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Hébreux 4 – Entrer dans son repos

A. Comment entrer dans le repos de Dieu.

1. (1-2) Mise en garde répétée : ne passez pas à côté du repos de Dieu.

Redoutons donc, alors que la promesse d’entrer dans son repos reste valable, que l’un de vous ne semble être resté en arrière. En effet, cette bonne nouvelle nous a été annoncée aussi bien qu’à eux, mais la parole qu’ils ont entendue ne leur a servi à rien parce qu’ils n’étaient pas unis dans la foi à ceux qui ont écouté.

a. Redoutons donc: La mise en garde est répétée sans interruption depuis Hébreux 3, à savoir que l’incrédulité empêcha la génération qui était sortie d’Égypte d’entrer dans le Pays de Canaan. La promesse d’entrer dans son repos reste valable, et nous pouvons entrer dans ce repos par la foi. Mais l’incrédulité nous fera manquer le repos que Dieu a pour nous.

i. L’ancien commentateur puritain John Owen a décrit 5 caractéristiques de ce repos réservé aux croyants :

·Repos signifie paix avec Dieu ;

·Repos signifie libération d’un esprit servile et esclave dans l’adoration et le service de Dieu ;

·Repos signifie délivrance du fardeau de l’observance Mosaïque ;

·Repos signifie liberté d’adorer selon l’Évangile ;

·Repos signifie repos dont Dieu lui-même jouit.

b. Redoutons donc… que l’un de vous ne semble être resté en arrière: Ce lieu de repos est si merveilleux que nous devrions nous préoccuper lorsque d’autres – ou nous-même – semblent être restés en arrière. Il ne suffit pas d’être presque entré dans son repos ; nous ne devons pas être resté en arrière.

i. À propos d’être resté en arrière, Adam Clarke écrit : « C’est une allusion, comme il y en a beaucoup d’autres dans cette épître, aux courses organisées dans le cadre des jeux grecs :celui qui reste en arrière est celui qui est derrière, à une quelconque distance, aussi petite soit-elle, du vainqueur. »

c. En effet, cette bonne nouvelle nous a été annoncée aussi bien qu’à eux: Écouter la parole de Dieu ne suffit pas. L’Israël antique avait bien entendu la parole mais cela ne leur a servi à rien parce qu’ils ne l’ont pas reçue avec foi. Le fait d’écouter leur donnait l’opportunité, mais l’opportunité ne pouvait être bénéfique que si elle avait trouvé la foi en eux.

d. Pas unis dans la foi. On peut entendre la parole de Dieu et des expériences spirituelles peuvent en découler, mais à moins que l’œuvre de Dieu ne soit unie à la foi, elle ne servira à rien. C’est ainsi que deux personnes peuvent entendre un même message l’une en profite tandis que l’autre n’en profite pas. En outre lorsqu’il y a davantage de foi – plus d’anticipation de la bénédiction et de la faveur de Dieu – il y a effectivement davantage de bénédiction.

i. À propos de unis dans Adam Clarke dit : « C’est une métaphore tirée de la nutrition du corps humain qui, dans l’estomac, unit l’aliment avalé avec la salive et le suc gastrique… de sorte que, de ce processus, correctement exécuté, dépendent (sous le regard de Dieu) la force, la santé et la vie elle-même. »

ii. Pensez à la joie qu’Israël éprouva en sortant d’Égypte et en s’approchant de la Terre Promise – et pensez ensuite à toutes les tombes creusées dans le désert. Une promesse merveilleuse était disponible mais elle n’a pas été atteinte. Les Israélites semblent être restés en arrière parce que même s’ils avaient entendu la parole de Dieu, ils n’ont pas été unis dans la foi.

2. (3-5) Le repos du peuple de Dieu ressemble au repos de Dieu lui-même.

Quant à nous qui avons cru, nous entrons dans le repos, dans la mesure où Dieu a dit : J’ai juré dans ma colère : « Ils n’entreront pas dans mon repos ! » Pourtant, son travail était terminé depuis la création du monde. En effet, il a parlé quelque part ainsi au sujet du septième jour : Et Dieu se reposa de toute son activité le septième jour. Et dans ce passage il dit encore : Ils n’entreront pas dans mon repos !

a. Nous qui avons cru, nous entrons dans le repos: Cette déclaration vient en contraste avec l’expérience de ceux mentionnés précédemment qui ne sont pas entrés dans le repos de Dieu. L’incrédulité empêche beaucoup de gens d’accéder au repos de Dieu ; la foi (nous qui avons cru) conduit le peuple de Dieu dans ce repos.

b. Mon repos: Cette citation du Psaume 95:11 prouve que ce repos est celui de Dieu ; c’est Son repos. Dieu a terminé son œuvre de création bien avant qu’Israël n’aille en Égypte et avant que David n’écrive le Psaume 95 (Genèse 2:2). Cependant, bien que son travail ait été terminé depuis la création du monde, Dieu parle encore ici de “mon repos’’ – prouvant que Dieu continue à avoir ce repos.

i. Le repos dont il est question ici est sur le modèle du repos de Dieu qui se reposa de toute son activité le septième jour, comme le décrit la citation de Genèse 2:2.

ii. Quelque part rappelle que les anciens rouleaux pouvaient être difficiles à porter ou à manier, et que des passages spécifiques n’étaient pas cités avec précision selon nos outils plus modernes qui ont institué des chapitres et des versets.

3. (6-9) Le repos qui demeure pour le peuple de Dieu.

Ainsi, certains ont encore la possibilité d’y entrer, et les premiers à recevoir cette bonne nouvelle n’ont pas accédé au repos à cause de leur désobéissance. C’est pourquoi Dieu fixe de nouveau un jour – aujourd’hui – en disant bien longtemps après par David cette parole déjà citée : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur.

Si Josué leur avait effectivement donné le repos, Dieu ne parlerait pas après cela d’un autre jour. Il reste donc un repos de sabbat pour le peuple de Dieu.

a. Ainsi, certains ont encore la possibilité d’y entrer: Dieu n’a pas créé ce lieu de repos en vain. Si les Israélites (les premiers à recevoir cette bonne nouvelle) n’ont pas pu entrer à cause de leur désobéissance, d’autres personnes pourront entrer dans ce repos.

b. Aujourd’hui, si vous entendez sa voix: L’appel mentionné dans le Psaume 95:7-8 prouve qu’il reste encore un repos auquel le peuple de Dieu peut accéder, au-delà de ce qui a été accompli sous Josué. Si Josué avait complètement accompli la promesse du repos, l’appel de Dieu par David disant « aujourd’hui » n’aurait aucun sens.

c. Il reste donc un repos de sabbat pour le peuple de Dieu: Toute l’argumentation qui précède prouve qu’il existe un repos de sabbat pour le peuple de Dieu. Ce repos est spirituel, mais il est calqué sur le repos accordé à Israël par l‘intermédiaire de Josué.

i. En hébreu, Josué et Jésus sont un même nom. Le second Josué terminera ce que le premier Josué a laissé inachevé. Jésus est plus grand que Moïse ;Jésus est plus grand que le premier Josué.

ii. Ce repos se trouve dans une personne, Jésus-Christ, plus que dans des doctrines et des idées. Si l’on rencontre un enfant inquiet, en pleurs, et qu’on essaie de le réconforter et de lui donner du repos en utilisant des idées et de la logique, cela ne servira à rien. Mais lorsque sa maman arrive, l’enfant est à nouveau heureux.

iii. Ceux qui prêchent ce repos doivent le posséder eux-mêmes. « Il n’y a pas longtemps, un de nos ministres prêchait le salut et l’œuvre de l’Esprit dans le cœur, puis un membre de la congrégation se leva et lui demanda respectueusement : “Prédicateur, savez-vous tout cela par ce que d’autres personnes ont rapporté, ou avez-vous expérimenté cela personnellement ?”Le prédicateur ne fut nullement troublé par la question, mais s’en réjouit plutôt, et il répondit honnêtement : “J’ai placé ma confiance en Christ. Je suis sauvé, et je connais et ressens la paix qui en résulte.” S’il n’avait pas pu faire cette déclaration solennelle, il n’aurait eu aucune influence sur la personne qui avait posé la question. » (C. H. Spurgeon)

4. (10) Le repos signifie ne pas continuer à travailler.

En effet, celui qui entre dans le repos de Dieu se repose lui aussi de son activité, tout comme Dieu s’est reposé de la sienne.

a. Celui qui entre dans le repos de Dieu se repose lui aussi de son activité: Entrer dans ce repos signifie ne plus avoir besoin de travailler. L’idée n’est pas qu’il n’y a plus de place pour faire de bonnes œuvres. L’idée est qu’il n’y a plus de place pour les œuvres comme base de notre autojustification.

i. « Dans un certain sens, entrer dans le salut chrétien signifie cesser ses œuvres et se reposer en toute sécurité sur ce que Christ a accompli. »(L. Morris)

b. Se repose lui aussi de son activité, tout comme Dieu s’est reposé de la sienne: Cette cessation d’activités comme base de la justice réalise notre « repos du sabbat ».Dans Genèse 2:2, Dieu s’est reposé de ses œuvres le jour de sabbat originel parce que son œuvre était achevée. Nous cessons les œuvres d’autojustification parce que Jésus a achevé l’œuvre sur la croix.

5. (11) Mettre en pratique, par la foi, l’idée et l’invitation à entrer dans le repos de Dieu.

Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos afin que personne ne tombe en donnant le même exemple de désobéissance.

a. Empressons-nous donc: Cette expression, ou cette idée, apparaît plusieurs fois dans le livre des Hébreux. Elle présente une vérité doctrinale – dans le cas présent, la vérité d’un repos disponible accessible par la foi – suivie de sa mise en pratique.

b. Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos: Le repos est disponible, mais Dieu ne nous l’impose pas. Nous devons entrer dans ce repos. Il est clair qu’il faut la foi pour entrer dans ce repos, mais une foi empressée. La foi n’est donc pas passive ; elle doit être accompagnée de l’empressement à faire confiance et s’accrocher à Jésus et à son œuvre pour nous, et en dépendre.

c. Afin que personne ne tombe en donnant le même exemple de désobéissance: Si on ne s’empresse pas d’entrer dans ce repos, le résultat peut être un désastre. On risque de tomber en donnant le même exemple de désobéissance. On risque de tomber autant que les enfants d’Israël tombèrent dans le désert.

6. (12-13) Sondés par la Parole de Dieu.

En effet, la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante que toute épée à deux tranchants, pénétrante jusqu’à séparer âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. Aucune créature n’est cachée devant lui : tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte.

a. En effet, la parole de Dieu: La parole de Dieu diagnostique la condition de l’homme avec une précision chirurgicale. Elle expose le cœur et discerne avec précision la santé spirituelle. Les premiers destinataires de l’épître aux Hébreux étaient prêts à suivre l’exemple de l’échec des enfants d’Israël et à abandonner la foi efficace et vivante.

b. Vivante et efficace: Lorsque la parole de Dieu expose ainsi nos faiblesses et notre incrédulité, elle met en évidence sa puissance, sa précision et son acuité inhérentes. Il convient de constamment se rappeler que lorsque nous nous soumettons à la parole de Dieu, nous le faisons pour bien plus que simplement acquérir une connaissance intellectuelle ou pour apprendre des faits bibliques. Nous le faisons pour le ministère de la Parole, car Dieu nous rencontre dans sa parole et le Saint-Esprit œuvre puissamment par l’intermédiaire de la parole de Dieu. Cette œuvre spirituelle de la Parole de Dieu va au-delà de la valeur éducative de base de l’apprentissage de la Bible.

i. La parole de Dieu apporte la santé, la productivité, la prospérité et le succès véritables à ce que nous faisons. (Psaumes 1:3)

ii. La parole de Dieu a le pouvoir de guérir et de délivrer de l’oppression. (Psaumes 107:20 ; Matthieu 8:8 ; Matthieu 8:16)

iii. La parole de Dieu nous purifie. Si nous prêtons attention à la parole de Dieu, nos voies seront purifiées. (Psaumes 119:9 ; Jean 15:3 ; Éphésiens 5:26)

iv. iv. La parole de Dieu, enfouie dans nos cœurs, nous garde du péché. (Psaumes 119:11)

v. La parole de Dieu conseille. Lorsque nous faisons de la parole de Dieu nos délices, elle devient pour nous une riche source de conseils et d’orientation. (Psaumes 119:24)

vi. La parole de Dieu est une source de force. (Psaumes 119:28)

vii. La parole de Dieu donne la vie. C’est une source continue de vie. (Psaumes 119:93 ; Matthieu 4:4)

viii. La parole de Dieu est une source d’inspiration et d’orientation. Là où entre la parole de Dieu entre, là entre la lumière. Elle rend les simples sages et intelligents. (Psaumes 119:105 ; Psaumes 119:130)

ix. La parole de Dieu donne la paix à ceux qui l’aiment. Ils sont en sécurité, se tenant dans un endroit sûr. (Psaume 119:165)

x. Lorsque la parole de Dieu est entendue et comprise, elle porte du fruit. (Matthieu 13:23)

xi. La parole de Dieu a une puissance et une autorité inhérentes contre les puissances démoniaques. (Luc 4:36)

xii. Jésus lui-même – sa personne éternelle – est décrit comme la Parole. Ainsi, lorsque nous sommes dans la parole de Dieu, nous sommes en Jésus. (Jean 1:1)

xiii. Écouter la parole de Dieu est essentiel à la vie éternelle. On ne peut passer de la mort à la vie sans écouter la parole de Dieu. (Jean 5:24 ; Jacques 1:21 ; 1 Pierre 1:23)

xiv. Demeurer – vivre – dans la parole de Dieu est la preuve d’une véritable vie de disciple. (Jean 8:31)

xv. La parole de Dieu est le moyen de sanctification. (Jean 17:17)

xvi. Le Saint-Esprit peut agir avec une grande puissance lorsque la parole de Dieu est prêchée. (Actes 10:44)

xvii. Écouter la parole de Dieu construit la foi. (Romains 10:17)

xviii. S’attacher fermement à la parole de Dieu donne l’assurance du salut. (1 Corinthiens 15:2)

xix. La fidélité à la parole de Dieu donne aux ministres de la Parole une conscience claire. Ils savent qu’ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient faire devant Dieu. (2 Corinthiens 4:2 ; Philippiens 2:16)

xx. La parole de Dieu est l’épée de l’Esprit. C’est un équipement pour la bataille spirituelle, surtout dans l’idée d’une arme offensive. (Éphésiens 6:17)

xxi. La parole de Dieu vient avec la puissance du Saint-Esprit, avec « une pleine conviction ». (1 Thessaloniciens 1:5)

xxii. La parole de Dieu agit efficacement dans la vie de ceux qui croient. (1 Thessaloniciens 2:13)

xxiii. La parole de Dieu sanctifie la nourriture même que nous mangeons ! (1 Timothée 4:5)

xxiv. La parole de Dieu n’est pas morte ; elle est vivante et active et plus tranchante qu’une épée à deux tranchants. La parole de Dieu peut nous sonder comme le scalpel expert d’un chirurgien, coupant ce qui doit être coupé et gardant ce qui doit être gardé. (Hébreux 4:12)

xxv. La parole de Dieu est la source de la croissance spirituelle du chrétien. (1 Pierre 2:2 ; 1 Corinthiens 2:1-5)

c. Est vivante et efficace: Ayant compris la nature spirituelle de la Bible, l’auteur de l’épître aux Hébreux peut écrire cela en toute confiance. La Bible n’est pas un simple recueil d’histoires et de mythes anciens. Elle a une vie et une puissance inhérentes. Ce n’est pas le prédicateur qui rend la Bible vivante, c’est la Bible qui est vivante et donne vie au prédicateur, ainsi qu’à toute autre personne qui la reçoit avec foi.

i. Efficace (traduit« opérante » dans la version Darby) signifie active, or quelque chose peut être vivant, mais en sommeil. La parole de Dieu est à la fois vivante et efficace, elle agit.

d. Plus tranchante que toute épée à deux tranchants, pénétrante jusqu’à séparer âme et esprit, jointures et moelles: La parole de Dieu nous touche avec une étonnante précision, et le Saint-Esprit équipe le ministère de la parole avec la puissance d’agir profondément dans notre cœur.

i. Souvent les gens se demandent comment le message d’un prédicateur peut s’appliquer à leur vie de manière si pertinente. Ils se demandent honnêtement si le prédicateur a des informations secrètes sur leur vie, alors que ce n’est pas nécessairement le cas. C’est plutôt le caractère tranchant de la Parole de Dieu qui délivre le message juste au bon endroit.

ii. «Une épée à deux tranchants n’a pas de côté émoussé : elle coupe d’un côté et de l’autre. La révélation de Dieu qui nous est donnée dans les Saintes Écritures est tranchante de tous les côtés. Elle est vivante dans chaque partie, et dans chaque partie elle est aiguisée pour couper la conscience et blesser le cœur. Soyez sûr qu’il n’y a pas un verset superflu dans la Bible, ni un chapitre qui soit inutile. » (C. H. Spurgeon)

iii. « Bien qu’elle ait le tranchant d’une épée, elle a aussi la pointe d’une rapière, “perçant jusqu’à séparer l’âme et de l’esprit”. La difficulté avec le cœur de certains hommes, c’est de les atteindre. En fait, le cœur d’un homme naturel ne peut être pénétré spirituellement que par cet instrument perçant qu’est la Parole de Dieu. Et la rapière de la révélation traverse tout. » (C. H. Spurgeon)

e. Jusqu’à séparer âme et esprit: L’auteur de l’épître aux Hébreux fait une distinction entre l’âme et l’esprit, indiquant qu’une séparation peut être faite entre les deux.

i. Il y a certainement une distinction entre l’âme et l’esprit. « L’usage du terme pneuma dans le Nouveau Testament se réfère à l’esprit humain et se focalise sur l’aspect spirituel de l’homme, c’est-à-dire sa vie en relation avec Dieu, tandis que le terme « psyche» renvoie à la vie de l’homme indépendamment de son expérience spirituelle, c’est-à-dire sa vie en relation avec lui-même, ses émotions et ses pensées. Il y a une forte antithèse entre les deux dans la théologie de Paul. » (D. Guthrie)

ii. Mais l’objectif de ce passage n’est pas d’énoncer une théologie de la différence entre l’âme et l’esprit. « Les tentatives pour expliquer [ces termes] sur une base psychologique sont vaines. L’expression a une forme poétique et signifie que la parole pénètre jusqu’aux recoins les plus intimes de notre être spirituel, comme une épée qui traverse les jointures et la moelle du corps. » (M. R. Vincent)

iii. Il est cependant important de comprendre ce que la Bible entend par les termes âme et esprit. La Bible dit que les gens ont une nature « intérieure » et une autre « extérieure » (Genèse 2:7 ; 2 Corinthiens 4:16). L’homme intérieur y est décrit aussi bien par le terme « esprit »(Actes 7:59 ;Matthieu 26:41 ; Jean 4:23-24) que par le terme « âme » (1 Pierre 2:11 ; Hébreux 6:19 ;Hébreux 10:39). Les deux termes y sont souvent utilisés de manière interchangeable, généralement en référence à l’homme intérieur. Mais ce n’est pas toujours le cas. On y voit parfois une distinction faite entre l’âme et l’esprit. L’âme semble se focaliser plus sur l’individualité en ce qui concerne la vie intérieure (souvent définie comme intelligence, volonté et émotions) ; tandis que l’esprit semble se focaliser davantage sur le contact et la puissance surnaturels dans la vie intérieure.

iv. La distinction entre âme et esprit est évidente dans des passages comme celui-ci (Hébreux 4:12) et 1 Thessaloniciens 5:23. Mais, des passages comme Job 7:11 et Ésaïe 26:9 montrent que les deux termes sont parfois utilisés indifféremment pour désigner l’homme intérieur.

v. Puisque les termes âme et esprit se réfèrent tous les deux à « l’homme intérieur »,ils sont facilement confondus. Souvent, une expérience destinée à édifier l’esprit ne fait que « bénir » l’âme. Il n’y a rien de mal à être enthousiasmé et béni au niveau de « l’âme », mais rien de cela n’édifie sur le plan spirituel. C’est ainsi que de nombreux chrétiens passent d’une expérience passionnée à une autre, sans véritablement grandir spirituellement – le ministère qu’ils reçoivent reste au niveau de l’âme. C’est pourquoi la Parole de Dieu est si puissante et précise ; elle peut percer jusqu’à séparer âme et esprit, ce qui n’est pas facile à faire.

vi. « Lorsque l’âme est ainsi distinguée de l’esprit, on entend alors par âme la faculté inférieure par laquelle nous pensons et désirons ce qui concerne notre être et notre bien-être présents. Et par esprit on entend la puissance supérieure par laquelle nous préférons les choses futures à celles présentes. » (A. Clarke)

vii. Les termes « chair» (Colossiens 2:5 ; Matthieu 26:41 ; Galates 5:16-17) et « corps » (Romains 6:6 ; Romains 8:13 ; 1 Corinthiens 6:13 et 6:19-20) décrivent quant à eux l’homme extérieur. Les termes « chair » et « corps »semblent également inclure des aspects de notre personne tels que les sens et les habitudes. Lorsque nous permettons à notre chair de diriger nos pensées et nos actions, cela aboutit à la ruine spirituelle. Dieu veut que nous soyons dirigés par l’esprit, non par la chair, ni même par l’âme.

f. Tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte: Personne n’est caché devant Dieu. Il voit notre cœur et sait comment le toucher, et nous devons rendre compte de la façon dont nous y réagissons.

i. Nu rappelle comment Dieu a vu Adam malgré sa tentative de sa cacher. De la même manière, Dieu nous voit dans nos cachettes.

ii. Découvert est la traduction du terme grec « trachelizo » qui n’est utilisé qu’ici dans le Nouveau Testament. Ce terme était appliqué à un lutteur tenant son adversaire par une prise consistant à le saisir au cou et à le plier au sol, prise si puissante qu’elle assurait la victoire. Ce terme peut ainsi signifier « prosterner »ou « renverser », mais de nombreux érudits adoptent le sens simple de « découvert » – sous l’acception de mettre un adversaire à découvert et le vaincre.

iii. Rappelez-vous le contexte : l’auteur de l’épître aux Hébreux est ici convaincu d’avoir percé le cœur de son public, qui pense « abandonner » Jésus. Dans ce passage, il explique clairement qu’il est impossible d’abandonner Jésus et s’imaginer qu’il est possible de le garder « caché » à Dieu. La parole de Dieu met à découvert et expose leur condition.

B. Jésus notre grand-prêtre.

1. (14) Voir Jésus, notre grand-prêtre.

Ainsi, puisque nous avons un souverain grand-prêtre qui a traversé le ciel, Jésus, le Fils de Dieu, restons fermement attachés à la foi que nous professons.

a. Puisque nous avons un souverain grand-prêtre: L’idée que Jésus est notre souverain grand-prêtre a déjà été mentionnée précédemment (Hébreux 2:17 et Hébreux 3:1). Mais ici, l’idée sera développée plus en détail.

b. Puisque nous avons: L’auteur de l’épître aux Hébreux attire l’attention sur le caractère spécifique et sans égal de Jésus en tant que notre souverain grand-prêtre :

·Aucun autre grand-prêtre n’a été qualifié de souverain ;

·Aucun autre grand-prêtre… n’a traversé le ciel ;

·Aucun autre grand-prêtre n’est le Fils de Dieu.

c. Restons fermement attachés à la foi que nous professons: C’est merveilleux de savoir que nous avons un grand-prêtre, et combien il est unique et glorieux. Et plus encore qu’il a traversé le ciel, qu’il est monté au ciel et qu’il y exerce maintenant son ministère à notre profit. Ces deux vérités devraient nous encourager à rester fermement attachés à la foi que nous professons.

2. (15) Notre grand-prêtre peut compatir avec nous.

En effet, nous n’avons pas un grand-prêtre incapable de compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté en tout point comme nous, mais sans commettre de péché.

a. Nous n’avons pas un grand-prêtre incapable de compatir: Jusqu’ici, l’auteur de l’épître aux Hébreux a pris soin de documenter la divinité de Jésus (Hébreux 1:4-14), tout en rappelant son humanité compatissante (Hébreux 2:5-18). Cela signifie que Jésus, Dieu le Fils, intronisé au ciel, notre grand-prêtre, peut compatir à nos faiblesses.

i. Pour les Grecs de l’Antiquité, l’attribut principal de Dieu était l’apatheia ou l’incapacité à ressentir quoi que ce soit. Ce n’est pas le cas de Jésus. Il sait et ressent ce que nous endurons. Le terme grec traduit ici compatir signifie littéralement « souffrir avec ».

ii. La différence réside dans ce que Jésus ajoute l’humanité à sa divinité et a vécu parmi nous. Vivre une telle expérience fait toute la différence. On peut entendre parler d’une tragédie survenue dans un lycée et ressentir une certaine tristesse. Mais ce n’est rien comparé à la douleur qu’on ressent quand c’est dans le lycée qu’on fréquente soi-même.

b. Au contraire, il a été tenté en tout point comme nous, mais sans commettre de péché: Jésus sait ce que veut dire être tenté et lutter contre le péché, bien qu’il n’ait jamais été souillé par le péché. « Son manque de péché était, au moins en partie, un manque de péché mérité, car il a remporté victoire après victoire dans la constante lutte contre la tentation que comporte la vie dans ce monde. »(L. Morris)

i. Il nous arrive de penser que, puisque Jésus est Dieu, il ne peut en aucun cas connaître la tentation comme nous la connaissons. C’est vrai en partie : Jésus a fait face à la tentation beaucoup plus sévèrement que nous ne l’avons jamais fait ou ne le ferons jamais. Celui qui est sans péché connaît des aspects de la tentation que nous ignorons, car seul celui qui ne cède jamais à la tentation connaît toute la force de la tentation. Il est vrai que Jésus n’a jamais fait face à la tentation dans le sens d’une tentation intérieure comme c’est le cas pour nous ; en effet, il n’a jamais eu une nature pécheresse qui pouvait le pousser à pécher de l’intérieur. Mais il a connu la force et la fureur de la tentation extérieure d’une manière et à un degré que nous ne pourrons jamais connaître. Il sait ce que nous endurons et il a fait face à pire que cela.

ii. « Il a triomphalement enduré toutes les formes d’épreuves qu’un homme peut endurer, sans aucun affaiblissement de sa foi en Dieu et sans jamais rechigner à lui obéir. Une telle endurance implique davantage, pas moins, que la souffrance humaine ordinaire. »(A. B. Bruce)

c. Compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté en tout point: Jésus peut compatir à nos faiblesses et nos tentations, mais il ne peut pas compatir à nos péchés. Ne pensons pas que cela rend Jésus moins compatissant à notre égard, et qu’il nous comprendrait mieux s’il avait péché lui-même.

i. « Mais écoutez-moi : n’imaginez pas que si le Seigneur Jésus avait péché, il aurait été plus tendre envers vous ; car le péché est toujours de nature à endurcir. Si le Christ de Dieu avait pu pécher, il aurait perdu la perfection de sa nature compatissante. » (C. H. Spurgeon)

3. (16) Une invitation : approcher du trône de la grâce.

Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d’obtenir compassion et de trouver grâce pour être secourus au moment opportun.

a. Approchons-nous donc avec assurance: Puisque nous avons un grand- prêtre qui est à la fois omnipotent et compatissant, nous pouvons nous approcher avec assurance de son trône. Nous dissuader d’y accéder est une stratégie centrale de Satan. Le diable veut parfois que nous considérions Jésus comme inaccessible, lointain – quitte à nous encourager à nous approcher en passant par Marie ou par les saints au lieu de passer par Jésus. Le diable veut parfois nous amener à considérer Jésus comme étant impuissant pour nous aider, et non comme quelqu’un qui est assis sur un trône dans le ciel.

i. « Avec assurance » ne signifie pas avec fierté, arrogance ou présomption :

·Avec assurance signifie que nous pouvons nous approcher constamment ;

·Avec assurance signifie que nous pouvons nous approcher sans réserve ;

·Avec assurance signifie que nous pouvons nous approcher librement, sans utiliser de grands mots ;

·Avec assurance signifie que nous pouvons nous approcher avec confiance ;

·Avec assurance signifie que nous pouvons nous approcher avec persévérance.

b. Le trône de Dieu est un trône de la grâce. Lorsque nous en approchons, nous pouvons obtenir compassion (ce n’est pas obtenir ce que nous méritons) et trouver grâce (c’est obtenir ce que nous ne méritons pas) au moment opportun.

i. Les anciens rabbins juifs enseignaient que Dieu avait deux trônes, l’un de miséricorde et l’autre de jugement. Ils disaient cela parce qu’ils savaient que Dieu était à la fois miséricordieux et juste, mais ils ne pouvaient pas réconcilier ces deux attributs de Dieu. Ils pensaient que Dieu avait peut-être deux trônes qui exposaient les deux aspects de son caractère. Sur un trône, il avait établi le jugement et sur l’autre, la miséricorde. Mais ici, à la lumière de l’œuvre accomplie par Jésus, nous voyons la miséricorde et le jugement réconciliés en un seul trône de la grâce.

ii. Rappelez-vous que la grâce n’ignore pas la justice de Dieu ; elle opère en accomplissement de la justice de Dieu, à la lumière de la croix.

c. Trouver grâce pour être secourus au moment opportun: Heureusement, Dieu nous apporte son secours au moment opportun. Aucune demande n’est trop petite, car il veut que nous ne nous inquiétions de rien, mais qu’en toute chose faisons connaître nos besoins à Dieu par des prières… (Philippiens 4:6)

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