Hébreux 2 – Jésus, notre frère aîné
A. C’est pourquoi : en raison de la supériorité de Jésus sur les anges, nous devons prêter attention à Jésus.
1. (1) Application de la leçon du premier chapitre : écouter et ne pas être entraînés à notre perte.
C’est pourquoi nous devons d’autant plus nous attacher au message que nous avons entendu, de peur d’être entraînés à notre perte.
a. C’est pourquoi: L’usage de l’adverbe c’est pourquoi dans Hébreux sert à attirer notre attention sur un point d’application du principe développé par l’auteur. Le fait démontré par les Écritures de la supériorité de Jésus sur les anges change la vie – et il nous faut nous pencher sur cette application.
b. Nous devons d’autant plus nous attacher: C’est ce que nous devons faire à la lumière de la supériorité de Jésus sur les anges. Nous devons d’autant plus nous attacher aux paroles de Jésus. C’est facile de penser que cette exhortation est adressée aux non-croyants, mais cette lettre a plutôt été écrite à des chrétiens.
i. D’autant plus nous attacher: Il ne s’agit pas seulement d’écouter attentivement, mais aussi de mettre en pratique ce que nous écoutons – nous devons d’autant plus nous attacher. Il y a là une urgence et une nécessité.
c. De peur d’être entraînés à notre perte: À défaut de nous attacher, nous serons entraînés à notre perte. L’auteur pense ici à la dérive d’un bateau, qui se produit naturellement s’il n’est pas ancré à quelque chose de solide. Si nous ne sommes pas fermement ancrés dans la vérité de la suprématie de Jésus, nous serons entraînés vers le danger par les courants du monde, de la chair et du diable.
i. L’expression grecque traduite ici entraînés provient de l’idée de « glisser » (Dodds). Elle faisait à l’origine référence à une flèche qui glisse du carquois, à la neige qui glisse sur un paysage ou à la nourriture qui glisse dans la trachée et provoque l’étouffement. Cela arrive facilement. C’est passivement qu’on est entraîné. L’éloignement de la foi vient généralement d’une dérive lente, et non d’un départ soudain.
ii. Le geôlier de Philippes demande à Paul :« Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? » (Actes 16:30) – et Paul lui donne la réponse. La question « Que faut-il que je fasse pour être perdu ? » a aussi sa réponse : rien. Ne rien faire suffit pour être entraîné par les courants du monde, de la chair et du diable et se laisser aller à la dérive.
iii. « Ce qui protège contre la dérive, c’est d’avoir le Christ comme ancre et gouvernail de sa vie. L’ancre nous maintiendra dans la vérité, tandis que le gouvernail nous guidera par la vérité. » (Griffith Thomas)
2. (2-4) La leçon accentuée : comment échapperons-nous si nous négligeons un si grand salut ?
En effet, puisque la parole annoncée par l’intermédiaire des anges a été confirmée et que toute transgression et toute désobéissance ont reçu une juste sanction, comment échapperons-nous si nous négligeons un si grand salut ? Ce salut, annoncé d’abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu. Dieu a appuyé leur témoignage par des signes, des prodiges et divers miracles, ainsi que par les dons du Saint-Esprit distribués conformément à sa volonté.
a. La parole annoncée par l’intermédiaire des anges: Il est ici question de la loi de Moïse, reçue… par l’intermédiaire des anges (Actes 7:53). L’idée est que la loi a été transmise d’une manière particulière à Moïse par la main des anges.
i. L’idée que les anges ont joué un rôle pour transmettre la loi à Moïse se trouve dans Deutéronome 33:2, Actes 7:53 et Galates 3:19. Flavius Josèphe a également repris cette idée dans son histoire antique. (Antiquités, 15.53)
b. A été confirmée: La loi mosaïque est confirmée et stricte (toute transgression et toute désobéissance ont reçu une juste sanction). Elle exige d’être prise au sérieux.
c. Comment échapperons-nous: Si l’on doit prendre au sérieux la parole qui a été transmise par les anges, cela est a fortiori vrai de la parole qui vient du Fils de Dieu. Il est prouvé que le Fils est plus grand que les anges, et donc naturellement, son message ne peut qu’être plus grand que le leur.
i. Une parole plus grande apportée par une personne plus grande ayant des promesses plus grandes entraînera une condamnation plus grande si elle est négligée.
d. Si nous négligeons un si grand salut: Le verbe grec traduit négliger est « amelesantes » ; il est utilisé dans Matthieu 22:5 pour ceux qui ont ignoré l’invitation au repas des noces (ils l’ont prise à la légère). Cela signifie avoir une opportunité, mais l’ignorer ou la négliger.
i. Cette parole est adressée aux croyants, et non à ceux qui sont en dehors de la foi. Le danger décrit ici n’est pas le rejet du salut (bien que le principe s’applique certainement aussi), mais plutôt la négligence du salut.
ii. Rappelons-nous que l’épître aux Hébreux n’est pas écrite principalement comme une brochure d’évangélisation, mais plutôt comme un encouragement et un avertissement aux chrétiens découragés. Elle est écrite à des disciples qui font preuve de négligence dans leur marche avec Jésus.
e. Un si grand salut: Lorsqu’on considère qu’une chose a une grande valeur, on y prête naturellement attention et on ne la néglige pas. Si l’on considère qu’une chose n’a pas grande importance, on lui donne une suite en fonction de ce qui nous convient et sans engagement.
i. « L’expression “un si grand salut” est un rappel insistant de ce que Dieu nous a donné en Christ. L’adverbe “si” est similaire à l’intention du passage bien connu de “Dieu a tant aimé le monde” (Jean 3:16), et exprime une profondeur insondable. » (Griffith Thomas)
ii. Par conséquent, si nous négligeons quelque chose, c’est que nous ne la considérons probablement pas comme étant d’une grande valeur. Par contre, notre salut est grand, parce que :
·Nous sommes sauvés par un grand Sauveur ;
·Nous sommes sauvés à un grand prix ;
·Nous sommes sauvés d’un grand châtiment.
iii. L’une des raisons pour lesquelles beaucoup de gens négligent leur salut est qu’ils ne l’appréhendent jamais comme un salut littéral. Pour eux, il s’agit simplement de recevoir quelque chose et non d’être sauvé de quelque chose.
f. Annoncé d’abord par le Seigneur, nous a été confirmé: Cette parole a été prononcée par Jésus, puis confirmée par des témoins oculaires (ceux qui l’ont entendu). Elle a par la suite été confirmée par des signes, des prodiges, des miracles et des dons du Saint-Esprit accordés par Dieu.
i. En disant nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu, l’auteur montre qu’il n’est pas un chrétien de la « première génération ». Il a entendu le message de seconde main par l’intermédiaire des apôtres et des témoins oculaires du ministère de Jésus.
ii. Hébreux 2:3 est l’une des raisons pour lesquelles certains pensent que l’apôtre Paul n’a pas écrit l’épître aux Hébreux. En effet, dans d’autres passages, Paul se place clairement au même niveau que les apôtres et les autres témoins oculaires de Jésus (1 Corinthiens 9:1 et 1 Corinthiens 15:3-11).
g. Dieu a appuyé leur témoignage: Dieu confirme effectivement sa parole par divers miracles, ainsi que par les dons du Saint-Esprit. Mais il le fait conformément à sa volonté, et non sur ordre d’une autre personne.
i. Jésus a dit que des signes miraculeux accompagneront ceux qui croient (Marc 16:17). Si aucun élément miraculeux n’est présent, il y a de quoi se demander s’il y a véritablement foi en Jésus ou si la parole de Dieu est véritablement prêchée. Le prédicateur doit pouvoir présenter à Dieu quelque chose à confirmer.
ii. D’autre part, l’Esprit accorde de tels miracles et dons conformément à sa volonté. Les miracles ne peuvent être « fabriqués » et accomplis par l’effort ou l’émotion humains. Beaucoup de dégâts sont causés par ceux qui estiment qu’il n’y a pas suffisamment de miracles et veulent « amorcer la pompe » avec l’enthousiasme de la chair.
iii. Il est difficile de dire lequel des deux est pire :le déni des miracles et des dons du Saint-Esprit, ou leur contrefaçon. L’une et l’autre erreurs sont dangereuses.
B. La glorieuse humanité de Jésus-Christ.
1. (5-8a) Nous savons que Jésus est humain, parce que Dieu a soumis le monde à l’homme, et non aux anges (tiré de Psaumes 8:5-7).
En effet, ce n’est pas à l’autorité d’anges que Dieu a soumis le monde à venir dont nous parlons. Quelqu’un a d’ailleurs rendu quelque part ce témoignage :
Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui, ou le fils de l’homme, pour que tu prennes soin de lui ? Tu l’as abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, tu l’as couronné de gloire et d’honneur [et tu lui as donné la domination sur ce que tes mains ont fait], tu as tout mis sous ses pieds.
En effet, en lui soumettant toute chose, Dieu n’a rien laissé qui échappe à son autorité.
a. Ce n’est pas à l’autorité d’anges que Dieu a soumis le monde à venir: Dieu n’a jamais attribué aux anges le genre de domination que l’homme avait à l’origine sur la terre (Genèse 1:26-30). Les anges n’ont pas de domination sur ce monde ni sur le monde à venir.
i. « Le dessein divin pour le monde est que l’homme, et non les anges, règne dans le futur. » (Griffith Thomas)
b. Qu’est-ce que l’homme: La citation du Psaume 8:5-7 montre à la fois la petitesse de l’homme par rapport au Dieu de la création, et la domination que Dieu a donnée à l’homme, même s’il est abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges.
c. Tu l’as abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges: Dans le premier chapitre, l’auteur de l’épître aux Hébreux a brillamment démontré, à partir des Écritures, la divinité de Jésus et sa supériorité sur tous les anges. Maintenant, à partir des Écritures, il démontre l’humanité de Jésus et en présente les implications.
i. Il est bibliquement faux de penser à Jésus comme étant purement Dieu ou purement homme. Il est de même faux de penser à lui comme étant moitié Dieu moitié homme (ou tout autre pourcentage de partage). Il est faux de penser à lui comme étant « homme à l’extérieur » et « Dieu à l’intérieur. » La Bible enseigne que Jésus est pleinement Dieu et pleinement homme, qu’une nature humaine a été ajoutée à sa nature divine, et que les deux natures ont existé en une seule personne, Jésus-Christ.
ii. Il est significatif que le premier faux enseignement sur Jésus à l’époque de l’Église primitive ne nie pas qu’il soit Dieu, mais nie qu’il est vraiment humain et affirme qu’il semble seulement être humain. Cette hérésie est appelée docétisme, nom dérivé d’un terme grec ancien signifiant « paraître », et elle était enseignée par Cérinthe, qui s’est opposé à l’apôtre Jean dans la ville d’Éphèse et dont l’enseignement est probablement ce dont il est question dans 1 Jean 4:2 et 1 Jean 5:6.
d. Dieu n’a rien laissé qui échappe à son autorité: L’auteur souligne le fait que Dieu a soumis toutes choses (et non certaines choses) aux êtres humains. Ceci montre que Jésus doit être un homme, car Dieu a attribué cette domination aux hommes et Jésus exerce cette autorité.
2. (8b-9) Un problème et sa solution.
Maintenant pourtant, nous ne voyons pas encore que tout lui soit soumis. Toutefois, celui qui a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur à cause de la mort qu’il a soufferte. Ainsi, par la grâce de Dieu, il a connu la mort pour tout être humain.
a. Maintenant pourtant, nous ne voyons pas encore que tout lui soit soumis: Selon toute apparence, la promesse de Psaumes 8:5-7 ne semble pas être accomplie. Nous ne voyons pas que toutes choses sont soumises à l’homme.
b. Jésus, nous le voyons: La promesse est accomplie en Jésus, qui est Seigneur de toutes choses. Par Jésus, l’homme peut retrouver la domination initialement accordée à Adam (Apocalypse 1:6 ; 5:10 et Matthieu 25:21).
i. Il y a beaucoup de choses que nous ne comprendrons pas tant que nous n’aurons pas vu Jésus. La réponse aux questions les plus déroutantes de la vie ne s’obtient pas en demandant : « Pourquoi ? » La plus grande réponse est enveloppée dans « Qui ? – Jésus-Christ. »
ii. Certains aimeraient voir Jésus physiquement avec leurs yeux naturels, plutôt qu’avec les yeux de la foi. Pourtant, « la vue est très fréquemment mentionnée dans les Écritures comme une métaphore, une illustration, un symbole, pour illustrer ce qu’est la foi. La foi est l’œil de l’âme. C’est l’acte de regarder vers Jésus. » (C. H. Spurgeon)
iii. Pensez à tous ceux qui ont vu Jésus avec les yeux naturels, mais n’ont fait que lui résister, se moquer de lui, et l’ont rejeté. Il vaut mieux voir Jésus avec les yeux de la foi qu’avec les yeux naturels.
·L’expression ne dit pas : « Jésus, nous pouvons le voir », bien que cela soit vrai.
·Elle ne dit pas : « Jésus, nous l’avons vu » bien que cela ait été vrai pour certains de son époque.
·Elle ne dit pas : « Jésus, nous le verrons » bien que cela soit certainement vrai.
·Elle dit : « Jésus, nous le voyons », à la fois maintenant et continuellement. Il est le centre, l’aspect principal de notre vie spirituelle.
iv. Regardons donc à Jésus avec les yeux la foi – aussi imparfaite que soit la vision de notre foi, regardons à celui qui est parfait.
·Voyons-le comme celui qui aime les pécheurs et qui est mort pour eux.
·Voyons-le comme notre sauveur.
·Voyons-le comme notre maître.
·Voyons-le comme notre ami.
·Voyons-le comme notre précurseur.
·Voyons-le comme celui qui nous guérit.
·Voyons-le à la maison, au travail, en déplacement – pas seulement aux moments de culte.
c. Qui a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges: Cette promesse de domination n’a pu s’accomplir que par l’humilité, la souffrance et la mort de Jésus. Le Fils de Dieu a vaincu le mal qu’Adam avait amené dans le monde, à savoir la mort (Romains 5:12).
i. Dieu avait donné à l’homme la domination sur la terre, mais l’homme, en péchant, a perdu son pouvoir (pas son droit ou son autorité) d’exercer cette domination, et le principe de la mort le prive du pouvoir de régner. Mais Jésus est venu et, par son humilité et sa souffrance, il a vaincu le pouvoir de la mort et rendu possible l’accomplissement de la promesse de Dieu attribuant aux humains la domination sur la terre – promesse accomplie à la fois par la domination de Jésus lui-même et par le règne des croyants avec lui (Apocalypse 20:4).
d. Qui a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges… à cause de la mort qu’il a soufferte: Si Dieu le Fils n’avait pas ajouté l’humanité à sa divinité et n’était pas devenu, dans son humanité, abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, il n’aurait jamais pu éprouver la mort qu’il a soufferte à notre place.
e. Couronné de gloire et d’honneur… par la grâce de Dieu, il a connu la mort pour tout être humain.Cela dit que la mort soufferte par Jésus n’est qu’un prélude à être couronné de gloire et d’honneur. Cela dit aussi que sa mort est, d’une certaine manière, pour tout être humain.
3. (10-13) Nous savons que Jésus est humain, parce qu’il nous appelle frères.
En effet, celui pour qui et par qui toute chose existe voulait conduire à la gloire beaucoup de fils ; il lui convenait donc de qualifier parfaitement par des souffrances l’auteur de leur salut. De fait, celui qui procure la sainteté et ceux qui en bénéficient ont tous une seule et même origine, c’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler ses frères lorsqu’il dit : J’annoncerai ton nom à mes frères, je te célébrerai au milieu de l’assemblée. Et encore : Je me confierai en lui. Et enfin : Me voici, moi et les enfants que Dieu m’a donnés.
a. Il lui convenait: C’était plus que nécessaire – cela convenait au Dieu souverain – pour qui et par qui toute chose existe – d’être qualifié parfaitement par des souffrances pour conduire à la gloire beaucoup de fils.
i. On peut bien imaginer que Dieu ait pu concevoir un moyen de nous sauver qui n’aurait pas exigé la souffrance du Fils de Dieu. Mais il convenait que Jésus nous sauve au prix de sa propre agonie.
ii. C’est l’illustration ultime d’un fait : le véritable amour, le véritable don, implique un sacrifice. Comme le dit David : « Je n’offrirai pas à l’Éternel, mon Dieu, des holocaustes qui ne me coûtent rien »(2 Samuel 24:24). L’amour de Dieu pour nous devait se manifester par un sacrifice et Dieu ne pouvait pas se sacrifier à moins d’ajouter l’humanité à sa divinité et de souffrir pour nous.
b. L’auteur de leur salut: Jésus est l’auteur de notre salut ou le chef, comme le rend la version Darby. Cela a de merveilleuses implications :
·Jésus, le chef, prend toutes les dispositions stratégiques, pour la progression de notre vie de chrétiens ;
·Il donne des ordres comme un commandant aux troupes : « Avancez ! », « Attendez ! » ou « Faites ceci. » Jésus nous commande comme notre chef ;
·Un chef montre la voie à suivre et est un exemple pour ses hommes, et Jésus le fait pour nous ;
·Un chef encourage ses hommes, et Jésus nous encourage ;
·Un chef récompense ses troupes, et Jésus récompense ses disciples.
i. « Puisque c’est la volonté du Seigneur de nous conduire à la gloire par le chef de notre salut, je veux que vous soyez dignes de celui qui nous conduit. Ne pensez-vous pas que, parfois, nous agissons comme si nous n’avions personne à notre tête ? Nous nous imaginons que en train de nous frayer un chemin jusqu’au ciel par la force de notre propre main droite et notre propre habileté, mais ce n’est pas le cas. Si nous amorçons la marche avant que l’ordre ne soit donné par le chef, nous serons obligés de revenir à la ligne de départ ; et si nous essayons de combattre sans notre chef, nous regretterons notre journée. » (C. H. Spurgeon)
c. Qualifier parfaitement par des souffrances: Rien ne manquait à la divinité de Jésus. Mais jusqu’à ce qu’il devienne un homme et souffre, Dieu n’avait jamais connu la souffrance.
i. « Qualifier parfaitement n’implique pas une quelconque imperfection morale en Jésus, mais seulement l’aboutissement de cette expérience humaine de tristesse et de douleur par laquelle il devait passer pour devenir le chef du salut de son peuple. » (M. R. Vincent)
ii. « Nous savons que s’il n’avait été que Dieu, il n’aurait pas été apte à être un Sauveur parfait, à moins de devenir homme. L’homme avait péché ; l’homme devait souffrir. C’est dans l’homme que les desseins de Dieu avaient été déjoués pour un temps ; c’est dans l’homme que Dieu doit triompher de son grand ennemi. »(C. H. Spurgeon)
iii. Le fait est qu’il convenait que le Père fasse cela, dans le sens où il a plu au SEIGNEUR de le briser (Ésaïe 53:10), pour conduire à la gloire beaucoup de fils.
d. De fait, celui qui procure la sainteté et ceux qui en bénéficient ont tous une seule et même origine: C’est pourquoi nous recevons la sainteté [nous sommes bénéficions de la sainteté] par celui qui procure la sainteté. Nous sommes tous de la même famille humaine, aussi Jésus n’a pas honte de les (c’est-à-dire nous) appeler ses frères. Il ne pouvait pas être notre frère s’il n’était pas aussi un humain comme nous.
i. Ceux qui en bénéficient: « Eh bien, chers amis, êtes-vous sanctifiés ? J’ai entendu certains se moquer de ce terme et se moquer de certaines personnes en les qualifiant de “saints”. Ils auraient pu tout aussi bien les appeler rois et princes, puis se moquer d’eux, car il n’y a rien de mesquin ou de méprisable dans le terme “saint”. C’est l’un des titres les plus glorieux qu’un homme puisse porter. » (C. H. Spurgeon)
ii. Je ne fais rien d’exceptionnel quand je n’ai pas honte de m’associer à Jésus. Mais c’est exceptionnel que Jésus n’ait pas honte de nous appeler ses frères.
e. Il n’a pas honte de les appeler ses frères lorsqu’il dit: L’auteur cite trois textes qui montrent que Jésus le Messie appelle son peuple ses frères :Psaumes 22:23 ; Ésaïe 8:17 et Ésaïe 8:18.
i. Dans chacun de ces exemples, le Messie est disposé à s’associer à ses frères, que ce soit dans une assemblée réunie pour le culte, une communauté de foi dans le Père ou en déclarant une association familiale commune.
f. Je te célébrerai au milieu de l’assemblée: Cette merveilleuse citation du Psaume 22:23 (version de la Septante) nous montre Jésus au milieu de ses frères chantant des cantiques d’adoration à son Père.
i. « Jésus a-t-il jamais chanté ? Oui, certainement. Après la Cène, ils chantèrent une hymne. Ça doit avoir été très émouvant d’entendre la voix du Christ, tressaillant d’émotion en chantant les psaumes qui constituaient le Grand Hallel. »(C. H. Spurgeon)
ii. « Voici donc qu’au milieu de vous, ô Église de Dieu, aux jours de sa chair se tenait cet Être glorieux que les anges adorent, qui est l’éclat de la gloire de son Père au plus haut des cieux ; mais lorsqu’il se tenait ici, c’était pour se joindre à l’adoration de son peuple, déclarant le nom du Père à ses frères et chantant avec eux des louanges au Très-Haut. Cela ne le rapproche-t-il pas beaucoup de vous ? Cela ne donne-t-il pas l’impression qu’il peut venir à tout moment et s’asseoir sur ce banc avec vous ? J’ai l’impression qu’il se tient déjà sur cette estrade à côté de moi ; pourquoi ne le ferait-il pas ? » (C. H. Spurgeon)
g. Me voici, moi et les enfants que Dieu m’a donnés: La formulation de cette citation d’Ésaïe 8:18 montre à quel point le peuple de Jésus lui est précieux. « Il aime s’attarder sur ce fait. Ils sont en eux-mêmes précieux pour lui, mais bien plus précieux en tant que don du Père pour lui. Il y a de ces choses qui sont précieuses pour nous comme des souvenirs qui nous ont été offerts par quelqu’un que nous aimons ; de même nous sommes chers à Christ parce que c’est son Père qui nous a donnés à lui. » (C. H. Spurgeon)
4. (14-16) Ce que Jésus a fait en tant que notre frère.
Puisque ces enfants ont en commun la condition humaine, lui-même l’a aussi partagée, de façon similaire. Ainsi, par sa mort, il a pu rendre impuissant celui qui exerçait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et libérer tous ceux que la peur de la mort retenait leur vie durant dans l’esclavage. En effet, assurément, ce n’est pas à des anges qu’il vient en aide, mais bien à la descendance d’Abraham.
a. Lui-même l’a aussi partagée, de façon similaire: Pour qu’il remplisse comme il faut le rôle de « frère aîné » pour la famille des rachetés, Jésus a dû se mettre dans la condition humaine [la chair et le sang]. Il a dû entrer dans la prison pour libérer les captifs.
b. Par sa mort, il a pu rendre impuissant celui qui exerçait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable: Certains commentateurs pensent que ceci signifie que Jésus a aboli le « droit » de Satan de régner sur l’homme, un droit qu’il a vraisemblablement acquis dans le jardin d’Éden par la rébellion d’Adam. L’idée est que Jésus a enlevé à Satan son « droit » de régner, en lui permettant de pouvoir « illégalement » ôter la vie de Jésus sur la croix, et que cette action « illégale » de Satan contre Jésus lui a fait perdre son droit de régner sur l’homme. Dans cette optique, le résultat final est que le diable n’a aucun droit sur ceux qui viennent à Dieu par l’œuvre de Jésus sur la croix.
i. Puisque la mort n’a de pouvoir que sur ceux qui sont nés pécheurs ou qui ont commis des péchés (Romains 5:12), Satan n’avait aucun « droit »d’ôter la vie de Jésus, qui n’était pas né pécheur et n’avait jamais péché. En agissant ainsi, le diable a donc commis un meurtre « illégal » par rapport à sa nature (Jean 8:44). Jésus a permis au diable de lui blesser le talon afin qu’il puisse lui écraser la tête (Genèse 3:15).
ii. Cette approche est problématique parce qu’il est de notoriété publique que le diable n’a pas ôté la vie de Jésus. Jésus a donné sa vie de son propre gré ; personne ne la lui ôtée (Jean 10:17-18).
iii. On peut cependant dire que le diable est coupable de « tentative de meurtre » sur quelqu’un sur qui il n’avait aucun droit, car il n’y avait aucune tache de péché sur Jésus. Satan a voulu et a effectivement essayé d’assassiner Jésus, ce qui lui a coûté d’en être tenu coupable.
iv. Nous savons que le diable aime la mort et le meurtre. « Je pense que la mort est le chef-d’œuvre du diable. À l’exception de l’enfer, la mort est certainement le méfait le plus satanique que le péché ait accompli. Rien n’a jamais autant réjoui le cœur du diable que lorsqu’il s’est rendu compte que cette menace allait s’accomplir : “Le jour où tu en mangeras, tu mourras.” » (C. H. Spurgeon)
v. Satan a essayé à plusieurs reprises de tuer Jésus. Il a essayé en se servant de l’intention meurtrière d’Hérode quand Jésus était bébé. Il a essayé dans une synagogue où le peupla a essayé de tuer Jésus. Il a essayé d’affamer Jésus et a essayé de le noyer. Aucun de ces plans n’a fonctionné, jusqu’à ce que Jésus se tienne devant Pilate et soit condamné à mort – quelle grande joie a éclaté dans le conseil de l’enfer ! Ils étaient convaincus d’avoir enfin amené Jésus là où ils voulaient. Mais la mort de Jésus devient plutôt une défaite pour le diable.
c. Et libérer tous ceux que la peur de la mort retenait leur vie durant dans l’esclavage: La peur de la mort règne comme un tyran sur l’humanité. Certains essaient de faire la paix avec la mort en l’appelant leur amie. Mais les chrétiens ne craignent pas la mort, non pas parce que la mort est leur amie mais parce qu’elle est un ennemi vaincu qui sert maintenant le dessein de Dieu dans la vie du croyant.
d. Il vient en aide… à la descendance d’Abraham:L’œuvre du Père en Jésus ne l’est pas par égard pour les anges (bien qu’elle soit pour les anges dans un sens second, selon Éphésiens 3:10). Elle était pour le peuple de la foi (la descendance d’Abraham).
i. La descendance d’Abraham se réfère ici à ceux qui sont enfants d’Abraham intérieurement, et non ethniquement (Romains 2:28-29 ; Galates 3:7).
5. (17-18) Par conséquent : Jésus est notre fidèle grand-prêtre.
Par conséquent, il devait devenir semblable en tout à ses frères afin d’être un grand-prêtre rempli de compassion et fidèle dans le service de Dieu pour faire l’expiation des péchés du peuple. En effet, comme il a souffert lui-même lorsqu’il a été tenté, il peut secourir ceux qui sont tentés.
a. Il devait devenir semblable en tout à ses frères : Si Jésus n’était pas semblable à nous, il ne pouvait pas être notre grand-prêtre, et nous représenter devant le Père pour faire l’expiation de nos péchés.
i. Ni la divinité ni l’humanité de Jésus ne sont négociables. Si nous diminuons l’une ou l’autre, Jésus est incapable de nous sauver.
ii. L’expiation:« La véritable idée semble être… que Dieu s’offre à lui-même le sacrifice du Christ, de sorte qu’il est à la fois celui qui expie et celui qui est expié. »(Griffith Thomas)
b. Afin d’être un grand-prêtre rempli de compassion et fidèle: Le grand-prêtre portait sur la poitrine et les épaules un pectoral avec des pierres gravées aux noms des tribus d’Israël. Le grand prêtre était donc en communion constante avec le peuple de Dieu, le portant sur son cœur et sur ses épaules.
i. Jésus n’a pas porté le pectoral du grand-prêtre. Mais la blessure dans son côté et la croix sur ses épaules sont des témoignages plus éloquents de son cœur pour nous et de son œuvre en notre faveur – pour faire l’expiation des péchés du peuple.
c. Il a souffert lui-même lorsqu’il a été tenté: Certains se demandent si Jésus a réellement été tenté. En effet, considérant qu’il était Dieu (raisonnent-ils), il ne pouvait pas pécher – et donc, sa tentation ne pouvait pas être réelle. L’auteur de l’épître aux Hébreux insiste sur le fait que non seulement la tentation de Jésus était réelle, mais qu’elle était si réelle qu’il en a souffert.
i. Nous pouvons même dire que la tentation de Jésus était plus réelle et plus difficile que toutes celles que nous pourrions affronter. Lorsque la pression de la tentation s’accumule, certains ne trouvent de soulagement qu’en cédant à la tentation – mais Jésus n’a pas cédé. La pression de la tentation ne faisait que s’accumuler encore et encore sur lui.
ii. Jésus a connu les tentations du pouvoir et celles provoquées par les souffrances. Il a connu les tentations de la richesse et celles provoquées par la pauvreté. Il connut les tentations de la popularité et celles provoquées par le rejet. Il a connu les tentations du jeune homme et celles de l’homme mûr. Il a connu la tentation provoquée par ses amis et celle provoquée par ses ennemis. Il a connu la tentation provoquée par sa famille et celle provoquée par des étrangers.
iii. « Beaucoup de gens sont tentés, mais ne souffrent pas en étant tentés. Quand les hommes impies sont tentés, l’appât correspond à leur goût, et ils l’avalent avec avidité. La tentation leur est un plaisir ; en fait, ils tentent parfois le diable pour qu’il les tente… Mais les hommes intègres souffrent quand ils sont tentés, et plus ils sont intègres, plus ils souffrent. » (C. H. Spurgeon)
d. Il peut secourir ceux qui sont tentés: Ayant ajouté l’humanité à sa divinité et ayant connu la souffrance humaine, Jésus est capable de nous aider dans la tentation. Il sait ce que nous traversons dans la tentation.
i. Nous avons deux avantages : la connaissance de l’exemple de Jésus dans la tentation, mais aussi l’assistance active qu’il nous accorde d’en haut et qui nous donne la force et montre la voie d’en sortir. Grâce à cela, nous pouvons trouver la victoire au milieu de la tentation et en sortir meilleurs. Jésus n’a rien perdu en étant tenté – il a plutôt gagné en gloire, en sympathie et en capacité d’aider son peuple. De la même manière, nous n’avons rien à perdre lorsque nous sommes tentés.
ii. « C’est le plus puissant moyen de nous préserver contre le désespoir, et le plus solide fondement d’espoir et de réconfort que les pécheurs croyants et pénitents puissent désirer ou avoir. »(M. Poole) « Même si le reste de l’Écriture n’avait rien dit à ce sujet, ce verset serait un ample soutien pour toute âme tentée. » (A. Clarke)
iii. « De plus, ne vous plaignez pas de ce que vous êtes tentés. Si votre Seigneur a été tenté, le disciple est-il au-dessus de son Maître, ou le serviteur au-dessus de son Seigneur ? Si lui qui est parfait a dû endurer la tentation, pourquoi pas vous ? Acceptez-la donc des mains du Seigneur, et ne pensez pas que ce soit une honte ou un déshonneur. La tentation n’a pas déshonoré votre Seigneur, et elle ne vous déshonorera pas non plus. Le Seigneur, qui l’envoie, envoie aussi avec elle un moyen d’y échapper, et ce sera à votre honneur et à votre profit d’échapper par ce moyen. » (C. H. Spurgeon)
©1996–present The Enduring Word Bible Commentary by David Guzik
