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Hébreux 6 – Un avertissement aux croyants découragés

A. La nature essentielle de la maturité.

1. (1a) Aller au-delà des bases.

C’est pourquoi, laissant les bases de l’enseignement relatif au Messie, tendons vers la maturité,

a. C’est pourquoi: L’auteur fait des reproches à ses lecteurs pour leur immaturité spirituelle, mais il sait aussi qu’il ne sert à rien de les traiter comme immatures. Il continue avec ses instructions et ses avertissements.

b. Les bases de l’enseignement: On aurait aussi pu dire les « rudiments » ou l’« ABC ». Ce sont des éléments de base qui sont nécessaires, mais sur lesquels on doit construire – de peur qu’ils ne demeurent qu’une fondation sans aucune structure.

c. La maturité: C’est la traduction du terme grec teleiotes qui est parfois traduit « perfection ». L’auteur de l’épître aux Hébreux affirme bien que nous ne pouvons pas atteindre la perfection de ce côté-ci de l’éternité, mais que nous pouvons et devons y atteindre une place de maturité en Jésus. L’appel est clair : tendons vers la maturité.

i. « Teleiotes n’implique pas une connaissance complète, mais une certaine maturité dans la foi chrétienne. »(W. Barclay)

2. (1b-2) Quelques-unes des « bases » à dépasser.

Sans avoir à reposer le fondement du renoncement aux œuvres mortes, de la foi en Dieu, de l’enseignement concernant les baptêmes et l’imposition des mains, de la résurrection des morts et du jugement éternel.

a. Sans avoir à reposer le fondement: Ces principes de base sont donnés en trois paires. Le renoncement et la foi vont de pair. Les baptêmes et l’imposition des mains vont de pair. La résurrection des morts et le jugement éternel sont associés.

b. Sans avoir à reposer le fondement: Beaucoup de gens considèrent que nous avons ici une liste biblique de principes de base importants de la vie chrétienne. Des séries d’études bibliques et de formation des disciples reposent leur enseignement sur l’étude de chacun de ces sujets, avec l’idée que c’est une bonne liste de doctrines de base. Mais tel n’était pas du tout le but de l’auteur ici.

i. Pour comprendre cette liste, il faut se poser les questions fondamentales suivantes :

·Qu’est-ce qui est spécifiquement chrétien dans cette liste ?

·Où est la mention spécifique de Jésus ou du salut par la grâce seule ?

·Peut-on croire ou pratiquer ces choses et ne pas être un disciple de Jésus-Christ, et ne pas croire qu’il est le Messie ?

ii. « Lorsque nous examinons les “rudiments” un par un, il est remarquable de constater à quel point peu de choses sur cette liste sont distinctives du christianisme, car pratiquement chaque élément peut avoir sa place dans une communauté juive assez orthodoxe… Chacun d’entre eux, en effet, acquiert une nouvelle signification dans un contexte chrétien ; mais l’impression donnée est que les croyances et les pratiques juives existantes ont été utilisées comme fondement sur lequel construire la vérité chrétienne. » (A. B. Bruce)

iii. « Il est profondément significatif d’observer à quel point il y a peu de choses spécifiquement chrétiennes dans cette déclaration. La repentance, la foi, la résurrection et le jugement étaient certainement juifs, et à ce titre, la référence semble être le fondement juif, et les chrétiens sont exhortés à éviter ces choses élémentaires qu’ils doivent abandonner pour quelque chose de plus élevé et de plus riche. » (Griffith Thomas)

c. De l’enseignement concernant les baptêmes: Même les baptêmes, tels qu’ils sont présentés dans ce passage, ne sont pas nécessairement chrétiens. Le terme grec traduit ici baptêmes (baptismos) n’est pas le terme qui est régulièrement utilisé dans le Nouveau Testament pour décrire le baptême chrétien (baptizo). Baptismos est le terme utilisé dans trois autres cas spécifiques pour désigner les ablutions cérémonielles juives (Hébreux 9:10 ; Marc 7:4 et Marc 7:8).

i. La version française Darby (JND) reflète cela en traduisant l’enseignement concernant les baptêmes comme suit : «doctrine des ablutions.

ii. Bruce cite Nairne : « “Doctrines des ablutions” – les tentatives pour expliquer ce pluriel comme se référant au baptême chrétien sont contre-nature. »

d. Le fondement: Dans ce cas-ci, les principes de base à dépasser sont tous des éléments d’un socle commun entre les croyances du christianisme et du judaïsme. C’est un solide socle commun sur lequel ces chrétiens juifs découragés peuvent se replier.

i. Puisque le christianisme est né du judaïsme, la tentation de retomber dans le judaïsme est une tentation plus subtile pour un chrétien juif que ne l’est pour un chrétien autrefois païen de revenir à ses voies païennes. « Une partie du problème auquel sont confrontés les Hébreux est la similitude superficielle entre les principes de base du christianisme et ceux du judaïsme, ce qui permet aux juifs chrétiens de penser qu’ils peuvent s’accrocher aux deux. » (D. Guthrie)

ii. Bien sûr, ces chrétiens juifs ne veulent pas abandonner la religion, mais ils veulent la rendre moins spécifiquement chrétienne. Par conséquent, ils reviennent à ce socle commun pour éviter la persécution. En vivant selon ce socle commun confortable, on ne se démarque pas trop. Un juif et un chrétien peuvent dire ensemble : « Repentons-nous, ayons la foi, pratiquons les ablutions rituelles », et ainsi de suite. C’est un déni subtil mais certain de Jésus.

iii. C’est tout à fait caractéristique de ceux qui se sentent découragés et souhaitent abandonner. Il y a toujours la tentation de rester religieux, mais non plus fanatique de Jésus.

3. (3) Déclaration d’espérance et de dépendance de Dieu.

C’est ce que nous ferons, si Dieu le permet

a. Si Dieu le permet: Ceci ne doit pas être interprété comme sous-entendant que Dieu ne souhaite pas qu’ils progressent vers la maturité, au-delà des principes de bases communs au christianisme et au judaïsme.

b. Si Dieu le permet: Ceci exprime plutôt le fait que ces croyants dépendent totalement de Dieu. Si l’on s’efforce d’avancer vers la maturité, on réalise que cela n’arrive que par la volonté de Dieu.

B. Le danger de tomber.

Préface : Comprendre l’approche de passages controversés tel que celui-ci.

a. Il est très tentant de façonner un passage difficile selon ce que nous pensons qu’il devrait signifier, en accord avec notre système ou tendance théologique. Pourtant, il nous faut d’abord nous préoccuper de comprendre ce que dit le texte (exégèse), avant de nous préoccuper d’adapter ce qu’il dit à un système théologique.

b. Les systèmes théologiques ont une certaine valeur, car ils montrent comment les idées bibliques sont liées et montrent que la Bible ne se contredit pas. Mais le chemin vers les bons systèmes commence par une bonne compréhension du texte, et non par une compréhension qui tord le texte pour l’adapter à un système.

i. « Nous approchons le passage avec l’intention de le lire avec la simplicité d’un enfant, et de proclamer tout ce que nous y trouvons ; et s’il arrive qu’il semble ne pas correspondre à quelque chose que nous avons soutenu jusqu’à présent, nous sommes prêts à rejeter toute doctrine personnelle plutôt qu’un passage de l’Écriture. » (C. H. Spurgeon)

ii. « Nous ferions mieux d’être en contradiction avec nous-mêmes plutôt qu’avec la Parole inspirée. On m’a qualifié de calviniste arminien ou d’arminien calviniste, et j’en suis tout à fait satisfait tant que je peux rester proche de ma Bible. » (C. H. Spurgeon)

c. Satan connaît la Bible, et ce passage est appelé à juste titre « l’un des passages préférés du diable » parce que (hors contexte) il peut servir à condamner un croyant en difficulté. De nombreux chrétiens passent par l’envie d’abandonner après avoir entendu Satan « prêcher un sermon » sur ce texte.

1. (4-6) Impossibilité de repentance pour ceux qui tombent après avoir reçu la bénédiction de Dieu.

En effet, ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté au don céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté à la bonne parole de Dieu et aux puissances du monde à venir, et qui pourtant sont tombés, il est impossible de les amener une nouvelle fois à changer d’attitude, puisqu’ils crucifient de nouveau pour eux-mêmes le Fils de Dieu et le déshonorent publiquement.

a. Il est impossible: L’adjectif impossible est placé en emphase. L’auteur de l’épître aux Hébreux ne dit pas que c’est simplement difficile, il dit que c’est impossible.

i. Notez ces autres mentions de l’adjectif impossible dans Hébreux :

·Il est impossible que Dieu mente (Hébreux 6:18) ;

·Il est impossible que le sang de taureaux et de boucs enlève les péchés (Hébreux 10:4) ;

·Sans la foi, il est impossible d’être agréable à Dieu (Hébreux 11:6).

ii. « Ce vocable impossible demeure inébranlable. » (H. Alford)

b. Qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté au don céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté à la bonne parole de Dieu et aux puissances du monde à venir: L’auteur de l’épître aux Hébreux parle ici de personnes qui ont fait des expériences spirituelles impressionnantes. Le grand débat est de savoir s’il est question de l’expérience du salut ou de l’expérience de quelque chose de moins que le salut. L’examen de chaque mot descriptif permet de voir le genre d’expérience dont il est question ici.

i. Éclairés: Le terme grec a la même signification que le terme français. Il décrit l’expérience d’une lumière qui brille sur quelqu’un, d’une « nouvelle lumière » qui brille sur l’intelligence et l’esprit.

ii. Goûté: L’idée de goûter peut signifier tester quelque chose. Mais d’autres usages de ce terme indiquent une expérience complète et réelle, comme dans Hébreux 2:9 où Jésus a connu [littéralement : gouté] la mort pour tout être humain. Le don céleste ici réfère probablement au salut (comme dans Romains 6:23 et Éphésiens 2:8).

iii. Qui ont eu part au Saint-Esprit: On ne trouve cette expression qu’une seule fois dans le Nouveau Testament. Le sens de « partager » le Saint-Esprit indique qu’il s’agit de recevoir et d’avoir communion avec le Saint-Esprit.

iv. Ont goûté à la bonne parole de Dieu: Ceci signifie qu’ils ont expérimenté la bonté de la parole de Dieu et ont vu sa bonté à l’œuvre en eux.

v. Aux puissances du monde à venir: C’est une façon de décrire la puissance surnaturelle de Dieu. L’auteur de l’épître aux Hébreux décrit ainsi ceux qui ont expérimenté la puissance surnaturelle de Dieu.

c. Et qui pourtant sont tombés, il est impossible de les amener une nouvelle fois à changer: L’un des débats les plus vifs portant sur certains passages du Nouveau Testament porte sur ce texte. La question débattue est simple : les personnes qui ont vécu ces expériences spirituelles impressionnantes sont-elles vraiment chrétiennes ? Font-elles partie des élus de Dieu, choisis avant la fondation du monde ?

i. Les commentateurs sont divisés sur cette question, la plupart se prononçant généralement avec beaucoup de certitude, mais ne parvenant pas à un accord.

ii. D’un côté, nous voyons clairement qu’il est possible de faire de grandes expériences spirituelles et ne pas être sauvé (Matthieu 7:21-23). On peut même faire beaucoup de choses religieuses et ne pas être sauvé. Les Pharisiens de l’époque du Nouveau Testament sont un bon exemple de ce principe. Ces hommes posaient beaucoup d’actes religieux mais n’étaient pas sauvés ou soumis à Dieu. Ces Pharisiens: 

·Évangélisaient avec beaucoup d’énergie (Matthieu 23:15) ;

·Priaient de manière impressionnante (Matthieu 23:14) ;

·Prenaient des engagements religieux rigoureux (Matthieu 23:16) ;

·Payaient la dîme strictement et scrupuleusement (Matthieu 23:23) ;

·Honoraient les traditions religieuses (Matthieu 23:29-31) ;

·Pratiquaient régulièrement le jeûne (Luc 18:12) ;

·Pourtant, Jésus les qualifie de fils de l’enfer (Matthieu 23:15).

iii. La destinée ultime d’un être humain est connue de Dieu et, peut-on espérer, de la personne elle-même. D’un point de vue humain, cependant, il est peu probable qu’une personne présentant en apparence les traits mentionnés dans Hébreux 6:4-5 ne soit pas considérée comme authentiquement chrétienne. Or dans de nombreuses Églises une telle expérience chrétienne peut suffire pour qualifier un tel homme en vue d’en être un responsable. Cela dit, au-delà de ce que seule connaît la pensée de Dieu et de l’individu en question, une bonne observation humaine devrait permettre de comprendre que c’est le genre de chrétien dont il est question dans Hébreux 6:4-5, et dont Démas est un bon exemple.

·Dans Colossiens 4:14, Paul salue chaleureusement d’autres chrétiens de sa part en le nommant.

·Dans Philémon 24, Démas est nommé parmi les collaborateurs de Paul.

·Plus tard, cependant, Paul est amené à condamner Démas, en l’accusant notamment d’apostasie (2 Timothée 4:10).

iv. À partir de tout ce qui précède, on voit qu’il est possible de manifester une certaine croissance spirituelle, puis de mourir spirituellement, montrant ainsi que le « sol du cœur » n’avait jamais été bon (Marc 4:16-19).

v. Par conséquent, la position éternelle de ceux dont parle Hébreux 6:4-6 est une question à deux réponses. Nous pouvons dire avec certitude que d’un point de vue humain, ils ont toute l’apparence du salut ; mais, du point de vue de la sagesse parfaite de Dieu, il est impossible de le dire de ce côté-ci de l’éternité.

d. Et qui pourtant sont tombés, il est impossible de les amener une nouvelle fois à changer d’attitude: Malgré leurs impressionnantes expériences spirituelles – ou du moins leur apparence –, ces personnes courent un grave danger. Ils sont tombés, et il est impossible qu’ils se repentent.

i. Si les personnes dont il est question ici sont des chrétiens véritables qui ont « perdu leur salut », alors la terrible réalité est qu’ils ne peuvent plus jamais le retrouver. De fait, à l’époque de l’Église primitive, certains groupes (tels que les Montanistes et les Novatianistes) utilisaient ce passage pour enseigner qu’il n’y a aucune possibilité de restauration pour quiconque pèche de manière significative après son baptême.

ii. Toutefois, d’autres expliquent le passage en disant que tout cela n’est qu’une mise en garde hypothétique (à la lumière de ce que dit Hébreux 6:9). Sous cette optique, l’intention de l’auteur de l’épître aux Hébreux n’est nullement d’affirmer que ses lecteurs sont réellement en danger de damnation. C’est pour les motiver qu’il évoque un danger hypothétique. Cela dit, on est en droit de questionner la valeur d’une mise en garde fondée sur quelque chose qui ne peut arriver.

iii. D’autres encore pensent que cette pénalité ne concerne que la récompense, et non le salut lui-même. Ils soulignent que le passage affirme que ce qui est impossible est la possibilité de changer d’attitude, et non le salut. Par conséquent, ce sont des chrétiens peu engagés et peu expérimentés qui risquent de perdre toutes les récompenses célestes, ne gagnant « rien » que le salut.

iv. Ce passage difficile est mieux compris dans le contexte d’Hébreux 6:1-2. L’auteur de l’épître aux Hébreux veut dire que s’ils retournent au judaïsme, toutes les « repentances » religieuses du monde ne leur feront aucun bien. Prendre ses distances par rapport à ce qui fait le caractère distinctif du christianisme, pour retourner aux idées et coutumes plus « sûres »de leur ancienne expérience religieuse, c’est abandonner Jésus et, de fait, le crucifier à nouveau. Ceci était particulièrement vrai pour ces premiers chrétiens d’origine juive, car les coutumes religieuses qu’ils avaient reprises incluent probablement le sacrifice d’animaux pour l’expiation, niant ainsi l’œuvre totale de Jésus pour eux sur la croix.

e. Et qui pourtant sont tombés: Il y a une distinction nécessaire à faire entre « trébucher » et « tomber ». Tomber dans le péché est plus que trébucher contre le péché ; c’est en fait s’éloigner de Jésus lui-même. C’est la différence est entre Pierre et Judas. Si l’on s’éloigne de Jésus, il n’y a plus d’espérance.

i. Le message adressé à ces chrétiens qui ont envie d’abandonner est clair :si vous ne continuez pas avec Jésus, ne pensez pas que vous trouverez le salut en vous contentant simplement de combiner les idées et les expériences communes au christianisme et au judaïsme. Celui qui n’est pas sauvé en Jésus, n’est pas du tout sauvé. Il n’y a pas de salut dans un « socle commun » sûr qui n’est pas spécifiquement chrétien.

ii. Si quelqu’un tombe, on doit comprendre pourquoi il ou elle n’arrive pas se repentir – c’est parce qu’il ou elle ne le veut pas. Ce n’est pas que Dieu interdit sa repentance. Considérant que la repentance est une œuvre de Dieu (Romains 2:4), le désir de se repentir est la preuve que la personne n’est pas vraiment tombée.

iii. L’idée n’est pas que « si l’on tombe, on ne pourra plus jamais revenir à Jésus. » L’idée est plutôt que « si l’on tourne le dos à Jésus, il ne faut pas s’attendre à trouver le salut ailleurs, surtout pas dans la pratique de la religion en dehors de la plénitude de Jésus. »

iv. « Ce passage n’a rien à voir avec ceux qui craignent d’être condamnés. La présence de cette anxiété, comme le cri qui révéla la vraie mère aux jours de Salomon, indique sans l’ombre d’un doute qu’on n’est pas quelqu’un qui est tombé au-delà de la possibilité de renouvellement vers la repentance. » (F. B. Meyer)

2. (7-8) Illustration des graves conséquences du fait de tomber.

Lorsqu’une terre arrosée de pluies fréquentes produit des plantes utiles à ceux pour qui elle est cultivée, elle reçoit de Dieu sa part de bénédiction. Mais si elle produit des ronces et des chardons, elle est jugée sans valeur, bien près d’être maudite, et on finit par y mettre le feu.

a. Lorsqu’une terre arrosée de pluies… produit des plantes utiles… elle reçoit de Dieu sa part de bénédiction: Lorsque la terre reçoit des pluies et produit des plantes utiles, elle accomplit ce pour quoi elle existe et justifie la bénédiction de la pluie envoyée sur elle. L’auteur de l’épître aux Hébreux dit en somme : « Vous avez été bénis. Mais où en sont les fruits ? » Après nous avoir bénis, Dieu cherche ce qui pousse en nous, en particulier ce qui pousse en termes de maturité.

b. Mais si elle produit des ronces et des chardons, elle est jugée sans valeur: Si le sol est béni par la pluie mais refuse de porter des fruits, personne ne va blâmer le fermier s’il y met le feu. Cela montre que la croissance et la production de fruits sont importantes pour éviter de tomber. Lorsqu’on porte vraiment du fruit, on demeure en Jésus (Jean 15:5) et on n’encourt aucun risque d’être brulé et de tomber.

C. Ne vous découragez pas !

1. (9) L’auteur admet qu’il a été un peu plus dur que nécessaire.

Même si nous parlons ainsi, bien-aimés, nous sommes convaincus qu’en ce qui vous concerne vous avez la meilleure part, celle qui est favorable au salut.

a. Nous sommes convaincus qu’en ce qui vous concerne vous avez la meilleure part: Bien qu’étant sévère dans son expression, l’auteur de l’épître aux Hébreux est confiant que ses lecteurs continueront à suivre Jésus. Il qualifie leur persévérance dans la foi comme un élément favorable au salut.

b. Même si nous parlons ainsi: Ces paroles encourageantes après la forte mise en garde d’Hébreux 6:4-8 ne doivent pas être comprises comme signifiant que les mises en garde des versets précédents ne sont pas sérieuses, ou que l’auteur a mis en garde contre des conséquences impossibles. Au contraire, le verset 9 montre à quel point ces chrétiens en difficulté ont besoin d’encouragement. Le danger spirituel qui les guette n’est pas tant dû à une rébellion calculée, mais plutôt à un découragement déprimant. Ils ont besoin de mises en garde, mais aussi d’encouragement.

2. (10-12) Ne vous découragez pas, car Dieu ne vous a pas oublié.

En effet, Dieu n’est pas injuste pour oublier votre œuvre et [le travail de] votre amour. Vous avez démontré votre amour pour son nom par les services que vous avez rendus et que vous rendez encore aux saints, et nous désirons que chacun de vous fasse preuve du même zèle pour conserver jusqu’à la fin une pleine espérance. Ainsi vous ne vous relâcherez pas, mais vous imiterez ceux qui, par la foi et la patience, reçoivent l’héritage promis.

a. Dieu n’est pas injuste pour oublier votre œuvre et [le travail de] votre amour: Lorsque nous sommes découragés, nous pensons parfois que Dieu nous a oubliés, ainsi que tout ce que nous avons fait pour lui et pour son peuple. Mais Dieu renierait sa propre nature s’il oubliait de telles choses (Il serait injuste). Dieu voit et se souvient de tout.

i. Parfois, notre crainte que Dieu ait oublié notre œuvre et [le travail de] notre amour provient du fait que nous comptons sur l’attention et les applaudissements des gens. Il est vrai que certaines personnes peuvent oublier votre œuvre et [le travail de] votre amour, mais Dieu ne le fera jamais.

b. Nous désirons que chacun de vous fasse preuve du même zèle pour conserver jusqu’à la fin une pleine espérance: L’auteur de l’épître aux Hébreux encourage, comme un entraîneur, les croyants à persévérer. Les disciples de Jésus doivent poursuivre leurs œuvres bonnes ;persévérer avec espérance jusqu’à la fin ; et imiter ceux qui reçoivent (et non méritent) l’héritage promis par Dieu. À défaut de ce qui précède, le découragement nous pousse à nous relâcher.

c. Mais vous imiterez ceux qui, par la foi et la patience, reçoivent l’héritage promis: Au lieu de céder au découragement, imitez ceux qui ont trouvé la clé pour obtenir les promesses de Dieu – la foi et la patience, à l’instar d’Abraham.

i. Nous souvenir de la vie d’Abraham, et voir qu’il n’était pas parfait dans la foi ou la patience, est réconfortant pour nous. Si Abraham partageait quelques-unes de nos faiblesses, alors nous pouvons partager ses qualités : foi et patience.

d. Ainsi vous ne vous relâcherez pas: Nous ne devrions pas permettre au découragement de nous amener à nous relâcher au point de vouloir tout abandonner. Nous perdons premièrement le désir de persévérer, ensuite celui de continuer.

i. Avant d’être roi, David a fait preuve d’une grande résistance au découragement : David reprit courage en s’appuyant sur l’Éternel, son Dieu (1 Samuel 30:6). C’est une bénédiction lorsque les autres nous encouragent, mais nous n’avons pas à l’attendre. Nous pouvons nous-mêmes nous encourager dans le Seigneur.

3. (13-18) Ne vous découragez pas, car les promesses de Dieu sont fiables.

Lorsque Dieu a fait la promesse à Abraham, comme il ne pouvait pas prêter serment par plus grand que lui, il a juré par lui-même en disant : Certainement, je te comblerai de bénédictions et je multiplierai ta descendance. C’est ainsi qu’après une attente patiente Abraham a obtenu ce qui lui avait été promis. Or, les hommes jurent par plus grand qu’eux et le serment est une garantie qui met fin à toute contestation. C’est pourquoi Dieu, voulant montrer plus clairement encore aux héritiers de la promesse le caractère irrévocable de sa décision, est intervenu par un serment. Ainsi, par deux actes irrévocables dans lesquels il est impossible que Dieu mente, nous sommes puissamment encouragés, nous dont le seul refuge a été de saisir l’espérance qui nous était proposée.

a. Après une attente patiente: Une période d’attente patiente est une période d’attaques spirituelles. Il peut sembler que nous n’obtiendrons jamais dans notre vie ce que Dieu a promis. Il est facile de se demander alors : « Dieu viendra-t-il vraiment à bout de ma situation ? »

b. Après une attente patiente Abraham a obtenu ce qui lui avait été promis: Dieu a soutenu Abraham, en scellant même sa promesse par un serment. Comme il ne pouvait pas prêter serment par plus grand que lui, il a juré par lui-même. Ce serment montre que les promesses de Dieu (comme son caractère) sont immuables. La confiance d’Abraham en ce serment est la porte d’entrée vers l’accomplissement de la promesse.

i. « Ce passage enseigne… qu’il y a un usage légitime du serment entre Chrétiens : ce que nous devons bien noter contre ces esprits fanatiques qui aboliraient volontiers la règle d’une sainte façon de jurer que Dieu a donnée dans sa Loi. » (J. Calvin)

c. Ainsi, par deux actes irrévocables dans lesquels il est impossible que Dieu mente, nous sommes puissamment encouragés: Les deux actes irrévocables (immuables) sont la promesse de Dieu et le serment de Dieu. Il est impossible que Dieu mente dans l’un comme dans l’autre de ces derniers.

i. La fiabilité absolue de la promesse de Dieu devrait nous impressionner. « Maintenant, frères, qui d’entre nous ose douter de cela ? Où est le pécheur hardi qui ose s’avancer et dire : “Je conteste le serment de Dieu” ? Oh ! Mais rougissons de l’écarlate le plus profond, et l’écarlate n’est que blancheur comparée à la rougeur qui devrait couvrir les joues de chaque enfant de Dieu, à l’idée que même les propres enfants de Dieu puissent, en fait, accuser leur Père céleste de parjure. Oh, honte à nous ! »(C. H. Spurgeon)

d. Puissamment encouragés: Dieu ne se contente pas de nous donner un simple encouragement. Il préfère nous donner un encouragement puissant. Charles Spurgeon a décrit certaines caractéristiques de cet encouragement puissant :

·Un encouragement puissant ne dépend pas de la santé physique ;

·Un encouragement puissant ne dépend pas de l’excitation des cultes publics et de la communion chrétienne ;

·Un encouragement puissant ne peut être ébranlé par le raisonnement humain ;

·Un encouragement puissant est plus fort que notre conscience coupable.

i. « C’est un encouragement puissant qui peut faire face aux épreuves extérieures de la vie, lorsqu’un homme voit la pauvreté qui le regarde droit dans les yeux et entend ses jeunes enfants pleurer en demandant du pain ; lorsque la faillite est susceptible de le frapper à cause de pertes inévitables ; lorsque le pauvre homme vient de perdre sa femme et que ses chers enfants sont mis dans la même tombe ; lorsque l’un après l’autre tous les supports et réconforts terrestres font défaut, il faut alors un encouragement puissant ; non dans les épreuves redoutées, mais dans les épreuves réelles ; non dans les afflictions imaginaires et fantasques, mais dans les afflictions réelles et les tempêtes fulgurantes de la vie. Se réjouir alors et dire : “Bien que les choses ne se passent pas comme je le voudrais, il a néanmoins conclu avec moi une alliance éternelle, établie en toutes choses et certaine”,Voilà ce qu’est un encouragement puissant. » (C. H. Spurgeon)

e. Nous dont le seul refuge a été de saisir l’espérance qui nous était proposée: Voilà une autre raison d’être encouragé : savoir que Dieu nous propose un refuge d’espérance. Nous pouvons penser à ce refuge d’espérance comme aux villes de refuge ordonnées par la loi de Moïse, telles que décrites dans Nombres 35.

·Aussi bien Jésus que les villes de refuge sont facilement accessibles à la personne qui est dans le besoin. Le lieu de refuge n’est d’aucune utilité s’il n’est pas accessible.

·Aussi bien Jésus que les villes de refuge sont ouverts à tous, pas seulement aux Israélites. Nul ne peut être renvoyé lorsqu’il se présente au lieu de refuge en temps de besoin.

·Aussi bien Jésus que les villes de refuge sont des lieux de vie. En temps de danger, nul ne se rendait à une ville de refuge juste pour y faire du tourisme.

·Aussi bien Jésus que les villes de refuge sont la seule alternative pour celui qui est en danger. Sans ce refuge, la mort est certaine.

·Aussi bien Jésus que les villes de refuge n’offrent de protection qu’à l’intérieur de leurs enceintes. Sortir du lieu de refuge c’est signer son arrêt de mort.

·Aussi bien Jésus que les villes de refuge offrent la libération totale à la mort du grand-prêtre.

·Cependant, il existe une distinction cruciale entre Jésus et les villes de refuge Les villes de refuge ne protègent que les innocents ; en venant à Jésus ce sont les coupables qui peuvent trouver refuge.

4. (19-20) Ne soyez pas découragés, car Jésus nous conduit dans la gloire de Dieu.

Cette espérance, nous la possédons comme une ancre solide et sûre de l’âme ; elle pénètre derrière le voile, là où Jésus, établi grand-prêtre pour toujours à la manière de Melchisédek, est entré pour nous en précurseur.

a. Cette espérance, nous la possédons comme une ancre: L’ancre est une figure courante de l’espérance dans l’antiquité. Ici, nous sommes ancrés à quelque chose de solide mais invisible (l’espérance pénètre derrière le voile).

i. L’ancre n’est pas nécessaire quand la mer est calme. Plus le temps est agité, plus l’ancre est importante.

·Nous avons besoin de l’ancre pour maîtriser le navire et l’empêcher de faire naufrage.

·Nous avons besoin de l’ancre pour stabiliser le navire et le rendre plus confortable pour ceux qui sont à bord.

·Nous avons besoin de l’ancre pour permettre au navire de maintenir la progression qu’il a réalisée.

ii. Le navire doit être fermement attaché à l’ancre, tout comme nous devons l’être à l’espoir. L’ancre elle-même peut avoir une prise solide et être fixée au fond de l’océan, mais si elle n’est pas solidement attachée au navire, elle n’est d’aucune utilité. D’autre part, il y a aussi un sens dans lequel c’est l’ancre qui tient le navire, tout comme nous sommes tenus par l’espoir.

iii. L’analogie de l’ancre ne s’applique cependant pas parfaitement. Nous sommes ancrés vers le ciel, et non vers le sol ;et nous sommes ancrés pour avancer, et non pour rester immobiles.

iv. « Notre ancre est comme toutes les autres : quand elle est utile, elle est hors de vue. Si un homme voit l’ancre, c’est qu’elle ne fait rien, à moins qu’il ne s’agisse d’une petite ancre dans un ruisseau ou d’un grappin en eau peu profonde. Lorsque l’ancre est utile, elle disparaît : elle tombe par-dessus bord avec fracas ; là en bas, au milieu des poissons, se trouve la cale de fer, complètement hors de vue. Où est ton espérance, frère ? Crois-tu parce que tu peux voir ? Ce n’est pas du tout croire. » (Charles Spurgeon)

b. Elle pénètre derrière le voile, là où Jésus… est entré pour nous en précurseur: Cette espérance inébranlable, telle une ancre, nous conduit jusque dans la présence même de Dieu. L’espérance est exactement le remède dont les chrétiens découragés ont besoin.

c. Jésus… en précurseur: Nous sommes assurés de cet accès dans la présence de Dieu parce que Jésus y est entré en précurseur. Le grand-prêtre de l’Ancien Testament n’entrait pas derrière le voile en précurseur, mais seulement en représentant. Jésus est entré dans la présence immédiate de Dieu le Père afin que son peuple puisse l’y suivre.

i. Un précurseur (du terme grec prodromos) est un militaire qui fait de la reconnaissance. Un précurseur devance les autres, sachant que les autres le suivront.

ii. « On nous dit ensuite qu’en tant que précurseur, notre Seigneur est entré pour nous – c’est-à-dire est entré pour prendre possession en notre nom. Lorsque Jésus-Christ est allé au ciel, il a regardé autour de lui tous les trônes, tous les palmiers, toutes les harpes et toutes les couronnes, et a dit : “Je prends possession de tout cela au nom de mes rachetés. Je suis leur représentant et je revendique les lieux célestes en leur nom.” »(C. H. Spurgeon)

iii. Et si Jésus est le précurseur, nous sommes alors les suiveurs. Il n’y a pas de précurseur s’il n’y a pas de suiveurs. Nous devons suivre Jésus de près et presser le pas après lui. Il nous a précédés et il est notre modèle.

d. Derrière le voile… établi grand-prêtre pour toujours à la manière de Melchisédek: L’analogie du temple (derrière le voile) rappelle à l’auteur de l’épître aux Hébreux sa précédente introduction au sujet de Jésus comme notre grand-prêtre pour toujours à la manière de Melchisédek (dans Hébreux 5:6-10). Cette pensée se poursuit dans le chapitre suivant.

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