Hébreux 9 – Comparaison entre l’ancienne et la nouvelle alliance
A. Caractéristiques de l’ancienne alliance.
1. (1-5) Le tabernacle de l’ancienne alliance et ses ustensiles.
La première alliance avait donc des règles relatives au culte et un sanctuaire terrestre. En effet, un tabernacle avait été édifié. La première partie de cette tente, appelée le lieu saint, abritait le chandelier, la table et les pains consacrés. Derrière le second voile se trouvait la partie du tabernacle appelée le lieu très saint ; elle abritait l’encensoir en or pour les parfums ainsi que l’arche de l’alliance, entièrement recouverte d’or. Ce coffre contenait un vase d’or rempli de manne, le bâton d’Aaron qui avait fleuri et les tables de l’alliance. Au-dessus de l’arche se trouvaient les glorieux chérubins qui couvraient le propitiatoire de leur ombre. Ce n’est pas le moment de parler en détail là-dessus.
a. Un sanctuaire terrestre: Le tabernacle ordonné par l’ancienne alliance était conçu par Dieu, mais pour un service terrestre.
b. Un tabernacle avait été édifié: Le tabernacle était une tente de 30 coudées (15 mètres) de long, 10 coudées (5 m) de large et 10 coudées (5 m) de haut, divisée en deux pièces. La plus grande pièce (la première partie) était un « lieu saint » de 10 coudées (5 m) sur 20 coudées (10 m). Derrière le second voile se trouvait la plus petite pièce de 10 coudées (5 m) sur 10 coudées (5 m), appelée le lieu très saint.
c. Le chandelier: Ce support pour les lampes du tabernacle avait une tige centrale portant six branches ; il se dressait dans la première partie. Il était d’une taille non spécifiée, fait d’or pur et fournissait l’unique lumière à l’intérieur du tabernacle (Exode 25:31-40).
d. La table: Elle se trouvait dans la première partie et était faite de bois d’acacia recouvert d’or, mesurant 2 coudées (90 cm) de long, 1 coudée (45 cm) de large et 1 coudée et demie (70 cm) de haut. On y plaçait 12 pains consacrés, chacun représentant la communion de Dieu avec les 12 tribus d’Israël (Exode 25:23-30).
e. Un sanctuaire: Ceci réfère à la première partie, appelée le « lieu saint ». Un voile (un rideau épais) séparait la première partie du lieu très saint, appelé aussi le « saint des saints » (Exode 26:31-33).
f. L’encensoir en or pour les parfums: Il était fait de bois d’acacia recouvert d’or, mesurant 1 coudée au carré [1/4 m2] et 2 coudées (1 m) de haut. Il était dressé près du voile devant le « saint des saints » et servait à brûler de l’encens (Exode 30:1-8).
g. L’arche de l’alliance: Elle se trouvait à l’intérieur du lieu très saint. C’était un coffre en bois d’acacia recouvert d’or, long de 2 coudées et demie (1,25 m), large de 1 coudée et demie (70 cm) et haut de 1 coudée et demie (70 cm). Elle était dotée d’anneaux pour y glisser sur les côtés les barres permettant de la porter sans toucher l’arche elle-même (Exode 25:10-22).
i. À l’intérieur de l’arche se trouvaient un vase d’or rempli de manne (Exode 16:33), le bâton d’Aaron qui avait fleuri (Nombres 17:6-11) et les tables de l’alliance (Exode 25:16) :
·La manne rappelait à Israël la provision de Dieu et son ingratitude ;
·Le bâton d’Aaron rappelait à Israël sa rébellion contre l’autorité de Dieu ;
·Les tables de l’alliance rappelaient à Israël son incapacité à respecter les Dix Commandements et le reste de la loi.
h. Le propitiatoire: C’était le « couvercle » de l’arche orné de sculptures de chérubins sur le dessus. Le sang du sacrifice pour le pardon des péchés d’Israël y était aspergé le jour des Expiations (Exode 25:17-22).
i. Lorsque Dieu plongeait le regard sur l’arche, il voyait les symboles du péché, de la rébellion et de l’échec d’Israël. Mais lorsque le sang du sacrifice était appliqué sur le propitiatoire, le sang couvrait le péché d’Israël à la vue de Dieu.
2. (6-7) Le service des prêtres dans le tabernacle sous l’ancienne alliance.
L’ensemble étant ainsi disposé, les prêtres qui font le service entrent en tout temps dans la première partie du tabernacle. Mais dans la seconde, seul le grand-prêtre entre, et ce une fois par an, non sans y apporter du sang qu’il offre pour lui-même et pour les péchés du peuple.
a. Les prêtres qui font le service entrent en tout temps dans la première partie du tabernacle: Les prêtres, selon les instructions, entraient chaque jour dans le lieu saint pour accomplir des fonctions rituelles telles que s’occuper du chandelier ou remplacer les pains consacrés.
b. Mais dans la seconde, seul le grand-prêtre entre, et ce une fois par an: Dans la seconde partie – appelée aussi « lieu très saint »– seul entrait le grand-prêtre et ce seulement une fois par an, le jour des Expiations.
c. Seul le grand-prêtre entre, et ce une fois par an, non sans y apporter du sang: Son entrée dans la seconde partie n’avait pas pour objet la célébration, mais seulement l’expiation. Le sang expiatoire qu’il y apportait était nécessaire d’abord pour ses propres péchés, puis pour les péchés de son peuple.
i. L’accès au Saint des Saints était donc sévèrement restreint. Même lorsque quelqu’un pouvait y entrer, ce n’était pas pour une véritable communion avec Dieu.
ii. Les anciens rabbins juifs ont écrit que le jour des Expiations le grand-prêtre ne prolongeait pas le temps de prière qu’il passait dans le Saint des Saints, car cela aurait pu faire croire au peuple qu’il avait été tué. De fait, lorsqu’il en sortait, il organisait une fête en conviant tous ses amis, car il était sorti sain et sauf de la présence de Dieu.
d. Pour les péchés du peuple. Le jour des Expiations visait spécifiquement les péchés inconscients ou commis par ignorance. Quant aux péchés conscients, ceux-ci étaient supposés être effacés par les offrandes régulières pour le péché et les sacrifices quotidiens.
i. À cet égard, l’œuvre de Jésus est bien plus grande que celle accomplie le jour des Expiations. L’œuvre de Jésus sur la croix suffit à expier à la fois les péchés inconscients et les péchés conscients.
3. (8-10) Le Saint-Esprit explique le service des prêtres de l’ancienne alliance.
Le Saint-Esprit montrait par là que le chemin du lieu très saint n’était pas révélé tant que le premier tabernacle était dressé. C’est une illustration pour le temps présent ; elle signifie que les dons et les sacrifices présentés ne peuvent pas rendre parfait, sur le plan de la conscience, celui qui prend part à ce culte. Avec les aliments, les boissons, les diverses ablutions et les règles relatives au corps, c’étaient des prescriptions imposées seulement jusqu’à une époque de réforme.
a. Le chemin du lieu très saint n’était pas révélé tant que le premier tabernacle était dressé: L’ancienne voie de Dieu devait disparaître avant que ne puisse être révélée la voie nouvelle.
b. C’est une illustration pour le temps présent: Illustration est la traduction du terme grec parabole. Le tabernacle lui-même et tout ce que l’ancienne alliance représentait suggéraient des vérités plus profondes, des paraboles de la nouvelle alliance.
c. Ne peuvent pas rendre parfait, sur le plan de la conscience, celui qui prend part à ce culte: Sous l’ancienne alliance, le service des prêtres qui offraient les sacrifices ne pouvait les rendre parfaits et purs, quant à leur conscience.
i. Si la purification était incomplète pour le prêtre, a combien plus forte raison pour la personne pour laquelle le prêtre faisait le service !
d. C’étaient des prescriptions imposées seulement jusqu’à une époque de réforme: La faiblesse du service des prêtres de l’ancienne alliance était son incapacité à répondre au besoin de transformation intérieure de l’homme. C’est pourquoi ses prescriptions ont été imposées seulement jusqu’à une époque de réforme.
B. Description des caractéristiques de la nouvelle alliance.
1. (11) Le sanctuaire supérieur de la nouvelle alliance.
Quant à Christ, il est venu comme grand-prêtre des biens à venir. Il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait qui n’est pas construit par la main de l’homme – c’est-à-dire qui n’appartient pas à cette création
a. Le tabernacle plus grand et plus parfait qui n’est pas construit par la main de l’homme: Jésus, notre grand-prêtre, exerce son ministère dans un sanctuaire supérieur – la salle même du trône de Dieu. De toute évidence, c’est un lieu plus grand que tout ce que des mains humaines pourraient créer.
2. (12-15) Le sacrifice supérieur de la nouvelle alliance.
Et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non pas avec le sang de boucs et de jeunes taureaux, mais avec son propre sang. Il nous a ainsi obtenu un rachat éternel. En effet, le sang des boucs et des taureaux ainsi que la cendre d’une vache, dont on asperge ceux qui sont souillés, les rendent saints en leur procurant une pureté rituelle. Si tel est le cas, le sang de Christ, qui s’est offert lui-même à Dieu par l’Esprit éternel comme une victime sans défaut, purifiera d’autant plus votre conscience des œuvres mortes afin que vous serviez le Dieu vivant ! Voici pourquoi il est le médiateur d’une alliance nouvelle : sa mort est intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance afin que ceux qui ont été appelés reçoivent l’héritage éternel promis.
a. Le sang de boucs et de jeunes taureaux: Le sacrifice animal ne pouvait que couvrir temporairement le péché, car seul un sacrifice parfait pouvait obtenir le rachat éternel.
i. Le sacrifice de Jésus est supérieur en ce qu’il est parfait, volontaire, rationnel et motivé par l’amour.
b. Il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint (…) avec son propre sang: Dans le tabernacle, le sacrifice était fait à l’extérieur du voile, sur l’autel ; mais le sang expiatoire était apporté dans le lieu très saint, qui représentait le trône de Dieu. De la même manière, Jésus a dû mourir ici-bas, hors du ciel et parmi les hommes pécheurs, mais le prix acquitté par sa mort a dû être accepté dans le ciel.
i. Il est entré (…) dans le lieu très saint: Une fois par an, le grand-prêtre entrait, traversait le voile et revenait, laissant se refermer le voile derrière lui en sortant – la barrière restait. Jésus, lui, a déchiré le voile et est resté dans le lieu très saint, le ciel, où il nous accueille. Le christianisme est donc une question d’accès, et non de barrières.
ii. Avec son propre sang: « Dans les Écritures, le sang inclut toujours les deux pensées d’une mort subie et d’une vie offerte. » (R. L. Thomas)
iii. « Le Seigneur Jésus-Christ n’est pas venu sur terre pour apporter une réconciliation par la sainteté de sa vie, ou par le sérieux de son enseignement, mais par sa mort. » (C. H. Spurgeon)
iv.« Le Seigneur Jésus n’a pas apporté devant Dieu les souffrances ou les mérites des autres, mais sa propre vie et sa propre mort. »(C. H. Spurgeon)
c. Le sang des boucs et des taureaux… les rendent saints en leur procurant une pureté rituelle… le sang de Christ… purifiera d’autant plus: Si ces sacrifices imparfaits étaient reçus comme suffisants par Israël, alors ils devraient à plus forte raison considérer la suffisance ultime du sacrifice parfait.
i. La cendre d’une vache évoque les restes conservés après un holocauste. La cendre était saupoudrée dans le bassin des ablutions pour fournir l’eau convenant à la purification cérémonielle (Nombres 19:1-10).
ii. C’était une ombre, qui a été accomplie et supprimée lorsque Jésus a offert une purification parfaite. Par conséquent, « l’eau bénite » utilisée par l’Église catholique romaine n’a aucune valeur.
iii. On dit que certains recherchent une « génisse rousse » qui sera sacrifiée et dont la cendre sera utilisée dans le cadre de la restauration des fonctions de prêtre d’un temple reconstruit à Jérusalem.
d. Si tel est le cas, le sang de Christ (…) purifiera d’autant plus votre conscience des œuvres mortes afin que vous serviez le Dieu vivant ! Le sacrifice de Jésus suffit à restaurer notre conscience endommagée.
i. Notre conscience est un merveilleux outil de Dieu. Mais elle n’est pas parfaite. Notre conscience peut être marquée au fer rouge (1 Timothée 4:2). Notre conscience peut être souillée (Tite 1:15). Notre conscience peut être mauvaise (Hébreux 10:22 ).
e. Purifiera d’autant plus votre conscience des œuvres mortes: Les œuvres mortes dont il est question ici sont probablement une référence au péché en général, dans le sens des « œuvres qui entraînent la mort ». Cependant, l’expression doit aussi se référer à la vaine continuation des sacrifices de l’ancienne alliance, ce qui est certainement une œuvre morte – et le type même de la chose vers laquelle ces chrétiens juifs découragés étaient tentés de revenir.
f. Afin que vous serviez le Dieu vivant ! Le croyant est purifié, sa conscience notamment, non pour vivre pour lui-même mais pour servir le Dieu vivant. Le terme grec traduit ici servir est latreuo qui se réfère au service religieux ou cérémoniel des prêtres.
i.« Et, chers amis, gardez à l’esprit que vous devez désormais “servir le Dieu vivant”. Vous qui connaissez le grec, vous constaterez que le genre de service mentionné ici n’est pas celui que l’esclave ou le serviteur rend à son maître, mais un service d’adoration tel que celui rendu à Dieu par les prêtres. Nous qui avons été purifiés par Christ, nous devons rendre à Dieu le culte d’un sacerdoce royal. Il nous appartient de présenter des prières, des actions de grâces et des sacrifices ; il nous appartient d’offrir l’encens de l’intercession ; il nous appartient d’allumer la lampe du témoignage et de fournir la table des pains consacrés. » (C. H. Spurgeon)
g. Il est le médiateur d’une alliance nouvelle : sa mort est intervenue: L’œuvre de médiation de Jésus a été fondamentalement accomplie à sa mort. Son œuvre céleste de médiation se rapporte à ce sacrifice parfait.
h. Pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance: Le prix payé par Jésus sur la croix a accompli le rachat pour ceux qui vivaient sous la première alliance. Chaque sacrifice pour le péché fait avec foi selon le commandement mosaïque était une reconnaissance de dette qui a été payée en totalité à la croix.
3. (16-22) Nécessité de la mort de Jésus.
En effet, là où il y a un testament, il est nécessaire que la mort du testateur soit constatée. Un testament n’entre en vigueur qu’en cas de décès, puisqu’il n’a aucun effet tant que le testateur vit. C’est pourquoi, même la première alliance a été inaugurée avec du sang. Après avoir prononcé devant le peuple entier tous les commandements conformément à la loi, Moïse a pris le sang des jeunes taureaux et des boucs ainsi que de l’eau, de la laine écarlate et de l’hysope, et il a aspergé le livre lui-même et tout le peuple en disant : Voici le sang de l’alliance que Dieu a prescrite pour vous. Il a aussi aspergé avec le sang le tabernacle et tous les ustensiles du culte. Or, d’après la loi, presque tout est purifié avec du sang et, s’il n’y a pas de sang versé, il n’y a pas de pardon.
a. Un testament n’entre en vigueur qu’en cas de décès: Un testament (au sens juridique habituel de « dernières volontés et testament ») n’entre en vigueur qu’à la mort de la personne qui l’a fait. C’est ainsi que Jésus devait mourir pour que le testament – l’alliance – entre en vigueur.
i. « Le même terme grec est traduit “alliance” et “testament”, et bien qu’il soit difficile d’utiliser ces deux termes en même temps, il semble n’y avoir aucun doute qu’au verset 15 le terme a le sens “alliance”, et aux versets 16 et 17 il a le sens “testament”, puis le verset 18 suggère à nouveau celui d’“alliance”. » (R. L. Thomas)
ii. « Tant qu’il y a doute si un homme est vivant ou non, on ne peut gérer sa succession, mais lorsqu’on a une preuve certaine que le testateur est décédé, le testament devient dès lors applicable. Il en est de même pour le bienheureux Évangile :si Jésus n’était pas mort, l’Évangile serait nul et non avenu. » (C. H. Spurgeon)
b. C’est pourquoi, même la première alliance a été inaugurée avec du sang: Il est clair que la mort était un élément nécessaire de l’ancienne alliance. Pratiquement chaque partie du système sacrificiel sous la loi de Moïse était touchée par le sang d’une manière ou d’une autre.
c. S’il n’y a pas de sang versé, il n’y a pas de pardon: C’est un principe fondamental des relations de Dieu avec les hommes. À notre époque moderne, les gens pensent que le péché est remis (pardonné) avec le temps, par nos bonnes œuvres, par notre vie convenable ou simplement par la mort. Mais il n’y a pas de pardon sans effusion de sang, et il n’y a pas de pardon parfait sans un sacrifice parfait.
i. L’effusion du sang de Jésus est la réponse de Dieu au problème du péché de l’homme. Dans son sermon intitulé L’effusion de sang, Charles Spurgeon commence en présentant trois fous. Le premier, un soldat blessé sur le champ de bataille. Alors que le médecin s’approche de lui pour le soigner, le blessé veut immédiatement tout savoir sur le fusil et le soldat qui lui a tiré dessus. Le deuxième fou est un capitaine de navire, dont le navire est sur le point de sombrer à cause d’une terrible tempête. Au lieu d’être au gouvernail du navire et d’essayer de le guider à travers les vagues déferlantes, le capitaine va dans sa cabine et se met à étudier des cartes, essayant de déterminer d’où vient la tempête. Le troisième fou est un homme pécheur malade et mourant, sur le point de sombrer sous les vagues de la justice de Dieu, mais qui se préoccupe cependant énormément de l’origine du mal. Nous devrions nous intéresser à la solution plus qu’au problème.
4. (23-28) Le sanctuaire parfait reçoit un sacrifice parfait.
S’il était nécessaire de purifier de cette manière ce qui n’était que l’image des réalités célestes, il fallait que les réalités célestes elles-mêmes soient purifiées par des sacrifices meilleurs encore que ceux-là. En effet, Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait par la main de l’homme, dans une simple copie du véritable, mais il est entré dans le ciel même afin de se présenter maintenant pour nous devant Dieu. Et ce n’est pas pour s’offrir lui-même plusieurs fois qu’il y est entré, comme le grand-prêtre qui entre chaque année dans le sanctuaire pour offrir un autre sang que le sien ; si tel avait été le cas, il aurait dû souffrir plusieurs fois depuis la création du monde. Mais maintenant, à la fin des temps, il s’est révélé une seule fois pour abolir le péché par son sacrifice. Il est réservé aux êtres humains de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement. De même, Christ s’est offert une seule fois pour porter les péchés de beaucoup d’hommes, puis il apparaîtra une seconde fois, sans rapport avec le péché, à ceux qui l’attendent pour leur salut.
a. Il était nécessaire de purifier de cette manière ce qui n’était que l’image des réalités célestes: Dieu pouvait accepter que ce qui n’était que l’image des réalités célestes dans le sanctuaire terrestre soit « purifié » par des sacrifices imparfaits. Par contre, les réalités céleste selles-mêmes ne pouvaient être purifiées que par une offrande parfaite.
i. « La purification implique non seulement la purification de la souillure, mais aussi la dédicace ou consécration. Tous les ustensiles utilisés dans le service du tabernacle étaient ainsi purifiés quoiqu’incapables de toute pollution morale. » (A. Clarke)
b. En effet, Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait par la main de l’homme… mais il est entré dans le ciel même: Le sacrifice de Jésus a été fait sur terre, mais il constitue la base de son œuvre perpétuelle en tant que notre médiateur et grand-prêtre dans le ciel. L’auteur de l’épître aux Hébreux le proclame : afin de se présenter maintenant pour nous devant Dieu. Il n’est pas difficile de croire que Jésus se présente devant Dieu. Mais croire qu’il s’y présente pour nous est glorieux !
c. Ce n’est pas pour s’offrir lui-même plusieurs fois: Le ministère de Jésus pour nous continue au ciel, mais pas dans le sens de continuer à expier nos péchés. Son ministère se poursuit pour nous dans l’intercession et pour nous défendre contre l’accusateur du peuple de Dieu (Apocalypse 12:10). Mais ce ministère ne se poursuit pas dans le sens où Jésus aurait à s’offrir lui-même plusieurs fois. Son sacrifice est accompli une fois pour toutes et il satisfait parfaitement la sainte justice de Dieu.
i. Ce passage et ce principe sont une réprimande directe à la pratique et à la théologie de la messe catholique romaine. Dans la messe, l’Église catholique romaine aime répéter – non pas se souvenir, mais répéter – le sacrifice expiatoire de Jésus d’innombrables fois. Cela est absolument indéfendable du point de vue scripturaire, et cela nie l’œuvre parfaitement achevée de Jésus-Christ sur la croix. Les Écritures le disent clairement : Ce n’est pas pour s’offrir lui-même plusieurs fois.
d. Il aurait dû souffrir plusieurs fois depuis la création du monde: Si le sacrifice de Jésus n’avait pas été parfait, il aurait été continuel et constant – depuis la création du monde. Les sacrifices imparfaits doivent être répétés continuellement, mais un sacrifice parfait peut être fait une fois pour toutes, et véritablement abolir le péché (pas seulement le couvrir, comme c’était le cas pour les sacrifices sous l’ancienne alliance). Le message est clair : Il s’est révélé… pour abolir le péché par son sacrifice.
i. Ce principe de sacrifice explique pourquoi la souffrance de l’enfer doit être éternelle pour ceux qui rejettent l’œuvre expiatoire de Jésus. Ils seront en enfer pour payer pour leur péché, mais étant des êtres imparfaits, ils seront incapables de réaliser un paiement total. En effet, tant que le paiement n’est pas parfait ou total, il doit être continuel et constant – et cela pour l’éternité. Pour qu’une âme puisse être libérée de l’enfer, il faut que sa dette de péché soit complètement payée – ce qui, bien entendu, n’arrivera jamais.
e. Il est réservé aux êtres humains de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement. De même, Christ s’est offert une seule fois pour porter les péchés de beaucoup d’hommes: De même que nous avons à mourir une seule fois pour ensuite être confrontés au jugement, de même Jésus n’a dû mourir qu’une seule fois (pas à plusieurs reprises, pas continuellement) pour porter nos péchés.
i. L’auteur de l’épître aux Hébreux n’avait nullement l’intention de soulever ici la question de la réincarnation, qui n’est qu’un sujet secondaire ; le fait évident sur lequel l’auteur insiste ici est simplement qu’il est réservé aux êtres humains de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement. Ce fait est évident, comme il est de même évident que Christ s’est offert une seule fois pour porter les péchés de beaucoup d’hommes. Pour l’auteur de l’épître aux Hébreux, la vérité selon laquelle il est réservé aux êtres humains de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement est un principe indiscutable.
ii. « Un homme meurt une fois pour toutes, après cela tout est fixé et réglé, et il répond de ses actes lors du jugement. Une vie, une mort – puis tout est pesé et le résultat est déclaré : “après cela vient le jugement”. Il en est de même pour Christ :il est venu et il est mort une fois pour toutes ; et après cela, pour lui aussi est arrivé le résultat de ce qu’il a fait, à savoir le salut de ceux qui l’attendent. Il est mort une fois pour toutes et il a ensuite récolté le résultat fixé, selon l’analogie de la race humaine, dont il est devenu membre et représentant. » (C. H. Spurgeon)
iii. Bien que ce ne soit pas vraiment le but de l’auteur de l’épître aux Hébreux de parler de la réincarnation, il l’a certainement et complètement rejetée ici. Nous ne mourons pas pour revivre, puis mourir à nouveau et revivre, et ainsi de suite, dans l’attente d’un jugement éternel après plusieurs cycles de vie. Nous n’avons que la vie présente, après quoi nous ferons face au jugement. Cela signifie qu’il n’y a pas de seconde chance au-delà de la tombe. Aujourd’hui est le seul moment pour choisir Jésus-Christ, car lorsque nous mourrons, il ne nous reste plus qu’à faire face au jugement.
iv. Il est important de noter que le principe selon lequel il est réservé aux êtres humains de mourir une seule fois n’est pas un principe absolu. Il existe quelques exceptions uniques et remarquables. Enoch (Genèse 5:24) et Élie (2 Rois 2:11) ne sont jamais morts. Plusieurs personnes dans la Bible ont été ressuscitées d’entre les morts (1 Rois 17:22 ; 2 Rois 13:20-21 ; Matthieu 9:25 ; Jean 11:43-44 ; Actes 20:9-11) et sont donc mortes deux fois. Ceux qui seront enlevés (1 Thessaloniciens 4:17) ne mourront jamais, même pas une seule fois. Néanmoins, ces exceptions remarquables et particulières n’infirment pas le principe selon lequel il est réservé aux êtres humains de mourir une seule fois ; ce sont des exceptions qui confirment la règle.
f. Il apparaîtra une seconde fois, sans rapport avec le péché, à ceux qui l’attendent pour leur salut: L’objectif de la première venue de Jésus était de régler le problème du péché par son sacrifice expiatoire. Mais, après avoir parfaitement réglé le problème du péché, il reviendra sans rapport avec le péché : pour le salut (au sens de sauvetage) de son peuple.
i. À ceux qui l’attendent: L’auteur suppose que tous les croyants l’attendent avec impatience ; mais il est triste de constater que cette hypothèse ne se vérifie pas toujours.
ii. « Nous devrions être quotidiennement déçus que notre Seigneur ne soit pas encore venu ;au lieu d’en arriver, comme je le crains, à une sorte de conclusion prévisible qu’il ne viendra pas tout de suite. » (C. H. Spurgeon)
©1996–present The Enduring Word Bible Commentary by David Guzik
