purification parfaite qui nous est accessible et que les Écritures hébraïques décrivent dans les termes des promesses d’une nouvelle alliance (le cœur purifié) et que la pratique chrétienne illustre à travers le baptême (le corps lavé), nous pouvons nous approcher de Dieu d’une manière qui ne fut jamais possible pour quiconque sous l’ancienne alliance. L’œuvre de Jésus nous permet de nous approcher avec une foi inébranlable.
i.« Par conséquent, l’appel qui m’est adressé n’est pas un appel à me préparer, ou à me frayer moi-même un chemin vers Dieu. Il s’agit simplement de venir, de m’approcher, d’entrer. Et je le fais par l’intermédiaire de mon grand-prêtre, et ce sans hésiter et sans crainte. » (G. C. Morgan)
ii. Le corps lavé: « Ce qui distingue le baptême chrétien des multiples ablutions pratiquées dans les religions du monde antique, est qu’il est plus qu’un rite extérieur de purification des souillures rituelles du corps. Le baptême est le signe extérieur d’une purification intérieure, et c’est cette dernière qui est la plus importante. » (L. Morris)
iii. Le cœur purifié… le corps lavé: « Ces participes passés expriment non pas des conditions d’approche de Dieu non encore atteintes, mais plutôt des conditions déjà possédées. » (M. Dods)
b. Approchons-nous: Nous pouvons nous approcher puisque plusieurs questions sont réglées. La question de l’accès à Dieu a été réglée. La question d’un grand-prêtre parfait a été réglée. La question de la pollution morale et spirituelle a été réglée.
i. L’encouragement à nous approcher n’aurait pas été donné s’il n’était pas nécessaire. C’est difficile pour ces chrétiens découragés de s’approcher. Voilà leur vrai problème : ils ont perdu leur relation intime avec Jésus, et tout va de travers.
ii. Ils pensaient peut-être avoir beaucoup, beaucoup de problèmes – persécution, relations difficiles, moments difficiles sur le plan culturel ou économique… – mais le vrai problème était plutôt que leur relation avec Dieu n’était pas au beau fixe. Ils ne s’approchaient pas de Dieu en s’appuyant sur ce que Jésus avait accompli.
iii. Lorsque nous traversons des moments difficiles, nous devons nous rappeler que beaucoup de gens ont traversé des moments pires mais ont eu une meilleure attitude et plus de joie que nous. Quelle est alors la différence ? Simplement qu’ils ont su comment s’approcher de Dieu.
iv. Tout aussi important, il est rappelé aux lecteurs originaux de cette lettre qu’ils ne pourront jamais retrouver cette relation étroite avec Dieu par l’intermédiaire des institutions de l’ancienne alliance.
3. (23) À la lumière de ce que Jésus a fait, tenons fermes à la vérité.
Retenons fermement l’espérance que nous proclamons, car celui qui a fait la promesse est fidèle.
a. Retenons fermement l’espérance que nous proclamons: Le découragement les avait fait vaciller loin de la vérité. Une confiance renouvelée dans la grandeur de Jésus et dans la nouvelle alliance va les rendre forts dans la foi.
i. « Cette exhortation, “Retenons fermement”,pourrait bien figurer sur la couverture de la Bible de chaque chrétien. Nous vivons à une époque si changeante que nous avons tous besoin d’être exhortés à être solidement enracinés et fondés, confirmés et établis dans la vérité. » (C. H. Spurgeon)
ii. Fermement: « Le terme grec traduit de cette manière n’est utilisé qu’ici dans le Nouveau Testament. Il repose sur l’idée d’un objet bien droit qui ne s’incline pas du tout par rapport à la perpendiculaire. Dans l’expérience chrétienne, il n’y a pas de place pour une espérance qui est ferme à un moment et chancelante à un autre. » (D. Guthrie)
b. Car celui qui a fait la promesse est fidèle: La raison pour laquelle nous pouvons tenir ferme est que celui qui a fait la promesse est fidèle. C’est mieux de faire confiance à sa fidélité qu’à la nôtre !
4. (24-25) À la lumière de ce que Jésus a fait, joignons-nous à la communauté du peuple de Dieu.
Veillons les uns sur les autres pour nous inciter à l’amour et à de belles œuvres. N’abandonnons pas notre assemblée, comme certains en ont l’habitude, mais encourageons-nous mutuellement. Faites cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour.
a. Veillons les uns sur les autres: Le découragement les avait poussés à éviter la communion fraternelle au moment même où ils en avaient le plus besoin. Lorsque nous veillons sur les autres, Jésus vient à notre rencontre à travers nos frères et sœurs pour nous inciter à l’amour et à de belles œuvres.
i. Les uns (…) les autres: « Bien que fréquente ailleurs dans le Nouveau Testament, l’expression ‘‘les uns les autres’’ (allelous) n’est employée qu’une fois par l’auteur de cette lettre. Elle fait ici allusion à une activité mutuelle, une activité par laquelle les croyants s’encouragent les uns les autres, et non une activité par laquelle les dirigeants dirigent les autres sur ce qu’ils doivent faire. »(L. Morris)
ii. Le verbe inciter est fort. « Un terme frappant qui signifie ‘‘incitation’’ et qui est utilisé soit dans un bon sens, comme ici, soit dans un mauvais sens (cause de dispute), comme dans Actes 15:39. Ici il semble suggérer ici que s’aimer les uns les autres n’est pas quelque chose qui arrive tout seul. »(D. Guthrie)
iii. L’amour dont il est question ici est la traduction du terme grec agape, qui a une place très importante dans le Nouveau Testament. « L’amour a besoin de stimulation et de société. La foi et l’espérance peuvent être pratiquées par un solitaire, dans sa cellule d’ermite ou sur une île déserte. Mais l’exercice de l’amour n’est possible qu’au sein d’une communauté. » (T. H. Robinson)
b. N’abandonnons pas notre assemblée: Se soustraire de la communion fraternelle est un moyen sûr de laisser place au découragement. Le découragement couve là où le peuple de Dieu ne s’encourage pas mutuellement.
i. Certains ne vont à l’église que s’ils ressentent qu’ils en ont ‘‘besoin’’ à ce moment-là. Mais notre motivation pour la communion fraternelle doit être d’obéir à Dieu et de donner aux autres. Nous pouvons et nous devons nous réunir avec des croyants notamment pour encourager ceux qui font face à une vague de découragement à résister.
·Nous nous réunissons pour recevoir quelque chose de Dieu.
·Nous nous réunissons pour donner quelque chose à Dieu.
·Nous nous réunissons pour nous encourager mutuellement par notre foi et nos valeurs communes.
·Nous nous réunissons pour nous bénir les uns les autres.
·Nous nous réunissons pour œuvrer ensemble.
ii. « À l’époque de l’église primitive, tout chrétien qui tentait de vivre comme une particule pieuse sans le soutien de la communauté courait de sérieux risques de maltraitance étant donné qu’il n’y avait pas d’opinion publique pour le soutenir. » (J. D. D. Moffatt, cité dans L. Morris)
iii. Puisqu’il est si important pour les chrétiens de se rassembler, tout ce qui va à l’encontre de leur rassemblement doit être considéré comme un grave danger. « Le schisme est une véritable séparation des veines et des artères du corps mystique de Christ. Nous ne devons pas nous séparer, sauf en cas de persécution intolérable, d’hérésie, d’idolâtrie et d’Antichristianisme. » (J. Trapp)
iv. « Le Dr. Mackintosh a fait remarquer avec justesse que le terme saint n’apparaît jamais au singulier ; il est “inévitablement au pluriel”. » (R. L. Thomas)
v. Assemblée: « L’expression n’abandonnons pas notre assemblée renvoie vraisemblablement aux réunions cultuelles, bien que cela ne soit pas précisé. Elle a peut-être été volontairement laissée ambiguë afin d’y inclure d’autres rassemblements d’un genre plus informel, mais le terme grec (episynagoge) suggère une assemblée officielle. » (D. Guthrie)
c. D’autant plus que vous voyez s’approcher le jour: Plus le jour du retour de Jésus approche, plus nous devrions nous engager dans la communion avec le peuple de Dieu, dans notre assemblée.
i. Vous voyez s’approcher le jour: « Il convient de noter que dans ce contexte-ci le verbe est à l’indicatif et s’applique à une réalité accomplie – vous voyez – et n’est pas comme les verbes précédents, qui suivent la forme d’une simple exhortation. L’immanence du jour était considérée comme évidente. Elle ne devait pas être considérée comme secrète. Les chrétiens devaient vivre comme si l’aube du jour était si proche que son arrivée n’était qu’à peine au-delà de l’horizon. » (D. Guthrie)
ii. « Chaque génération chrétienne, si elle doit vivre comme une véritable génération chrétienne, est appelée à vivre comme si elle était la génération de la fin des temps. » (A. A. Bruce)
C. Autre exhortation à persévérer.
1. (26-31) Le danger d’un rejet volontaire du sacrifice parfait de Jésus pour nous.
En effet, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une terrible attente du jugement et l’ardeur du feu qui dévorera les adversaires de Dieu. Celui qui a violé la loi de Moïse est mis à mort sans pitié, sur la déposition de deux ou de trois témoins. Quelle peine bien plus sévère méritera-t-il donc, à votre avis, celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura jugé sans valeur le sang de l’alliance grâce auquel il a été déclaré saint et aura insulté l’Esprit de la grâce ? Nous connaissons en effet celui qui a dit : C’est à moi qu’appartient la vengeance, c’est moi qui donnerai à chacun ce qu’il mérite ! Il a ajouté : Le Seigneur jugera son peuple. Oui, c’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant.
a. En effet, si nous péchons volontairement: Hébreux 10:29 définit ce que veut dire pécher volontairement. C’est l’action de quelqu’un qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura jugé sans valeur le sang de l’alliance grâce auquel il a été déclaré saint et aura insulté l’Esprit de la grâce. C’est un rejet conscient et délibéré de la grande œuvre de Jésus pour nous sur la croix.
i. Si nous péchons volontairement: Dans un sens, tout péché est un ‘‘péché volontaire’’. Mais ici, l’auteur de l’épître aux Hébreux parle de quelque chose de beaucoup plus grave qui s’applique à ces chrétiens juifs découragés qui envisagent de se retirer d’un christianisme distinctif pour retourner au judaïsme et son système sacrificiel. C’est tourner le dos à Jésus.
ii. « Cela n’a rien à voir avec le sens habituel de rétrograde. Un homme peut se retrouver en faute, ou il peut délibérément pécher, sans pour autant renoncer à l’Évangile, ni renier le Seigneur qui l’a racheté. Son cas est sombre et dangereux, mais il n’est pas désespéré. » (A. Clarke)
iii. « Cette pensée semble être étroitement liée au verset précédent, qui suggère que si nous abandonnons nos frères chrétiens, cela peut facilement nous conduire à abandonner le Christ. » (R. L. Thomas)
b. Il ne reste plus de sacrifice pour les péchés: Si le sacrifice de Jésus pour le péché est rejeté, il ne reste aucun autre sacrifice qui puisse purifier.
i. « Si ce grand moyen du salut, ce sacrifice le plus puissant de tous est refusé, il ne reste aucun autre sacrifice. » (G. C. Morgan)
c. Quelle peine bien plus sévère: Si quelqu’un rejette le sacrifice de Jésus, il doit s’attendre à un jugement terrible, encore plus terrible qu’il ne l’était sous l’ancienne alliance.
d. Si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité: Lorsque nous péchons volontairement en rejetant l’œuvre parfaite de Jésus sur la croix, nous ne faisons que :
i. Fouler aux pieds le Fils de Dieu: Nous le déshonorons en rejetant sa plus grande œuvre. Nous le dévalorisons en dévalorisant ce qu’il a fait. À propos de cette expression, Martin Vincent a dit : « Elle est fréquente dans la LXX où elle signifie gâcher, renverser, traiter avec mépris. Ce terme fort est délibérément choisi dans le but de transmettre le sens de l’outrage effrayant inclus dans l’abandon du Christ et le retour au judaïsme » ;
ii. Juger sans valeur le sang de l’alliance: Nous considérons que le sang de Jésus n’est pas plus important que celui des innombrables animaux sacrifiés sous l’ancienne alliance. À ce propos, Martin Vincent dit : « Ici, le terme admet deux explications :(1) que le sang du Christ était considéré comme étant ordinaire, n’ayant pas plus de caractère sacré ou de valeur spécifique que le sang d’une personne ordinaire ; (2) qu’en refusant de considérer le sang du Christ comme le sang de celui qui expie et rachète, on sous-entend que son sang est impur comme celui d’un transgresseur quelconque » ;
iii. Insulter l’Esprit de la grâce: Lorsque nous rejetons Jésus et son œuvre parfaite accomplie en notre faveur, nous offensons le Saint-Esprit, dont le but est de nous présenter Jésus et son œuvre (Jean 16:8-15) ;
iv. La vengeance: « Traduction malheureuse, car elle véhicule la notion d’un esprit vindicatif qui n’est pas incluse dans le terme grec. Il n’est question que de l’application complète de la justice à toutes les parties. » (M. R. Vincent)
e. C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant: C’est en effet terrible de se retrouver un jour face au Dieu que l’on a tellement rejeté et offensé.
i. « Tomber entre les mains du Dieu vivant, c’est donc avoir résisté à son amour, refusé son salut, méprisé les mises en garde de son Esprit, et avoir persisté ainsi au-delà du point où Dieu peut invariablement montrer davantage de grâce. » (W. R. Newell)
2. (32-34) Prenez courage dans votre découragement et rappelez-vous comment vous tenu bon pour Dieu dans des moments difficiles.
Souvenez-vous des premiers jours : après avoir été éclairés, vous avez supporté un grand et douloureux combat. Tantôt vous étiez publiquement exposés aux injures et aux persécutions, tantôt vous vous montriez solidaires de ceux qui se trouvaient dans la même situation. En effet, vous avez eu de la compassion pour moi dans ma prison et vous avez accepté avec joie qu’on prenne vos biens, sachant que vous aviez [au ciel] des richesses meilleures et qui durent toujours.
a. Souvenez-vous des premiers jours: Ces chrétiens ont déjà souffert antérieurement pour Jésus, étant rejetés de leur communauté juive et peut-être considérés comme morts. Cela s’est produit quand il ont mis leur foi en Jésus (après avoir été éclairés).
b. Un grand et douloureux combat: Leur persécution a été un combat sous de nombreuses formes différentes. Ils ont été publiquement exposésaux injures et aux persécutions. Ils sont restés solidaires de ceux qui se trouvaient dans la même situation – y compris l’auteur de l’épître aux Hébreux lui-même (vous avez eu de la compassion pour moi dans ma prison). Ils ont également fait face à des persécutions économiques (vous avez accepté avec joie qu’on prenne vos biens). Mais le fait est qu’ils ont fait face à ces situations et les ont supportées. Ils peuvent jeter un regard rétrospectif aux souffrances passées qu’ils ont supportées et être encouragés à rester forts à l’avenir.
i. À propos de ce grand et douloureux combat, Adam Clarke dit : « C’est une allusion aux luttes des jeux grecs, aux combats de gladiateurs lors des spectacles publics. »
ii. Publiquement exposés: Ce passage utilise la même expression grecque que celle employée dans 1 Corinthiens 4:9 : …nous avons été donnés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. L’idée est d’être présenté dans une salle de spectacle à un monde qui nous observe. « Dugrec “mis sur scène”, que ce soit au sens propre ou au sens figuré, les deux sens conviennent aux chrétiens. » (J. Trapp)
c. Sachant que vous aviez [au ciel] des richesses meilleures et qui durent toujours: Ils ont traversé le temps de persécution en gardant une perspective céleste ; et l’auteur de l’épître aux Hébreux leur dit clairement : vous pouvez de même traverser la période actuelle de découragement.
3. (35-39) Puisez dans votre expérience passée pour trouver la force de persévérer pour l’avenir.
N’abandonnez donc pas votre assurance, qui est porteuse d’une grande récompense. Oui, vous avez besoin de persévérance pour accomplir la volonté de Dieu et obtenir ainsi ce qui vous est promis. Encore bien peu, bien peu de temps, et celui qui doit venir viendra, il ne tardera pas. Et le juste vivra par la foi ; mais s’il revient en arrière, je ne prends pas plaisir en lui. Quant à nous, nous ne faisons pas partie de ceux qui reviennent en arrière pour leur perte, mais de ceux qui ont la foi pour le salut de leur âme.
a. N’abandonnez donc pas votre assurance: Ces chrétiens découragés sont sur le point d’abandonner leur assurance en Jésus pour retomber dans une relation de l’ancienne alliance avec Dieu.
i. N’abandonnez donc pas votre assurance: « Ne la jetez pas… ni les hommes ni les démons ne peuvent vous l’enlever, et Dieu ne vous en privera jamais si vous restez fidèles. Il est fait ici référence aux soldats lâches, qui jettent leurs boucliers et fuient la bataille. Votre bouclier, c’est votre foi en Christ, qui vous donne la connaissance du salut ; gardez-la, et elle vous gardera. »(A. Clarke)
b. Vous avez besoin de persévérance: Ils ont, autant que nous, besoin de persévérance pour pouvoir recevoir la promesse de Dieu après avoir accompli la volonté de Dieu. Les épreuves les plus dures et les plus décourageantes se produisent lorsque nous sommes appelés à accomplir à la volonté de Dieu et que l’accomplissement de sa promesse semble si lointain. C’est pourquoi nous avons besoin de la persévérance. La fidélité pendant le temps où la promesse semble irréalisable est la mesure de votre obéissance et maturité spirituelle.
i. Cette persévérance se construit quand on affronte les difficultés, la mise à l’épreuve de notre foi (Jacques 1:2-4).
c. Le juste vivra par la foi: Nous devons suivre les traces du juste qui vivra par la foi et persévérer pour voir la promesse s’accomplir.
i. Chaque mot d’Habacuc 2:4 est important, et le Seigneur les cite trois fois dans le Nouveau Testament juste pour en faire ressortir tout le sens:
·Dans Romains 1:17, Paul cite ce même passage d’Habacuc 2:4 en mettant l’accent sur la foi : « Le juste vivra par la foi » ;
·Dans Galates 3:11, Paul cite ce passage d’Habacuc 2.4 en mettant l’accent sur le juste : « Le juste vivra par la foi » ;
·Ici, dans Hébreux 10:38, l’accent est mis sur la vie : « Le juste vivra par la foi ».
d. Nous ne faisons pas partie de ceux qui reviennent en arrière pour leur perte, mais de ceux qui ont la foi pour le salut de leur âme: C’est une conclusion confiante. Nous serons de ceux qui persévèrent et obtiennent la promesse de Dieu. Nous ne reviendrons pas en arrière vers les anciennes traditions ou à une relation de l’ancienne alliance avec Dieu – ou tout autre remplacement de Jésus.
i. « Dans la vie chrétienne, revenir en arrière est parfois dû à la déception, parfois à la dépression, parfois encore au découragement, mais toujours au manque de confiance. » (R. L. Thomas)
ii. Pour le salut de leur âme: « Du grec, “pour le don de l’âme”.Une métaphore tirée du monde des marchands, qui soit gagnent davantage ou perdent ce qu’ils possèdent ; ou peut-être du monde des parieurs, qui gardent toujours une mise en réserve, quelle que soit la tournure que prennent les événements. » (J. Trapp)
iii. Pour le salut de leur âme: «Le terme “salut” icine renvoit pas au sens courant d’être sauvé du péché, mais il signifie plutôt “possession complète”. La foi commence par s’ouvrir, déployant ses voiles pour capter la brise de la révélation de Dieu, puis elle répond à sa Parole et à sa grâce. » (R. L. Thomas)
©1996–present The Enduring Word Bible Commentary by David Guzik
